Les gardiens du judaïsme et de la tradition d’Israël | Le bilan et la campagne

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« Judaïsme de la Tora » : plus de soixante projets de loi contre les sanctuaires d’Israël bloqués en un seul mandat

  • D’autres propositions visaient le statut de la Halakha dans l’État : la conversion par un rabbin de la ville, le mariage non conforme à la loi de Moché et d’Israël, la modification de la composition du corps élisant les Grands rabbins et l’abolition de l’un des deux postes de Grand rabbin.

  • S’y ajoutent des propositions visant à ancrer dans les lois fondamentales l' »égalité », dont la signification est de conférer un statut officiel à ceux qui se affranchissent du joug de la tradition.

  • Un autre groupe de propositions cherchait à imposer la représentation d’hommes aux côtés de femmes sur chaque liste pour la Knesset. Dans le mouvement, on souligne que la signification de cela est la disqualification des partis ‘harédim à se présenter. Cette proposition a été présentée quatre fois au cours de la mandature et a été bloquée quatre fois.

Retrait du droit de vote, atteinte aux allocations familiales, transports publics le samedi, mariages non conformes à la loi de Moché et d’Israël : selon les données de Judaïsme de la Tora, toutes les propositions ont été contrecarrées. Sur la question du recrutement et des arrestations, la ligne est claire : on ne rejoint aucun gouvernement sans une régularisation complète du statut des étudiants de la Tora. Les permanences luttent contre l’apathie et appellent : aucune voix ne sera perdue. Anan cheliouta deqamai qa avdinan (nous accomplissons la mission de nos ancêtres).

Par Israël Rosner, Yated Nééman

À moins de deux semaines des élections à la Knesset, qui se tiendront le mardi 16 de Heshvan, les permanences de « Judaïsme de la Torah » présentent au public le bilan de la mandature écoulée. Selon les données du groupe parlementaire, les députés de l’opposition ont soumis au cours de la mandature plus de soixante projets de loi contre les sanctuaires d’Israël et contre le public ‘harédi, et tous ont été bloqués.

Le message transmis de maison en maison et de communauté en communauté est unique : quiconque s’est dressé sur la brèche a besoin maintenant de chaque voix pour continuer à s’y tenir avec encore plus de force. Dans le mouvement, on définit le rôle des représentants en deux mots : les gardiens de seuil du judaïsme.

Les réalisations

Outre le blocage, de véritables réalisations ont été enregistrées. La taxe d’achat sur la vaisselle jetable, imposée par le ministre des Finances de l’époque, Liberman, à hauteur de 11 shekels par kilogramme, a été annulée dès le début de la mandature et cette annulation est ensuite devenue permanente. De même, la budgétisation des salaires des institutrices dans l’éducation ‘harédi a été réglée après un combat acharné du président de la commission des Finances de l’époque et président du mouvement « Deguel HaTora », le député le rav Moché Gafni.

Le bluff de l’égalité fardée et la persécution des étudiants de la Tora

Dans « Judaïsme de la Tora », on ne cache pas la douleur face à la réalité créée autour de la question du recrutement : la définition des étudiants de Yechiva comme sujets à l’obligation militaire dont le statut n’a pas été réglé, les arrestations et les interdictions de sortie du territoire. Cette réalité nuit aux représentants du public eux-mêmes ainsi qu’à leurs familles.

De là découle la campagne sur le terrain. Lors des élections précédentes, la liste avait obtenu 280 000 voix, et cette fois-ci, les permanences ont fixé un objectif bien plus élevé. Le principal rival, y dit-on, est l’apathie et le sentiment que les choses s’arrangeront même sans ces voix isolées.

Dans les permanences, on rappelle l’appel des grands d’Israël à la veille des élections en l’année 5719 : faire tous les efforts pour accroître la représentation ‘harédith à la Knesset… se mobiliser d’urgence et lutter contre les destructeurs de la religion et défendre tout ce qui nous est saint… auquel, selon notre sainte Tora, chacun est tenu. Ces propos, affirme-t-on au quartier général de communication de « Judaïsme de la Tora », semblent avoir été écrits aujourd’hui.

