Autour de la table de Chabbath n° 561 Noa’h
Notre souffle de vie dépôt sacré appartient à Hachem !
Il est interdit de se donner la mort
La paracha de Noa’h est connue de tous. Il s’agit de la 10ème génération depuis Adam Harichon. A l’époque la société était pécheresse en particulier par des relations interdites et le vol. Suite à cela Hachem décida d’anéantir le monde à l’exception d’un seul homme : Noa’h. Noa’h a su rester juste alors que toute l’humanité faisait le contraire. Et grâce à lui, l’humanité a pu perdurer jusqu’à nos jours. Tandis que le reste de la population n’ayant pas fait Techouva, un déluge d’eau s’est abattu entraînant la mort de toute la génération. C’est uniquement Noa’h et sa famille qui survivront à ce terrible cataclysme. De plus, D’ a eu le souci de perpétuer les espèces animales et volatiles du globe. Donc l’arche accueillera en son sein toutes les différentes sortes d’animaux d’oiseaux et de rampants que peut connaître la terre. La construction de cet immense bateau dura 120 ans afin de faire réfléchir la génération de l’imminence de la catastrophe. Mais peine perdue, les hommes ne feront pas Techouva et les eaux d’en haut et d’en bas s’abattront sans miséricorde. Ainsi, toute l’humanité sera rayée de la carte. Après un an, Noa’h sort de l’arche, apporte une offrande en remerciement à Hachem de l’avoir sauvé et commence alors une nouvelle page : celle du peuplement de la terre par la descendance de Noa’h. Depuis lors, la race humaine (qui ne descend pas des singes comme certains le pensent à tort) s’appelle Bené Noa’h : les enfants de Noa’h ! D’ lui prescrit alors qu’il peut dorénavant manger de la viande animale qui lui était auparavant défendue depuis l’époque d’Adam Harichon.
Le Or Ha’haïm explique cette permission de trois façon :
1- Noa’h ayant sauvé tout le monde animal acquiert le droit d’en profiter (en en mangeant).
2- Il s’est beaucoup fatigué pour nourrir tous ces animaux durant l’année de navigation. La preuve c’est que le Midrach enseigne qu’à un moment il a tardé à nourrir le lion, et ce dernier en colère a abîmé la jambe de Noa’h qui, depuis est resté infirme. Or le verset de Tehilim dit : « La fatigue de ton labeur te permet de manger du fruit de ton labeur…» (128.2).
3- A la sortie de l’arche, Noa’h a approché des sacrifices en gratitude à Hachem qui l’a sauvé et en récompense il lui sera permis la viande. Plus loin Hachem s’adressera à Noa’h en lui interdisant le meurtre. Le verset rajoute aussi : « Votre sang je le réclamerais…» (9.5) De là, la Guemara Baba Kama 91 apprend qu’il existe un interdit de se donner la mort.
