« Or, la terre n’était que solitude et chaos ; des ténèbres couvraient la face de l’abîme, et le souffle de D’ planait à la surface des eaux » (Beréchiht 1,2).
Le rav Chemaya Dikhovsky zatsal, auteur de l’ouvrage Benaot Déché, relate qu’avant de monter en terre sainte en 1932, il se rendit d’abord à Radin pour obtenir une bénédiction du ‘Hafets ‘Haïm zatsal.
Au fil de sa conversation avec le ‘Hafets ‘Haïm, il mentionna l’instabilité qui régnait alors en Erets Israël dans ses relations avec les pays voisins musulmans. D’une part, les résidents d’Erets Israël les redoutaient, dans le sillage du terrible massacre de ‘Hevron (1929), où les musulmans avaient massacré sauvagement les élèves de Yechiva. D’autre part, certains nourrissaient l’espoir que les pays avancés pourraient les influencer à modifier leur conduite et à se comporter avec humanité.
Le ‘Hafets ‘Haïm lui répondit : « La sainte Tora dit à propos de Yichmaël : « Celui-ci sera un homme sauvage » (Beréchith 16,12). Nous savons que notre Tora est éternelle, et s’il est dit à propos de Yichmaël qu’il est sauvage, cela signifie qu’il le restera éternellement. Même si tous les peuples civilisés de la planète se réunissaient dans le but d’éduquer Yichmaël et en faire un homme de culture, ils ne réussiront pas. Même si Yichmaël fait des études et devient, par exemple avocat, il deviendra alors un « avocat sauvage. » S’il fait des études pour devenir professeur, il sera un « professeur sauvage. » Sa caractéristique de sauvage ne le quittera jamais !»
Le ‘Hafets ‘Haïm soupira ensuite et ajouta : « Oï ! Qui sait ce que ce sauvage pourra encore infliger au peuple juif à la fin des temps ! »
Cette parole prophétique du ‘Hafets ‘Haïm, qui s’accomplit aujourd’hui sous nos yeux, a déjà été mentionnée dans des sources antérieures, ainsi que dans les propos de nos Sages, notamment dans le Pirké Dérabbi Eliézer, où il est indiqué que vers la fin de la période de l’exil d’Edom, Yichmaël régnera dans le monde avec cruauté, et ce sera la Galout Yichmaël.
Lorsqu’on souffre de telles personnes, auxquelles on ne peut pas échapper par des voies naturelles, on doit se rappeler les propos de nos Sages à la fin du traité Sota sur la période des Ikvéta Deméchi’ha (période précédant la venue du Machia’h) : « Sur qui pouvons-nous nous reposer ? Sur notre Père au Ciel.» Notre rôle essentiel et singulier à cette époque consiste à nous appuyer uniquement sur notre Père au Ciel et nullement sur la force de notre poignet.
En conséquence, dès que surgit une peur née des malheurs de l’exil, il convient d’avoir confiance en Hachem et de ne pas sombrer dans la tristesse, la peur ou l’effroi. Il nous incombe de faire Techouva et de corriger nos actes, d’intensifier notre étude de la Tora, car la force spirituelle de l’étude de la Tora est le facteur essentiel pour faire chuter les ennemis qui cherchent à nous détruire.
Nous découvrons ce principe fondamental dans les Tehilim (122,2) du roi David : « Nos pieds s’arrêtent dans tes portiques, ô Jérusalem» et dans la Guemara (Makot 10a). Nos Sages interprètent ce verset : par quel mérite le roi David et les Bené Israël se sont-ils tenus debout sans tomber devant leurs ennemis pendant la guerre ? Par le mérite des portiques de Jérusalem, où l’on étudiait la Tora.
Le ‘Hafets ‘Haïm zatsal rapporte à ce sujet une magnifique parabole :
Autrefois, pour éteindre des incendies, un homme se tenait au loin, près d’un puits, et puisait de l’eau dans des seaux. Il transmettait ces seaux à d’autres hommes, qui les transmettaient à leur tour aux hommes suivants qui se trouvaient à côté de l’incendie. Les derniers de la chaîne versaient l’eau des seaux sur l’incendie et l’éteignaient.
Un jour, lorsqu’un incendie se déclara et que des hommes tentaient de l’éteindre par la méthode susmentionnée, un sot s’approcha de l’homme qui puisait l’eau et l’interrogea : « Pourquoi te tiens-tu éloigné du lieu de l’incendie et ne t’approches-tu pas du lieu du sinistre, pour aider les autres à éteindre le feu ?»
Il va de soi que si le puiseur d’eau était également sot, en entendant ces propos vains, il aurait quitté sa place pour se rendre sur le lieu du sinistre et ils auraient échoué à éteindre ce feu.
Voici la leçon : celui qui se consacre à l’étude de la Tora est comme un puiseur d’eau. Grâce à la Tora qu’il étudie, les ennemis tombent au combat. Et si, en pleine guerre, un homme s’approche d’un Ben Tora qui étudie la Tora et lui demande : « Comment peux-tu, en une telle période de guerre, te trouver à la Yechiva pour étudier la Tora ? Pourquoi ne pars-tu pas sur le champ de bataille pour aider les soldats qui combattent… ?» Si le ben Tora est sot et l’écoute, il diminue la force des soldats juifs qui affrontent leurs ennemis.
Lorsque des Juifs se réunissent au Beth Hamidrach pour étudier la Tora, une très grande Chekhina descend, dans l’esprit du service des Korbanot dans le sanctuaire et le Beth Hamikdach. Comme nos Sages l’affirment (Meguila 29a) sur le verset (Yé’hezkel 11,16) : « Je leur ai été un sanctuaire » : il s’agit des synagogues et des Bathé Midrachoth situés à Bavel. » Cela contribue à abolir les forces de la Touma (impureté).
Il est également fait allusion à cette idée dans le verset de la paracha Beha’alotekha (Bamidbar 10,35) : « Or, lorsque l’arche partait, Moché disait : « Lève-toi, Éternel ! Afin que tes ennemis soient dissipés et que tes adversaires fuient de devant ta face ! » : à chaque endroit où l’on apprend que la Tora était déposée dans l’arche, la sainte Chekhina faisait fuir tous les ennemis des Juifs et les empêchait de leur porter préjudice.
Nous pouvons en déceler une allusion dans le verset : « Or, la terre n’était que solitude et chaos ; des ténèbres couvraient la face de l’abîme » : lorsque les ténèbres régneront du fait des ennemis des Juifs lors du dernier exil, comme l’indique le Midrach Rabba sur ce verset, vous saurez alors que « le souffle de D’ planait à la surface des eaux» : la Chekhina sera présente aux lieux où on étudie la Tora, qui est comparée à l’eau, comme il est écrit (Yechayahou 55,1) : « Ah, vous qui avez tous soif, venez ! Voici de l’eau ! » Et cela contribuera à la protection du peuple. Il est donc grandement recommandé, en cette période, de se renforcer dans l’étude de la Tora.
Chabbat Chalom !
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