Netanyahu cède : les orthodoxes déposent les armes et garantissent le maintien du gouvernement jusqu’aux élections

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Vice President of the United States Mike Pence visits the Knesset and delivers remarks in front of a special parliamentary session, Jerusalem January 22, 2018. Vice President of the United States Mike Pence visits the Knesset and delivers remarks in front of a special parliamentary session, Jerusalem January 22, 2018. *** Local Caption *** סגן נשיא ארה"ב מייק פנס מבקר בכנסת ונואם בפני ישיבת מליאה מיוחדת, ירושלים, 22 בינואר 2018. סגן נשיא ארה"ב מייק פנס מבקר בכנסת ונואם בפני ישיבת מליאה מיוחדת, ירושלים, 22 בינואר 2018.

Extrait de Ma’ariv – Mati Tuchfeld | 09/01/2026

Netanyahou est conscient que ses principaux points faibles sont la commission d’enquête sur la catastrophe et la loi sur la conscription (enrôlement des orthodoxes). Quelles sont les chances qu’un changement de régime à Téhéran rapproche l’Iran des accords d’Abraham ? Par ailleurs, Itamar Ben-Gvir n’aurait pu rêver d’un meilleur coup d’envoi pour sa campagne.

Patience stratégique

Benjamin Netanyahou s’est rallié cette semaine à la loi sur la conscription, tout en sachant que, politiquement, l’adoption de cette loi lui porte préjudice et alimente la campagne de ses adversaires. C’est pourquoi il préfère clore ce dossier le plus rapidement possible. Six mois après l’approbation de la loi, le débat s’estompera. Les chefs de parti tenteront de relancer le sujet pendant la campagne électorale, mais ce sera une tentative forcée, purement politique, loin de l’actualité naturelle de ces jours-ci.

Mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle Netanyahou souhaite, contrairement aux analyses, maintenir les élections le plus près possible de leur date initiale. Il veut aussi voir la commission d’enquête nationale se mettre en place après l’approbation de la loi sur le sujet. Il est convaincu qu’une fois que le public verra sa composition et comprendra qu’il s’agit d’une commission équilibrée comprenant des représentants de la gauche, la confiance augmentera et la campagne d’opposition s’essoufflera. Ainsi, le Premier ministre neutralise les deux messages les plus dévastateurs de l’opposition : la conscription et la commission d’enquête.

De l’Arabie Saoudite vers l’Iran ?

Ces deux dernières années, Netanyahou a souvent mentionné que l’un de ses objectifs était « l’élargissement des accords d’Abraham ». Jusqu’à présent, l’Arabie Saoudite était la cible principale pour lui et Donald Trump. Cependant, les contacts ont ralenti.

Ces derniers jours, le discours a changé. Lors de discussions entre responsables politiques, il semblerait que le nouvel objectif soit nul autre que l’Iran. La paix avec l’Arabie Saoudite est « out », la paix avec l’Iran est « in ». Cela dépend avant tout de la réussite du peuple iranien à renverser le régime. Selon certaines sources, l’idée que le régime ne survivra pas aux manifestations se renforce, et des éléments de l’opposition iranienne serviraient déjà d’interlocuteurs pour un futur accord de paix, faisant de cet accord un objectif stratégique avant même les élections.

Jusqu’au bout

Pour en revenir à la loi sur la conscription, Netanyahou s’est positionné de manière absolue derrière le texte. Il présente la loi comme un outil permettant un enrôlement sans précédent des orthodoxes, incluant des sanctions sévères. Il s’est ainsi placé sur un point de non-retour : après son discours, Netanyahou ne pourra plus dissoudre la Knesset en invoquant son opposition à la loi.

Des messages clairs ont été échangés entre son entourage et les partis orthodoxes (Degוel HaTora et Shas) : les élections auront lieu à la date prévue. Ni la loi sur la conscription ni le budget ne constitueront des obstacles réels. Les orthodoxes ont ainsi déposé leur arme principale de pression sur le Likoud en échange de la promesse que le gouvernement tiendra jusqu’au bout.

L’affaire Ben Gvir

Sur six pages, la conseillère juridique du gouvernement, Gali Baharav-Miara, expose sa position sur la nécessité de limoger le ministre Itamar Ben Gvir, l’accusant d’influencer des enquêtes concrètes. Cependant, un examen des déclarations passées d’anciens ministres de la Sécurité intérieure (comme Omer Bar-Lev ou Yitzhak Aharonovitch) montre qu’ils ont souvent apporté un soutien similaire à leurs troupes lors d’enquêtes actives sans que cela ne mène à une demande de licenciement.

L’affaire Ben Gvir pourrait être la première fois où le gouvernement désobéit ouvertement à la Cour suprême si celle-ci décide son éviction. Une chose est sûre : Ben Gvir ne pouvait espérer une meilleure campagne électorale que celle-ci.

Les suspects habituels

Yair Lapid a accusé cette semaine l’un des partis du gouvernement précédent de ne pas avoir voulu recruter d’orthodoxes, rallumant les tensions au sein du bloc de gauche. Entre Lapid, Liberman et Bennett, le sujet de la conscription reste un axe central, mais les manœuvres politiques passées montrent que chacun a, à un moment donné, privilégié ses intérêts politiques ou ses alliances potentielles avec les orthodoxes avant la nécessité militaire.

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