« Ne le regardez pas, ne bougez pas » : un diplomate déserteur révèle les règles autour de Kim Jong-un

0
45

Ri Il-gyu, qui a rencontré le dirigeant nord-coréen à sept reprises, décrit un mois de préparations avant chaque rencontre et des règles interdisant jusqu’au moindre sourire. Un interprète qui a osé interrompre le leader n’a été libéré qu’après une « rééducation ».

Kol réga’ – Yanki Farber

Un haut diplomate nord-coréen ayant fait défection révèle des détails rares sur les coulisses des rencontres avec le dirigeant Kim Jong-un, décrivant un quotidien empreint de tension et d’anxiété où la moindre erreur peut être fatale. Dans un entretien accordé au Daily Express, Ri Il-gyu, ancien directeur adjoint au ministère nord-coréen des Affaires étrangères ayant rencontré Kim à sept reprises, explique que chaque audience exige un processus de préparation rigoureux d’un mois entier.

Selon Ri Il-gyu, ces rencontres sont encadrées par des consignes strictes : il est interdit de fixer longuement Kim Jong-un. Si le dirigeant tourne son regard vers l’un des participants, ce dernier doit s’incliner discrètement sur le côté, sans mouvement brusque. Les personnes présentes doivent éviter toute agitation ou geste inutile, et la flatterie tout comme les sourires forcés destinés à se faire remarquer sont proscrits. La parole n’est accordée que pour répondre aux questions posées, avec l’obligation d’être bref et précis, sans s’étendre ni fournir d’informations non vérifiées, chaque mot étant consigné par le secrétariat pour l’« histoire de la révolution ».

Pour illustrer les conséquences d’un manquement à ces règles, Ri a évoqué le cas d’un interprète sexagénaire qui avait interrompu Kim pendant qu’il parlait. Le dirigeant l’a qualifié d’« insolent » et a ordonné son éviction définitive. « Nous étions convaincus que sa vie était finie. Une seule critique de Kim Jong-un suffit à faire basculer le destin d’un homme à jamais », se souvient Ri. L’interprète n’a finalement échappé au pire que grâce à l’intervention d’un parent travaillant au département de l’organisation et de l’orientation, et après une semaine de « séances de critique » intensives comprenant la rédaction de confessions forcées.

Ri a également confié que lors de sa première rencontre avec Kim dans le salon VIP de l’aéroport, sa voix tremblait, mais qu’il s’était rapidement ressaisi par crainte des répercussions. Il a noté que son impression contrastait avec l’image véhiculée par les médias : selon lui, il y avait des moments où Kim ressemblait à un homme ordinaire capable de rire et de faire preuve d’attentions, tout en faisant preuve d’une cruauté propre à ceux qui jouissent d’une autorité absolue, dans un pays où aucun pouvoir ne peut le freiner.

Aucun commentaire

Laisser un commentaire