Dans « Judaïsme de la Tora », on avertit que chaque voix ‘harédith qui se perd, ou qui est accordée à un parti dont le monde de la Tora n’est pas la priorité absolue, est une victoire pour les ennemis du monde de la Tora. Ceux qui ont présenté les propositions qui ont été bloquées ont annoncé qu’ils les présenteraient encore et encore.

« Judaïsme de la Tora », dirigé par le député Ya’akov Asher, appelle le public à se présenter au jour du scrutin comme un seul homme : voter, amener avec soi une voix supplémentaire, et garantir le droit de mener une vie de Tora en terre d’Israël.

À l’affût, au jour le jour

Dans le groupe parlementaire, on explique que le blocage n’est pas l’œuvre d’un seul jour ; les membres de la permanence suivent régulièrement chaque proposition déposée sur la table de la Knesset, et agissent auprès de la commission ministérielle des Lois pour s’assurer que tous les membres de la coalition s’y opposent en plénière. Les propositions ont touché tous les domaines de la vie : la tradition éducative, le Chabbath, le mariage selon la loi de Moché et d’Israël, le statut du rabbinat et de la conversion, jusqu’au droit même du public ‘harédi de choisir et d’être élu.

Chaque étape de la campagne est menée sous la direction et l’accompagnement continus de nos maîtres et rabbanim, les grands de la génération, qui connaissent les moindres détails en profondeur, décident de chaque mouvement et donnent leur bénédiction pour la suite.

L’exemple marquant est la proposition d’amendement à la Loi fondamentale : la Knesset, déposée par le député Oded Forer aux côtés d’Avigdor Liberman et de leurs collègues de faction. La proposition visait à priver du droit de vote à la Knesset quiconque n’aurait pas accompli un service militaire ou national. Le 12 d’Adar 5785, la proposition a été rejetée en plénière, et en Heshvan 5786, elle a été déposée de nouveau et bloquée à nouveau.

Au début de la dernière session d’hiver, une série de propositions supplémentaires a été déposée avec un seul objectif : fracturer le public ‘harédi de l’intérieur.

Dans le même esprit : la suppression des allocations familiales pour un parent n’ayant pas servi, la conditionnalité de l’assurance nationale et des avantages au logement subordonnée au service, et la suppression de la reconnaissance fiscale des associations où étudient des étudiants de Yechiva. Dès le début de la mandature, en Iyar 5783, une proposition a été déposée pour imposer le service à l’ensemble des citoyens.

Éducation, Chabbath et rabbinat

Dans le domaine de l’éducation, des propositions ont été déposées pour imposer l’enseignement des matières de base (core curriculum), pour priver de budgets les institutions éducatives et pour établir un « enseignement d’État-‘harédi » à la place des réseaux éducatifs indépendants. La dernière proposition a été déposée trois fois de suite, et bloquée à chaque fois.

Le Chabbath a également été mis à l’épreuve. La proposition d’autoriser les transports publics le Chabbath est revenue sur le devant de la scène, et lors de l’un des votes, elle a été rejetée en plénière à une majorité de 58 contre 43.

Dans « Judaïsme de la Tora », on voit dans ces déclarations un aveu de la part des intéressés eux-mêmes. Si la charge pesant sur les mobilisés ne découle pas des élèves des Yechivoth, dit-on, il s’avère que la campagne tout entière n’a pas pour but de servir un besoin sécuritaire mais bien de modifier le mode de vie du public ‘harédi. Deux jours plus tôt, lors d’une réunion électorale, Smotrich a déclaré lui-même : « Je ne comprends pas comment on peut être ‘harédi aujourd’hui ».

Comme on s’en souvient, face à cette tendance, les représentants ont boycotté des réunions et des votes, et dans le mouvement, on souligne que la lutte a conduit au remplacement du ministre de la Défense et du président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense. Bien que la législation n’ait pas été parachevée, le mouvement a posé une condition dont il ne reculera pas : il n’y aura aucune adhésion à un quelconque gouvernement tant qu’une solution réelle, profonde et complète n’aura pas été trouvée.

Moment opportun

La prochaine mandature apporte également avec elle une opportunité rare. Selon des sources au sein du mouvement, pas moins de dix juges de la Cour suprême devraient être élus au cours de celle-ci. Une importante représentation ‘harédi autour de la table des négociations pourra, avec l’aide du Ciel (Siyata diDshmaya), modifier l’équilibre des forces au sein du système judiciaire.

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