Le rabbi de Kalov, par. Vaéra : tout n’est pas permis pour gagner sa vie !

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« Faites-leur ce que bon vous semblera » (Beréchith 19,8).

Nous constatons que, depuis l’ère où l’indécence s’est imposée dans le monde il y a environ cinquante ans, tout ce qui était jusque-là la norme a disparu, comme l’éducation séparée des garçons et des filles. Depuis, le niveau scolaire a beaucoup baissé.

Depuis la prolifération des appareils technologiques, qui portent préjudice aux barrières de la sainteté ces dernières années, les jeunes gens qui fréquentent les écoles publiques connaissent un grave déclin sur le plan intellectuel et de la réflexion. En effet, entraînés par le mauvais penchant qui les pousse à plonger dans les désirs, au niveau de la pensée, de la parole et des actes, on constate en conséquence un abêtissement de leur esprit, une confusion, et de grandes difficultés de concentration. C’est ce qui explique la baisse des moyennes aux examens.

Dans ces circonstances, certains font l’erreur de penser que, comme à notre époque, la culture de la rue impose une mixité entre hommes et femmes, dans un esprit de légèreté, on est contraint de se montrer indulgent et garçons et filles peuvent étudier côte à côte dans les établissements universitaires. De même, certains se méprennent en estimant qu’on peut permettre l’interdit de Yi’houd (où un homme et une femme s’isolent), l’interdit de Neguia ou encore l’usage de téléphones sans filtre, sous prétexte que les affaires s’effectuent de cette façon de nos jours et que c’est la seule façon de gagner sa vie de manière respectable.

Lorsqu’on entend de tels arguments, chacun doit se fortifier en émouna : toute notre vie dépend du Créateur, loué soit-Il, qui nous a créés afin de pratiquer Ses commandements. Il nous nourrit et pourvoit à tous nos besoins. Il nous appartient uniquement de faire notre Hichtadlouth, notre part d’efforts, pour gagner notre vie de manière autorisée selon la Torah. Il est, bien entendu, interdit de transgresser des interdits pour cette Hichtadlouth.

Retenons toujours que, même si quelqu’un déploie d’intenses efforts par divers moyens, il ne pourra pas gagner un centime de plus que ce qui a été fixé à Roch Hachana de manière permise. De plus, en commettant une faute dans le domaine de la sainteté, il risque que, du Ciel, on lui réduise le montant qu’il doit toucher.

On raconte au sujet de rabbi Eliyahou Lopian zatsal qu’un jour, un jeune homme l’aborda pour lui demander la permission d’étudier un métier à l’université, sous prétexte que c’était nécessaire pour pouvoir pourvoir aux besoins de son épouse et de ses enfants après le mariage.

Le rav lui demanda : « Et qui te garantit que tu vas te fiancer bientôt ? Tu vas peut-être rester célibataire et tu pourras étudier sans souci ?» Le jeune homme rétorqua : « Je suis persuadé que Hachem me fera bientôt rencontrer ma future épouse. »

Cependant, le rav poursuivit : « Qui te dit que la famille s’agrandira et que tu auras des enfants ?» Le jeune homme, agité, répliqua : « Avec l’aide de Hachem, j’aurai des enfants. »

Le rav continua : « Qui te dit que le métier que tu apprendras sera demandé ? Il existe sur le marché du travail de nombreux chômeurs qui ont étudié ce métier sans trouver d’emploi. » Le jeune homme, étonné, répondit : « Pourquoi penser de cette façon ? Hachem m’aidera ! »

Le rav sourit et déclara : « Que tes oreilles écoutent ce que ta bouche dit. À tout sujet, tu dis : « Hachem me viendra en aide. » Hachem m’aidera pour que je me marie, que j’aie des enfants et que je trouve du travail. Dans ce cas, pourquoi, pour l’étude d’un métier, tu as le sentiment que tu es obligé d’obtenir une permission spéciale ? Va étudier à la Yechiva et Il t’aidera aussi à ce sujet ! »

Chaque Juif doit retenir toujours que transgresser les limites de la sainteté brise la vie de l’homme sur le plan spirituel et matériel. Par exemple, lorsqu’une épreuve se présente, d’envoyer ses enfants dans une école mixte, sous prétexte que, par la suite, ils réussiront mieux à gagner leur vie. De même, lorsqu’on se trouve sur un lieu de travail où les épreuves dans ce domaine sont présentes, il faudra fuir, comme on fuit tout danger.

On raconte au sujet de l’un des grands rabbanim d’Erets Israël à qui on sollicita un jour l’avis sur le phénomène de jeunes filles qui vont étudier et travailler dans des endroits où se trouvent des laïcs. Il répondit : « Pourquoi ne vont-elles pas étudier et travailler chez les Arabes ? Car elles redoutent un danger physique ! Dans ce cas, quelle est la différence ? Elles doivent savoir qu’il leur est interdit de se retrouver dans un endroit où il y a un risque de violation des limites du sacré ! »

La conduite de sainteté est désignée dans les ouvrages sacrés sous le terme de « Yessod », car c’est le caractère fondamental de tout homme, et si on porte atteinte à ce Yessod, on ébranle tout l’édifice.

On a constaté ce phénomène à Sodome, où les habitants ont transgressé les limites du sacré, ont sombré et se sont lancés dans la poursuite d’actes abominables, les « actes de Sodome », et autres actes impurs. C’est pourquoi il est dit au sujet des résidents de Sodome qu’ils étaient « extrêmement » mauvais et pêcheurs aux yeux de Hachem, car cette faute est extrêmement grave et souille le corps entier de l’homme. Le feu pour cette faute entraîne un refroidissement pour toutes les Mitsvoth et une dégradation de tous les bons traits de caractère.

Bien que Sodome fût un lieu d’impureté de cette sorte, Lot choisit de s’y installer, constatant que c’était un bon endroit pour gagner sa vie, comme il est écrit (Beréchith 13,10) : « Loth leva les yeux et considéra toute la plaine du Jourdain, tout entière arrosée », et se dit que, pour des raisons de Parnassa, il lui était permis de s’y installer. Il se dit qu’il résisterait à l’épreuve et réussirait à ne pas se laisser entraîner par les actions de ses voisins.

C’est pourquoi les Écritures nous révèlent les propos de Loth adressés aux résidents de Sodome : « Écoutez ! J’ai deux filles qui n’ont pas encore connu d’homme, je vais vous les amener, faites-leur ce que bon vous semblera » : afin que nous en tirions une leçon : toute personne qui se montre indulgente sur les règles de la sainteté pour gagner sa vie, et se mélange aux gens de cette espèce et fait tour pour leur plaire, peut en venir à transgresser toutes les limites et à se livrer soi-même et ses enfants, sans réfléchir à la portée du préjudice.

Chabbath Chalom !

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