Un panel de sept juges, présidé par le juge Isaac Amit, a statué que l’État doit agir pour faire avancer les permis de construire de l’esplanade destinée, entre autres, au mouvement réformé. Les ministres Levin et Smotrich ainsi que le député Deri ont fermement attaqué la décision, promettant une loi pour empêcher tout changement, tandis que le mouvement réformé a salué : « Il est temps de passer aux actes ».
Ma’ariv – Shilo Fried, Netael Bandel, Tova Tzimuki, Yaron Druckman
La coalition est furieuse suite à la décision du Bagatz hier (jeudi), selon laquelle l’État doit cesser de tergiverser et agir pour relier « Ezrat Israël » — l’esplanade sud du Mur des Lamentations — aux pierres du Mur. Cette zone est censée servir à tous ceux qui souhaitent prier d’une manière non orthodoxe, notamment les « Femmes du Mur » (Nachoth HaKotel). Il s’agit d’une directive initialement donnée par le Premier ministre Benyamin Netanyahou en juin 2017 concernant les « arrangements de prière au Kotel ».
Le cœur du conflit : l’accès physique aux pierres
Les pétitionnaires exigeaient la mise en œuvre complète du « Plan du Kotel », principalement la construction d’un accès direct depuis Ezrat Israël jusqu’aux pierres du Mur, car des antiquités au sol séparent actuellement l’esplanade du Mur lui-même. De plus, l’accès actuel se fait uniquement par des escaliers, rendant le site inaccessible aux personnes handicapées.
Le panel de sept juges a ordonné à l’État d’obtenir rapidement les permis de construire auprès de l’Autorité des Antiquités. L’État et la municipalité de Jérusalem ont trois mois pour rendre compte des progrès réalisés.
Réactions au sein de la coalition : une riposte législative
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Yariv Levin (Ministre de la Justice) : « Ce groupe extrémiste qui siège au Bagatz a franchi aujourd’hui la dernière des lignes rouges en levant la main sur le Saint des Saints du peuple juif. C’est une décision illégitime. Je soutiens une législation immédiate stipulant que la gestion du Kotel se fera exclusivement par le Grand Rabbinat. »
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Bezalel Smotrich (Ministre des Finances) : « Le Bagatz a encore outrepassé son autorité. Son verdict sera jeté dans les poubelles de l’Histoire. Nous légiférerons rapidement pour garantir l’intégrité et la sainteté du Kotel selon la loi juive (Halakha). »
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Aryeh Deri (Président du Shas) : « Le peuple d’Israël tout entier veut prier au Kotel comme cela se fait depuis des générations. Le Bagatz n’a aucune autorité pour changer le caractère de la prière ! Le Shas déposera d’urgence la « Loi du Kotel » pour protéger le lieu. »
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Meir Porush (Agoudat Israël) : « Le système judiciaire cherche tous les moyens de détruire l’identité juive d’Israël. Il est temps de stopper les pyromanes en robes noires. »
La position du Grand Rabbinat
Les Grands Rabbins d’Israël, le rav David Yosef et le rav Kalman Ber, ont déclaré : « Il ne s’agit pas d’une question technique, mais d’une question fondamentale touchant à la sainteté du Kotel. Une telle intervention risque de diviser le peuple d’Israël précisément dans le lieu qui symbolise le mieux son unité. »
La satisfaction des mouvements libéraux
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Le Mouvement Réformé : « Cela fait neuf ans que l’État et la municipalité traînent les pieds au lieu de promouvoir une alternative égalitaire et accessible. Le message de la Cour suprême est clair : après des années de reports, il est temps d’agir. »
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Doron Rubin (Mouvement Massorti) : « Par sa décision, la Cour a posé une pierre de plus pour rendre le Kotel accessible à tous et à toutes. Nous espérons que la fin de la procrastination est proche. »
Note contextuelle : Cette décision intervient dans un climat de tension extrême entre le pouvoir judiciaire et le gouvernement actuel (février 2026), rappelant les débats profonds sur la séparation des pouvoirs et l’identité religieuse de l’État d’Israël.


























