Les 50 jours de l’Omer pour grandir

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 Autour de la table de Chabbath n° 382, A’haré Moth-Kedochim

Ces paroles de Tora seront lues pour la Refoua Cheléma (guérison) de Mikaël ben Ra’hel – Judith (Frank Joffo) parmi les malades du Clall Israël

Les 50 jours de l’Omer pour grandir : les offrandes végétales, de l’orge nourriture des animaux, au blé nourriture des hommes.

Cette semaine votre illustre bulletin s’intéressera à la période de l' »Omer ». Comme vous le savez, la fête de Chavou’oth, le Don de la Tora, suit celle de Pessa’h : le temps de notre libération. En effet, nous le savons tous et c’est d’ailleurs mentionné sur le net (donc c’est du vrai, n’est-ce pas ?), il  n’existe de véritable liberté que pour celui/celle qui s’adonne à la Tora. La grande sortie d’Egypte avait donc pour but qu’un peuple en formation fort de 600 000 familles vienne à accepter d’une manière claire et sans équivoque la pratique des Mitsvoth. Depuis cette antique période (qui remonte à 3400 ans), les Cohanim apportaient au Temple de Jérusalem une offrande végétale le lendemain de Pessa’h : le ‘Omer. Ce sont deux pains faits à partir de la nouvelle récolte d’orge (qui est une céréale propre aux animaux). La communauté pouvait alors manger de la nouvelle récolte et aussi commençait la Mitsva du dénombrement des 49 jours qui sépare Pessa’h de Chavou’oth. Ce qu’on appelle communément la Sefirath Ha’omer/décompte de l’Omer.

Le 50ème jour est sanctifié par la fête de Chavou’oth. Ce dernier jour, la communauté apportait un sacrifice cette fois fait de deux pains de blé. Les commentateurs (Séfer Ha’hinoukh) expliquent la différence entre ces deux sortes d’offrandes. A Pessa’h nous sommes sortis de l’esclavage donc on se devait de remercier Hachem pour Ses grandes bontés. Seulement nous n’avions pas encore reçu la Tora, et, nécessairement notre niveau n’était pas élevé. 49 jours passent, nous nous sommes préparés au don de la Tora (par le dénombrement des jours et par un travail spirituel propre aux jours du ‘Omer). Nous sommes cette fois beaucoup plus élevés à l’image de notre offrande fait de pains de blé, la nourriture des hommes. C’est le moment où l’on reçoit le bien ultime, le cadeau de Hachem qui vient élever toute l’humanité (et on ne s’oubliera pas dans l’histoire), la sainte Tora. Chavou’oth nous fait passer du rang d’animaux à celui des hommes. Donc si mes lecteurs ont bien saisi le symbole véhiculé par le sacrifice du ‘Omer (et retransmis par la « magnifique Table du Chabbath »), un homme sans Tora ressemble à un animal sur quatre pattes… Intéressante comme réflexion entre le poisson et la viande (car une bonne partie de mes lecteurs assidus se font un plaisir de me lire durant les délices de la Table du Chabbath…), n’est-ce pas ?

Seulement durant cette période, entre Pessa’h et Chavou’oth, il existe aussi certaines lois de deuil. En effet le Choul’han ‘Aroukh stipule que durant cette période la communauté ne contracte pas de mariages, n’a pas l’habitude de faire des danses (bien sûr on parle des hommes d’un côté et les femmes de l’autre…) ou même se couper les cheveux (durant 33 jours) à l’image de endeuillés. L’explication est qu’à pareille époque entre Pessa’h et Chavou’oth, tous les élèves du saint Tana rabbi Akiva ben Yossef sont morts dans une terrible épidémie, que D’ nous en préserve. Nos Sages de mémoire bénie (Yevamoth 62) enseignent que rabbi Akiva avait 24 000 élèves répartis sur la Terre sainte qui sont morts durant la période de l’Omer. La raison révélée par la Guemara est qu’ils n’avaient pas un comportement honorable les uns vis-à-vis des autres.