Ce verset incombe à toute l’humanité puisqu’il a été dit à Noa’h : le père de toutes les nations. Sans cette injonction on aurait pu penser que l’homme est maître de sa vie et de son âme. Et si, à D’ ne plaise, les difficultés sont trop grandes l’homme pourrait attenter à sa vie. Sur ce, la Tora nous dit NIET/Nenni : c’est une loi immuable de la sainte Tora (et les gentils son AUSSI astreints à cela). C’est un formidable enseignement de savoir que le souffle de la vie n’est pas à la disposition de chacun. C’est un dépôt sacré (puisque son vrai propriétaire (D’) est saint !)! Mieux encore, la Guemara (idem) enseigne qu’on n’a même pas le droit de se blesser, car le corps appartient aussi à Hachem. (On aura compris qu’il n’existe aucune permission de permettre ou d’aider une pauvre âme à mettre fin à ses jours… et la Tora s’adresse aussi bien aux médecins et pharmaciens qu’à quiconque). Le Zikhron Yossef rapporte une Guemara fort intéressante au sujet d’une ville très spéciale en Erets Israël : la ville de Louz. Il est dit à son sujet que les habitants résidant en son sein ne mourraient pas (c’est à rapprocher avec une autre ville qui s’appelait «Kouchta» dont les habitants faisaient très attention de ne jamais mentir et ne mourraient pas (Sanhédrin 91) La Guemara dans Sota 46 enseigne : « Louz : la ville où l’on colore les fils du Talith (en bleu azur). Cette ville n’a pas été exilée par San’hériv, ni par Nabuchodonosor et l’ange de la mort n’a pas le droit d’y entrer. Seulement lorsque les anciens de la ville n’ont plus l’envie de vivre ils sortent en dehors des murailles de la ville et ils meurent ». Fin du passage étonnant. Or, d’après notre paracha il existe un interdit de mettre fin à ses jours, donc comment comprendre que les anciens aient pu sortir et finir par mourir ? N’est-ce pas mettre fin à ses jours ce qui est complètement interdit ? De plus, il n’est pas mentionné par le Talmud qu’ils ont mal fait de sortir à l’extérieur. Intéressante comme question, n’est-ce pas ? Cette question est posée par le grand possek, rav Eliachiv zatsal dans ses notes (sur la Guemara Sota) et il ne répond pas. Nous n’atteignons pas la plante des pieds de ce grand maître de la Tora, mais la Tora donne à chacun la liberté de répondre aux interrogations même des plus grands. Dans «Metivta/Sota» il est rapporté que les anciens ont décidé de sortir de la protection miraculeuse qu’offrait la ville et de vivre d’une manière naturelle. Il n’y a pas d’interdit de vouloir vivre suivant le cours général de la vie. Ce n’est pas écrit dans la Guemara qu’en sortant ils ont sauté du haut d’un ravin. En fait ils ont choisi de vivre une vie où les accidents de parcours existent, ce qui n’est pas assimilé à une action qui va directement mettre fin à ses jours… (On laissera nos lecteurs le soin de réfléchir sur d’autres possibilités de réponses et de voir aussi Yoré Déa 339.1 dans le Rama).
LE SIPPOUR
You’r RIGHT Rabbi !
Cette semaine je vous propose un sippour qui est dans une certaine mesure, une bonne expression de ce qui s’est passé durant la génération du déluge.
Notre histoire véridique traite de la période de l’après-guerre. C’est un témoin des événements (reb Eliezer Weinberg zatsal) qui a rapporté son témoignage au rav Chelomo Brawerman de Bené Brak. Il raconte cet épisode édifiant au sujet du rav Hatsadiq le rabbi de Klauzenbourg.
Reb Leizer (diminutif d’Eliezer) était un jeune homme à l’époque et témoigne que durant toutes les années de détentions dans les camps de la mort, le rav de Klauzenbourg n’a jamais mis un aliment à sa bouche qui ne soit cachère. Dans les périodes de froid intense il ne mangeait que du pain (quand il y en avait) et buvait de l’eau. Et je vous passe toutes les conditions inhumaines qu’il a passé.
Juste avant la libération, les nazis yimah chemam ont voulu effacer toutes traces de leurs exactions et ont parqué les derniers survivants dans des convois ferroviaires afin de les exécuter plus loin à la mitrailleuse… Seulement lors du trajet les avions américains ont bombardé la voie ferrée avec les nazis qui les escortaient. Durant le trajet le jeune Eliezer, qui pensait que c’était sa fin, se blottissait auprès du rav de Klauzenbourg. Les bombes américaines ont fait stopper le train de la mort. Seulement les explosions ont aussi provoqué de nombreuses victimes parmi les détenus. Par miracle Eliezer et le rav n’ont pas été touchés et la première de choses dont le rav s’est préoccupé après son sauvetage, c’était l’enterrement des victimes juives (comme quoi il y a des gens sur terre qui prennent le risque sur leur vie de faire le Kavod des défunts et ne pas les incinérer, si vous voyez ce que je veux dire..).
