L’assimilation est généralisée partout dans le monde, sauf en Israël. C’est uniquement grâce aux étudiants de la Tora.

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HaArets – Yehouda Eizikowitz

Directeur du « CIC – Centre d’information ‘Harédi »

En Israël, le recrutement d’étudiants de la Tora fait l’objet d’un débat houleux. La manière dont ce sujet est abordé ne permet pas de prendre une décision rationnelle. Si nous voulons parvenir à un consensus, il est nécessaire de changer de perspective et d’envisager les choses sous un autre angle.

Les mots qui suivent risquent de susciter la colère et l’indignation, mais il est malheureusement indispensable de les écrire sans détour, sans les édulcorer. Malgré la difficulté, prenez quelques instants pour y réfléchir ; vous constaterez peut-être qu’ils sont cohérents avec la logique.

L’État d’Israël ne peut se targuer que d’une seule et unique particularité : être un État juif. La dure réalité est que le prix à payer pour ce statut est inestimable. Environ 30 000 Juifs ont été massacrés, tombés au combat ou assassinés lors d’attentats terroristes, uniquement pour que cet État puisse se constituer en État autonome.

Il faut admettre une vérité déplaisante : nous vivons dans l’un des endroits les plus antisémites au monde. Ici, au cœur du Moyen-Orient, les Juifs sont persécutés et agressés presque quotidiennement du seul fait de leur judaïsme, comme nulle part ailleurs. Et d’où cette question lancinante, qui fait trembler les consciences : qu’est-ce que cet État juif pour lequel il « vaut » un tel tribut en sang ? C’est une question simple, mais avez-vous une réponse ?

Pour comprendre la signification de l’État d’Israël, il faut regarder ce qui se passe à l’extérieur de ses frontières. Partout dans le monde où vivent des Juifs qui n’observent pas la Tora et les mitsvoth, un processus inévitable se produit : l’assimilation. Les données du plus grand expert en démographie, le professeur Sergio Della-Pergola, sont glaçantes : en 1900, on comptait 12 millions de Juifs dans le monde. En 1940, ce nombre avait atteint 18 millions. L’Holocauste a décimé un tiers de notre population, la ramenant à 12 millions. Selon le taux de croissance naturel, 80 ans plus tard, nous aurions dû être au moins 24 millions aujourd’hui. En réalité ? Il reste à peine 15 millions de Juifs dans le monde. Où sont passés les neuf millions de Juifs disparus ? Ils n’ont pas été assassinés, ils se sont simplement fondus dans la masse. Ils se sont assimilés.

L’assimilation est omniprésente aux quatre coins du monde, sauf dans un endroit : l’État d’Israël. Pourquoi ? Non pas à cause des centres commerciaux ou des hautes technologies. Cela s’explique par la présence d’un groupe qui vit ici – vilipendé, persécuté, ridiculisé à chaque occasion dans les médias et le débat public – mais qui entretient la flamme avec un zèle sans égal : les érudits de la Tora.

Ce sont eux, et eux seuls, qui font que ce pays reste juif et ne devient pas un État de plus où tous ses citoyens seraient relégués au second plan, voué à disparaître de l’histoire en l’espace de deux générations.

L’équation est simple et implacable : les soldats protègent les Juifs – les érudits de la Tora protègent le judaïsme. Sans les érudits de la Tora, ce pays perdra son identité juive. Et si ce n’est pas juif, il n’y a aucune justification morale ou historique à tous les sacrifices que nous avons consentis. Sans les ‘Harédim, chaque goutte de sang versée ici aurait été vaine.

NDLR : HaAretz ?

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