Avant de passer à mon développement je ferai un petit arrêt sur image, sur la personnalité remarquable de rabbi Akiva. Il s’agit d’un homme qui a commencé à faire Techouva à l’âge honorable de 40 ans ! A cette époque il épousera la fille du richissime Kalba Savoua et pourtant vivra dans la plus grande des pauvretés (Nedarim 50). En effet, son beau-père ne voulait pas entendre d’un tel mariage, que sa fille Ra’hel épouse un inculte (rabbi Akiva était alors berger sans aucune connaissance de la Tora), un parfait ignare. Kalba fit le vœu de déshériter sa fille si elle se mariait avec lui. Elle tiendra tête à son père et l’épousera. Seulement elle émettra une condition à son mariage : qu’Akiva aille étudier la Tora. En effet, elle avait vu en lui toutes ses grandes forces et elle savait qu’il deviendrait un grand de la Tora. A l’époque il n’y avait pas de Yechivoth comme Or Ha’haim du rav Elbaz chlita ni de Or Saméa’h… Akiva se rendra donc au Talmud Tora de sa ville et partagera les bancs avec des enfants âgés de 6/7 ans pour apprendre l’Aleph-Beth-Guimel ! Le miracle sera qu’il ne se découragera pas et préservera. Il fera preuve d’une ténacité hors de commun et au bout de 24 années consécutives il reviendra auprès de sa femme (il n’était pas revenu à sa maison tout ce temps) avec à sa suite 24 000 élèves ! Akiva n’était plus du tout le simple berger, il était devenu la lumière pour tout le Clall Israël. Pour la petite histoire lorsqu’il est arrivé, sa femme voudra s’approcher du grand rav et les élèves la repousseront (une femme ne s’approche pas d’un saint homme). Et rabbi Akiva dira à ses disciples : « Laissez là, car tout ce que j’ai réalisé, c’est grâce au mérite de cette femme ! » (comme quoi la Tora apprend entre autre à être reconnaissant).

Revenons à mon développement, la Guemara Yevamoth enseigne donc une chose terrible : tous ses élèves sont morts et il ne lui restera plus que 5 élèves (Tannaïm) : rabbi Yossi, rabbi Méir Ba’al Haness, rabbi Chim’on bar Yo’haï, rabbi Yehouda, et rabbi Eléazar. C’est de ces 5 grands Rabbanim que découlera toute la Tora orale enseignée par leur saint maître rabbi Akiva.

Après avoir dressé ce succinct tableau je poserai la question de différents commentaires. Comment comprendre qu’un manque de Kavod (d’honneurs) peut entrainer la mort des hommes ? Or il n’existe pas de loi de la Tora qui punit par la peine capitale un manquement aux honneurs que l’on doit à son prochain, bien que ce soit très important. La réponse que donne le saint ‘Hafets ‘Haim et que vis-à-vis des grands en Tora, la Justice divine est plus sévère ! En effet, plus un homme est grand en Tora plus son comportement doit être correct et exemplaire. Dans le cas contraire, le grand public qui est au courant des agissements se dira : si c’est ainsi je préfère ne pas envoyer mon fils à la Yechiva, je l’envoie en classe publique ! Il s’agit donc d’un grand « ‘Hilloul Hachem », que les gens en viennent à penser que la Tora n’amène pas la grande moralité et le comportement irréprochable. C’est pourquoi la Justice du Ciel sera très sévère car il n’y a rien de pire que de désacraliser le Nom divin devant les hommes. Le ‘Hafets ‘Haim ramène l’enseignement des Sages (Séfer Zakhor LéMiriam ch. 11) : « Ainsi parle Hachem : Mes fils chéris, Je ne vous demande rien, uniquement que vous-vous aimiez les uns des autres, que vous rendiez les honneurs à votre prochain et que vous ayez la crainte entre-vous« . Vaste programme !

NOTRE SIPPOUR ou comment un Juif de Berlin évita le pire !

L’histoire remonte à près de 70 ans en Israël. Il s’agit d’un jeune Ba’hour Yechiva (élève en Yechiva) qui deviendra plus tard un des piliers de l’éducation orthodoxe en Israël, le rav Tannenbaum zatsal. À l’époque, il se trouvait à côté d’un kibboutz du pays, lorsqu’un des membres du Kibboutz lui demanda de venir participer à un minian à l’occasion d’une Brit Mila du fils d’un habitant du village. Le jeune Tannenbaum accepta et demanda qui serait le Mohel ? Voilà qu’arriva un homme vêtu d’un short court, de sandales et d’un bob sur la tête qui se présenta comme mohel !

Le jeune ba’hour lui demanda où il avait appris le métier? Il lui répondit qu’il venait de Pologne et que là-bas il était Mohel affilié à la Hassidouth Wishnits ! Mais depuis qu’il était monté en Erets, beaucoup d’eau avait coulé sous les ponts et qu’aujourd’hui il se retrouvait dans un kibboutz socialiste de l’Hachomer ! Finalement, le jeune Tannenbaum assista à la Mila. Avant de partir, le père du bébé demanda à notre ba’hour si, à son retour à Jérusalem, il pouvait transmettre le Chalom à son père qui était hospitalisé dans un des hôpitaux de la ville sainte. Le ba’hour s’exécuta et à son retour à Jérusalem, il partit visiter comme prévu le grand-père du bébé tout « frais ». Il lui transmettait de la part de son fils,  qu’il venait d’assister à la circoncision de son petit-fils, comme la Tora le demandait. Le grand-père en fut tellement ému qu’il pleura à chaudes larmes.