A la fin de la guerre, les réfugiés juifs survivants ont été placés dans des camps sanitaires en Allemagne et dans le reste de l’Europe. Le rav se trouvait à Feldafing l’un des premiers camps de personnes déplacées qui accueillait principalement des réfugiés juifs. Durant cette première période post-Shoah le rav fut hospitalisé dans un hôpital du camp à cause du typhus. Dans le camps la situation était difficile pour ceux qui voulaient manger cachère ou pratiquer les Mitsvoth : il n’y avait pratiquement aucun objets de cultes (Tefilinnes, Talith, Sidourim). De plus la direction du camp était dans les mains de gens de la communauté éloigné de la pratique.
Il y avait dans le camp, trente rabanim mais il n’y avait qu’une seule dame qui cuisinait cachère (ce camp qui rassemblait des milliers de déportés). Dès que le rav sortit de l’hôpital, il a mis tout son courage pour :
1- mettre en place une cuisine cachère
2- donner des cours de Tora. Il rassemblait des jeunes et leur donnait des cours. Il n’y avait aucune Guemara, c’est le rav qui enseignait les cours PAR CŒUR (il enseignait la Massekheth Guitin avec tous les commentaires…)
Au début, tout ce qu’il entreprenait était mal vu par la direction ‘hilonite du camp. Mais après un épisode extraordinaire les choses changèrent. L’histoire commence ainsi. Un beau jour, le général en chef de forces américaines en Europe : Eisenhower, décida de voir de ses propres yeux comment les Juifs font Kippour. Eisenhower était l’homme le plus puissant sur toute l’Europe puisqu’il était à la tête du commandement des forces alliées : USA, Angleterre et semble-t-il, il avait son mot à dire avec les Russes. Toutes ses décisions influençaient la vie de millions de personnes (le 3ème Reich venait d’expirer et il s’agissait de mettre en place une nouvelle Europe). Lorsque sa décision de venir à Yom Kippour fut prise, cela provoqua de grands remous pour les responsables juifs du camp. C’était une occasion inespérée de faire valoir leurs droits. Les responsables étaient ‘hiloni, d’ailleurs le camp était majoritairement loin de la pratique. Cette rencontre était de toute première importance. Ils préparèrent l’évènement en construisant une grande estrade et placèrent des chaises pour les hauts dignitaires qui devaient accompagner Eisenhower dans son déplacement. Seulement les responsables avaient devant eux une réalité, c’est qu’il y avait une minorité de juifs orthodoxes dans le campement et à leur tête il y avait la figure emblématique du rabbi de Klozenbourg. Les responsables ne pouvaient pas faire l’impasse sur lui. Ils rencontrèrent le rav et lui dirent : « Rav Halberstam, le général américain doit venir à Kippour. Tu parles devant le général durant trois minutes. Tu lui donnes une bénédiction ou autre chose et après tu retournes à ta prière et à tes occupations ! » Ils voulaient utiliser le rav pour leurs causes.
