Le ministre des Affaires étrangères Sa’ar sur l’audience à la Haute Cour : « La Procureure générale pousse à une crise constitutionnelle »

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Le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar a publié une déclaration virulente lors de l’audience à la Haute Cour de justice concernant Ben Gvir, attaquant la position de la Procureure générale et appelant la Cour à éviter de porter atteinte à la démocratie — et à elle-même.

JDN – Photo : Flash 90

Lors de l’audience de la Cour suprême sur les pétitions demandant la destitution du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar a publié aujourd’hui une déclaration cinglante, appelant les juges à éviter ce qu’il a qualifié de « pont de trop ».

« Le débat qui se déroule actuellement à la Haute Cour est un tournant décisif », a écrit Sa’ar. « J’appelle la Cour à éviter de porter atteinte à la démocratie, ce qui impliquerait également une atteinte à la Cour elle-même. » Sa’ar a rappelé que pendant 25 ans, y compris durant son mandat de ministre de la Justice, il a averti à plusieurs reprises des dangers de l’activisme judiciaire, citant le regretté président de la Cour suprême Moché Landau : « Personne n’a, ni n’aura, la possibilité de protéger le pouvoir judiciaire d’un seul danger : de lui-même. »

« Le motif du ‘ça ne lui revient pas' »

Sa’ar a vivement attaqué la position de la Procureure générale Gali Baharav-Miara, affirmant qu’elle présente délibérément une position extrême à la Cour afin de placer le Premier ministre entre le marteau et l’enclume et de provoquer une crise constitutionnelle. « Elle a troqué sa robe de juriste pour le costume d’acteur politique », a-t-il écrit, « et agit de fait comme la chef de l’opposition. »

Sa’ar a affublé la position de la Procureure d’un surnom critique : « Le motif LBTB » (Lo Ba La Tov Ba’einayim — « Ça ne lui revient pas »). Il a souligné qu’il s’agit d’une demande visant à évincer un ministre contre lequel aucun acte d’accusation n’a été déposé et aucune enquête n’a été ouverte, le tout à l’approche de la fin de son mandat, dont il ne reste que quelques mois.

Atteinte à la démocratie et au choix des électeurs

Dans sa déclaration, Sa’ar a élargi sa critique au-delà du cas personnel de Ben Gvir, arguant que la nomination et le limogeage des ministres sont des « questions éminemment politiques » relevant de l’autorité du Premier ministre. Selon lui, licencier par injonction judiciaire un ministre élu par un large public d’électeurs constitue une « atteinte directe à l’idée démocratique ». Il a ajouté que dans un régime parlementaire, les conséquences sont particulièrement graves, car le parti dirigé par Ben Gvir est un partenaire de la coalition qui garantit la majorité gouvernementale à la Knesset.

Sa’ar a précisé que sa position ne découle pas d’une identification personnelle avec Ben Gvir — « Je suis en désaccord avec lui sur de nombreux sujets » — mais d’une question de principe : « J’aurais adopté la même position s’il s’était agi de n’importe quel autre ministre ou chef de parti. »

Un avertissement pour l’avenir

En conclusion, Sa’ar a prévenu que si la Cour choisissait la voie suggérée par la Procureure générale et acceptait la pétition, il ne resterait « plus le moindre argument contre la création d’une Cour constitutionnelle ». Il a ainsi laissé entendre que lui-même, qui s’était opposé par le passé à la création d’une telle institution, pourrait changer d’avis.


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