Autour de la table de Chabbath, 524 Bechala’h
Ces paroles de Tora sont pour la refoua cheléma de Alain-Ilan ben Sara parmi les malades du Clall Israël
Quelle différence y a-t-il entre les Egyptiens et les Bené Israël ?
On sait tous qu’après 3 jours d’avancée dans le désert par le peuple hébreu, les Egyptiens montèrent sur leurs chars de combats pour poursuivre les enfants d’Israël. Le verset dit : « Et voici les Egyptiens avançaient derrière eux etc. » (Chemoth 14,10). Rachi fait remarquer que la forme du verset est au singulier malgré le sujet qui est pluriel. Pour expliquer la contradiction, Rachi rapporte la Me’hilta (Midrach sur Chemoth) qui enseigne que les Egyptiens s’étaient réunis « d’un seul cœur et comme un seul homme ». Le rav Hutner (rav américain auteur du Pa’had Yits’hak) pose la question : pourquoi lorsqu’il s’agit des bené Israël qui arrivent au mont Sinaï, il est dit à leur sujet « Comme un seul homme, d’un seul cœur»? (Les lecteurs ont certainement remarqué que l’ordre est inversé chez les Egyptiens. Il est précisé d’abord d’un seul cœur puis d’un seul homme). Le rav Hutner explique qu’en fait il existe une différence fondamentale entre Israël et les Nations du monde. Chez les gentils il n’existe pas d’union véritable entre les hommes, ce n’est que lorsqu’il y a un but commun que les Nations s’associent entre elles. La racine de cette désunion provient du fait que chacun recherche ses propres intérêts et la satisfaction de ses appétits ! Tandis que chez nous, au départ le peuple est uni. C’est comme un seul corps, lorsque par exemple la main droite ‘veut’ quelque chose, la main gauche le veut aussi ! On peut le voir dans les versets de la descente des enfants de Ya’akov en Egypte, le verset dit 70 ‘néfech’ sont descendus en exil (pour les non-hébraïsant il faut savoir que le pluriel de Néfech c’est NéfachOTH !), ce singulier marque que l’âme des bené Israël est unifiée. Le contraire de chez ‘Essav où est dit Nefachoth lors de leur dénombrement. C’est justement cette différence qui est soulignée par le Midrach. Au sujet des Egyptiens il s’agit d’abord d’un même cœur qui réunit les hommes entre eux. C’est leur BUT poursuivi qui les rassemble et les assemble. Cette explication formidable nous aide à comprendre ce phénomène qui perdure dans nos contrées : combien de haines divisent nos voisins entre eux mais lorsqu’il s’agit d’aller contre Israël, il y a unanimité. Béni soit le Gardien d’Israël !
Est-ce que le Bita’hon (confiance en D’) est plus grand que la prière ou non? On sait qu’après trois jours d’avancée dans le désert les Egyptiens se sont mis à poursuivre les bené Israël jusqu’à la Mer de Joncs (aujourd’hui la Mer Rouge). La situation était perdue, voilà un peuple avec femmes et enfants devant la Mer et derrière eux la cavalerie égyptienne. A ce moment Moché Rabbénou a prié pour la délivrance et Hachem répond ‘Pourquoi pries-tu ? Dis aux Bené Israël d’avancer !’ (Chemoth). Le Or Ha’Haim pose LA question : pourquoi demander à Moché d’arrêter de prier alors que la situation est désespérée, si ce n’est pas LE moment de prier, alors quand doit-on le faire ?! Il répond à l’aide du Zohar Hakadoch qui dit qu’au moment de la traversée de la mer, les Bené Israël étaient en jugement dans les Cieux. Les anges du Service divin les accusaient de ne pas être beaucoup mieux que les Egyptiens : ceux-là s’adonnent au culte idolâtre et ceux-là aussi. Le Or Ha’Haim explique un grand principe : la Miséricorde de Hachem dans ce monde est liée à l’action des enfants d’Israël sur terre. Et comme ils étaient sous le coup d’accusations par la Mida du Din (la stricte justice d’en Haut), le Créateur Lui-même n’avait pas les possibilités de les sauver, bien qu’Il le souhaitait ! (Si le grand rav ‘Haïm Ben Attar ne l’avait pas dit, on ne serait pas permis de vous le dire). Donc lorsque Hachem dit ‘pourquoi pries-tu vers Moi?’ cela veut dire que la Délivrance ne viendra que par les actions des enfants d’Israël et cela ne dépend en rien du Créateur. C’est pourquoi Hachem demande à Moché de dire aux Bené IsraëI d’avancer dans la mer. Et justement par le mérite de la Messirouth Néfech (le sacrifice) que les Bené IsraëI vont faire en rentrant dans la mer, alors qu’elle est fermée devant eux, le fait qu’ils mettent leurs vies dans la Main bienveillante du Ribon Ha’olam à ce moment, alors Moché a la force d’ouvrir la mer devant tout le peuple ! Pélé plaot !(magnifique!).