Eliezer était assis avec les milliers d’anciens détenus. Lorsque Eisenhower est arrivé. Les responsables ont fait venir le rav pour qu’il fasse son discours. Le rav monta, pris un Talith fit la bénédiction d’usage et il s’emmitoufla et commença son élocution en Yiddish (il y avait à ses côtés un traducteur). Son discours dura 3 puis 4, 5…10 minutes les responsables n’en pouvaient plus et lui faisaient de grands signes afin qu’il arrête mais le rav continuait. Eisenhower était très impressionné par sa personnalité. Le rav commença en posant une question : « Qu’est-ce que le peuple juif ? » Alors, il raconta : cela commence avec la création du monde avec Adam Harichon, Noa’h et les saints Patriarches puis les tribus d’Israël et la descente en Égypte (ndlr : on voit que cette grande saga n’a pas commencé en 1948 comme certains veulent nous le faire avaler…), Moché Rabénou, la Sortie d’Egypte avec tous les prodiges puis la montée en Erets et la construction du Beth Hamidrach puis l’exil… Et dans toutes les générations malgré les pogroms et persécutions, le Clall Israël a fait grandir en son sein de grands Talmidé ‘Hakhamim qui sont le gage que la Tora continue en Israël. Ces paroles ont laissé une marque indélébile sur toute l’assemblée et aussi sur le général en chef. Tout semblait magnifique jusqu’à ce que le rav demande : qui est le responsable de toute cette Shoa ? En quelques années tout a été détruit, il ne reste plus qu’une personne ou deux sur toute une famille. Nous sommes tous blessés dans notre chair. Qui doit prendre les 100 pour cent de la responsabilité de ce qui s’est passé ? Toute l’assistance avait le souffle coupé par la question. Sans aucune crainte le rav fixa de son regard Eisenhower et dit : « C’est vous les américains qui êtes responsables ! Vous avez vu les convois juifs qui ont été envoyés à Auschwitz et la population juive qui a fini dans les fours crématoires depuis 1942. Vous étiez au courant en 1944 de la destination finale de 800 000 hommes femmes et enfants depuis la Hongrie vers Auschwitz alors que vous n’avez jamais envoyé aucun avion bombarder les lignes de chemins de fers ni même les crématoires d’Auschwitz. C’est vous qui avez la responsabilité de ce qui s’est passé ! » Eliézer dit je voyais alors tous les rescapés qui se dandiner sur leur chaise de peur de la réaction d’Eisenhower. Moi-même j’avais une certaine crainte.
A ce moment j’ai entendu l’incroyable. Le général dit en anglais ! »You’r right ! » Vous avez raison ! Nous sommes coupables ! Le public avait le souffle coupé de voir la réaction de l’homme le plus puissant sur la planète.
Le général a dit qu’il voulait expier le passé et demanda au rav ce qu’il voulait. Le rav ne lui demanda pas de château, ni de l’argent il dit uniquement je veux : un Ethrog, un Loulav la Hadassa et la ’Arava (nous étions quelques jours avant Souccoth). Le général fit dépêcher un avion de l’armée américaine depuis l’Italie pour ramener au rav ce dont il avait besoin. De plus, et c’est le plus incroyable, Eisenhower mettra à la disposition du rav une jeep de l’armée américaine et nommera le rav Lieutenant en chef de l’armée US avec la possibilité de se rendre dans tous les camps de réfugiés avec l’entière faculté d’organiser la cacherouth dans les camps et de plus, que l’armée lui octroie tous les fonds possibles pour mettre en place ce qu’il souhaite.
Le rav a fait revivre le judaïsme de ses cendres. Le rav ne dormait qu’une heure et demie par nuit et à 4 heures il partait dans sa jeep et sillonnait l’Allemagne afin de visiter tous les camps de réfugiés et il mit en place des cuisines cachères, des Yechivoth, des séminaires et des écoles. Il a marié des couples et a évité à des milliers de jeunes de tomber… Il a reconstruit le Clall Israël.
Fin de l’histoire véridique qui nous fait réfléchir sur deux choses : la force d’un homme Tsadik (pour le bien) et la méchanceté du monde… Un peu comme l’histoire de Noa’h et de l’humanité. A bien cogiter…
Chabbath Chalom et à la semaine prochaine, si D’ le veut !
David Gold
Tél. : 972 55 677 87 47
E-mail : dbgo36@gmail.com
Une refoua cheléma à Eli ben Zaïza parmi les malades du Clall Israel ainsi qu’à Tova Zoah bat Simha Malka.
Une berakha de réussite pour notre ami Alain Lisbonna dans ce qu’il entreprend et ses cours de Tora
Une berakha au Roch Collel émérite rav Asher Brakha-Bénédict Chlita et à la Rabanith
Une berakha de réussite à Eric Konqui et à la famille dans la Tora et les Mitsvoth
Chabbath Chalom et ‘Hatima Tova pour les Rabanim, Avrékhim, Ba’houré Yechiva, mes lecteurs et TOUT LE CLALL ISRAËL.
