Le vieil homme dévoila alors au jeune Tannenbaum les raisons de ses pleurs. Bien avant la guerre, il y a quelques années, j’habitais alors dans la ville de Berlin en Allemagne. Un jour, la nouvelle se répandit que le grand Admour de la ville de Karlin viendrait passer le Chabbath à Berlin. Et le Shabbath de la paracha Kedochim il était convenu de faire un Tisch/« une table » avec ses Hassidim dans la grande synagogue de la capitale. Pour nos lecteurs qui ne le sauraient pas, c’est l’habitude des ‘hassidim d’assister leur Rebbe à la table du Chabbath-soir à la synagogue et de recevoir des berakhoth/bénédictions et des paroles de Tora et aussi de chanter avec lui. Comme c’était la première fois qu’un grand du monde de la Hassidouth arrivait à Berlin, j’avais décidé de voir le « Tisch ». Je me suis caché derrière le rideau de la Ezrat Nachim à l’étage, pour tout contempler. L’Admour était entouré de ses ‘hassidim et chantait les chants du Chabbath. Puis, il prit la parole pour faire un Dvar Tora. Il posa la question : « Pourquoi la Paracha commence par « Kedochim/soyez saints » puis elle enchaîne avec la Mitsva de craindre les parents puis celle du Chabbath et enfin se termine par «Je suis Hachem» ? Quel rapport existe-t-il entre tous ces commandements ? »

Le Rabi de Karlin répondit ainsi : « La Tora vient nous parler de 4 catégories d’hommes.

La 1ère catégorie ce sont les hommes, à qui il suffit de dire soyez « SAINTS » et immédiatement ils se renforcent dans la pratique des Mitsvoth – c’est le cas de mes ‘Hassidim.

Il y a une 2ème catégorie d’hommes qui ne sont plus de ce niveau, mais qui gardent en tête et dans leur cœur l’exemple de leurs parents. C’est à eux que le verset fait allusion en disant : « Craignez vos parents ».

Une 3ème catégorie est celle des Juifs encore plus éloignés, ceux pour lesquels il ne reste que le Chabbath qui les rattache à la Tora.

Enfin il reste une 4ème catégorie, c’est vous…. les Juifs de Berlin pour qui ne reste ni Kédochim, ni les parents comme exemple, ni le Chabbath !

Il ne vous reste que « Ani Hachem/Je suis votre D’».

Sachez qu’il y a un Créateur Qui attend que vous vous comportiez comme des JUIFS, et pas comme des gentils ! » À ce moment, l’Admour avait frappé sur la table et avait désigné les berlinois, dont j’étais, qui étaient dans la Ezrat Nachim, (la salle de prière des femmes). Et ce coup frappé sur la table était si puissant qu’il résonne encore dans mon cœur ! À ce moment-là, j’avais une fille qui avait une relation avec un gentil de la capitale avec qui elle devait se marier ! Après ce Tisch extraordinaire, j’avais décidé dans la SEMAINE, de vendre mon business, de faire mes valises et de monter en Erets !

Et si tu as vu mon petit fils à cette Brit, c’est le fruit de ce que l’Admour avait frappé sur la table et a dit « Ani Hachem» après de si nombreuses années… »

Chabbath Chalom et à la semaine prochaine si D’ le veut.

David Gold Sofer écriture ashkénaze et écriture sépharade

Prendre contact au  00 972 55 677 87 47 ou à l’adresse mail 9099495s@gmail.com.

Je projette de sortir un deuxième tome de

        « Autour de la table de Shabbat »

Pour soutenir son impression vos dédicaces seront bien venues. Merci de prendre contact sur mon e-mail ou téléphone.

Une bénédiction à Dan Azoulay et à son épouse à l’occasion de la naissance de leur fils. Qu’ils aient le mérite de le faire rentrer dans l’alliance de Avraham Avinou en son temps et qu’il grandisse dans la Tora et les Mitsvoth, une Berakha aux grands parents et à la famille. 

On souhaitera la Berakha à Olivier, Caroline et Stéphane Kovarski afin qu’ils se rapprochent de la Tora et des Mitsvoth avec leurs parents et toute leur famille.

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