Pourquoi la mer ne s’est pas fendue en une fois et aussi pourquoi la manne tombait tous les jours ? Le grand commentateur Rabbénou Be’haïe rapporte que la mer ne s’est pas fendue d’un seul coup devant les Bené Israël mais au fur à mesure qu’ils sont rentrés dans l’eau, elle s’est ouverte. Le rav compare ce miracle avec celui de la manne : le pain que les enfants d’Israël ont mangé pendant 40 ans dans le désert. On sait qu’après un mois à la sortie d’Egypte ils avaient fini leurs provisions et c’est à ce moment que Moché a fait descendre la manne jour après jour pendant toute leur pérégrination. Pourquoi Hachem n’a pas fait tomber ce pain du Ciel une fois par an ou une fois tous les 6 mois ? Ceci aurait réconforté les pères de familles en sachant de quoi ils vont se nourrir le lendemain ! Le Seforno répond que la forme de ces deux miracles (la manne et la mer) était similaire. Chaque pas dans la mer était une épreuve en soi, à savoir de placer sa confiance en Hachem Qui allait nous ouvrir la mer devant nos pieds. Et aussi pour la manne, chaque jour était une épreuve (ne pas avoir à manger pour le lendemain). C’était pour habituer les Benéi Israël à placer leur confiance en Hachem et leur apprendre à lever les yeux vers Hachem.
Le sippour
Cette semaine je vous propose un véritable sippour qui s’est déroulé il y a quelques temps au pays scruté par les Yeux de Hachem depuis le début de l’année jusqu’à sa fin.
Il s’agit d’une jeune adolescente -Mérav- qui habite Jérusalem avec ses parents. Semble-t-il qu’elle suivait un cursus dans une école religieuse-étatique (Mamlakhti-Dati). C’était une jeune fille avec de très bons résultats en classe et de plus elle était aimée de toutes.
Les années passèrent et une fois est incorporé dans sa classe une nouvelle recrue (Rosa) qui était aux antipodes d’elle. Rosa était intravertie, n’avait pas d’amies et pour la cerise sur le gâteau avait des résultats médiocres. Personne n’osait s’approcher d’elle car elle était toujours mal habillée, habits non-repassés et en plus il y avait une mauvaise odeur qui se dégageait d’elle ! Rosa était mise de côté. Il y avait qu’une seule qui cassait tous ces préjugés : Mérav. Cette dernière se rapprochait de Rosa, l’aidait dans ses devoirs et plus d’une fois l’invitait à sa maison pour l’aider à faire les devoirs. Entre les deux filles se tissait un lien d’amitié sincère. Mérav aimait la douceur de cette nouvelle amie et sa simplicité. Par contre, les copines de Mérav ne comprenaient pas pourquoi elle passait son temps avec cette fille si taciturne. Il y a même une d’entre elles qui fit son possible pour casser cette nouvelle amitié, mais rien n’y faisait, Mérav continuait à être l’amie (unique) de Rosa.
Avec les années le niveau général de Rosa augmenta sensiblement ainsi que son Bita’hon-‘atsmi (son estime personnelle). Au final Rosa réussit haut la main son baccalauréat et l’année suivante toutes les filles prirent des orientations différentes : Mérav et Rosa se perdirent de vue. Mérav entreprend des études dans l’ingénierie et se maria. Avec le temps elle mit au monde 5 filles et s’occupa (avec son mari) de leur éducation.
