La véritable raison de la pénurie de combattants : comment cinq chefs d’état-major ont provoqué l’effondrement
Ynet – Alex Nachoumson
La pénurie de combattants au sein de Tsahal n’est pas liée au recrutement de soldats orthodoxes, mais principalement à la réduction des effectifs suite à des décisions irresponsables.
La pénurie de combattants au sein de Tsahal a éclaté au grand jour lors du massacre du 7 octobre et de la guerre qui a suivi. La raison de cette pénurie n’est pas liée au recrutement de soldats orthodoxes ni à l’octroi d’exemptions aux populations minoritaires, mais à un facteur essentiel : la réduction des effectifs et des moyens de combat suite à des décisions irresponsables qui ont affaibli Tsahal. Ce phénomène destructeur a été rendu possible sous cinq chefs d’état-major, cinq ministres de la Défense et six Premiers ministres différents. La responsabilité de cet effondrement incombe à tous.
De nombreux chiffres dressent un tableau préoccupant de la situation de Tsahal au cours du XXIe siècle, et je me concentrerai sur ceux publiés par le général de division (réserviste). Yitzhak Brik : entre 2003 et 2022, Tsahal a dissous un corps d’armée comprenant cinq divisions de combat. La plupart des combattants de ces unités, ainsi que le personnel de soutien logistique et de combat, ont été exemptés de la réserve. Ce vivier existe, c’est un fait, mais étonnamment, il a été très peu utilisé jusqu’à la guerre des « Épées de fer ». Cette force peut être remise en état de fonctionnement après une période de remise à niveau relativement courte.
Concernant les ‘Harédim, une majorité refuse de s’enrôler pour des raisons religieuses. Ce problème n’a pas émergé sous le gouvernement actuel. Ben Gourion a jeté cette pierre à la mer avec la création de l’État, et depuis, mille sages n’ont pas réussi à la retrouver.
Chaque Premier ministre a élargi le champ des exemptions et aujourd’hui, une bataille perdue d’avance est menée autour du recrutement des ‘Harédim : parlementaires, parlementaires, cris d’indignation dans l’opposition, la Haute Cour à droite, la Haute Cour à gauche, les politiciens en profitent politiquement, présidents et autres responsables sont aux abonnés absents. Pendant ce temps, les réservistes recrutés ne rentrent pas chez eux, des familles se déchirent, des entreprises ferment – mais tous les regards sont tournés vers la guerre contre les ‘Harédim.
Le chef d’état-major, Eyal Zamir, a adressé une lettre au Premier ministre et à son ministre délégué, les alertant d’une crise imminente due à la dégradation des conditions de service du personnel permanent. Il a raison, mais l’amélioration de ces conditions ne suffira pas à rendre aux forces armées israéliennes les moyens de faire face aux menaces posées par l’appareil sécuritaire. Certes, la mise en place de structures est en cours, mais ces structures nécessitent un personnel suffisant, et c’est là que réside le problème : le recrutement accru de ‘Harédim est perçu comme une solution miracle à un problème qui exige une intervention chirurgicale.
Il n’est pas encore trop tard pour prendre une mesure globale : supprimer les exemptions de service de réserve pour ceux qui sont encore aptes au service, améliorer les conditions de service du personnel permanent et, simultanément, activer la loi existante, la loi de 1949 sur les services de sécurité, au lieu de concentrer les efforts sur la question marginale des ‘Harédim.



