Cependant elle rêvait d’avoir un fils qui tardait à venir. Puis Baroukh Hachem (après de longues années) est né Yedidiah. Mérav était une mère comblée. Les enfants grandirent. Cependant un jour elle remarqua le teint livide de Yedidiah (qui était alors jeune garçon). Cela l’inquiéta, après quelques jours elle fit un examen approfondi à l’hôpital. La réponse des professeurs lui fendit le cœur : son fils-aimé souffrait d’insuffisance au niveau des reins. Il fallait absolument commencer un traitement. Du jour au lendemain le rythme de la maisonnée changea et tourna autour de Yedidiah, malade. Il fallait aussi l’accompagner 3 fois par semaine à l’hôpital pour lui faire la dialyse. La mère était chavirée de voir son jeune fils si frêle et si malade, que D’ nous en préserve. A chaque fois qu’ils revenaient de l’hôpital, Yedidia était exténué. Mais il n’y avait pas de choix.
Les mois passèrent, les douleurs continuaient, les parents espéraient faire une transplantation de reins. La famille (parents et sœur) fit des examens pour savoir si leurs reins étaient compatibles avec lui. Cependant le groupe sanguin de leur jeune frère n’était pas compatible avec celui de la famille. Toute la maison fit des prières auprès des Tsadikim et des endroits saints (Méron/le Kotel/Tibériade) et aussi mis en place la lecture des Tehilimsdurant Chabbath pour la guérison de Yedidia. Au bout de 7 mois l’hôpital les informa qu’il y avait un donateur qui s’était signalé… Une date d’opération était fixée mais finalement elle sera annulée pour cause médicale (lié avec le donneur). La famille était bouleversée, ce n’est que Yedidia qui renforçait ses parents en leur disant que tout ce que fait Hachem fait, c’est pour notre bien et c’est Hachem qui a voulu que ce rein n’arrive pas ! (Pour mes lecteurs, voir le nouveau bestseller qui va bientôt sortir « les étincelles de la vie » où il y a un sippour similaire avec le rav Karlinstein Zatsal).
Apres une courte période de quelques semaines, cette fois on prévient la famille éprouvée qu’il y a un donateur qui est prêt à offrir son rein. La date fut prise, pour une raison ou une autre le jour dit sera repoussé mais au final elle a eu lieu et Baroukh Hachem elle réussit ! Le jeune Yedidia passa une période de convalescence puis la famille retrouva un fils qui se portait bien. La joie était à son comble seulement il fallait que Yedidia rattrape le retard scolaire de toute l’année passée, pour cela les parents lui mirent un instituteur à son service. Après plusieurs mois Yedidia avait rattrapé son retard et avec le temps la famille oublia toute cette période épuisante.
Jusqu’au jour où le téléphone sonna, au bout du fil c’était une secrétaire médicale qui proposait à Mérav de rencontrer le donateur du rein. Mérav accepta volontiers et quelques temps après toute la famille pris un mini bus en direction d’Ashdod. Pour l’occasion toute la famille c’était endimanchée (‘haguigui), de plus un énorme gâteau a été préparé et aussi des ballons gonflables de toute les couleurs ont été préparés, de plus les enfants ont enregistré un chant de remerciement. Le véhicule prit son temps pour arriver jusqu’à Ashdod et la famille arriva devint une très belle villa dans un des plus beaux quartiers de la ville portuaire. Ils sonnèrent à la porte et de suite un grand jeune homme leur ouvrit la porte. Il se nommait No’am et faisait un cursus dans le juridique. Il leur dit que c’était lui le donateur et après tous les remerciements il leur raconta son histoire : « L’année dernière, j’étais en extrême Orient et j’ai vécu un accident mortel qui aurait dû très mal finir. Seulement après que je sois sauvé in extrémis, j’ai choisis de faire le don d’un de mes organes (formidable réflexion pour un jeune partit en balade au bout du monde…) ». Toute la famille de Jérusalem le remerciait du fond du cœur. Entre temps No’am demanda s’ils voulaient entrer dans le salon et rencontrer ses parents. Nous acceptâmes, No’am nous amena dans un salon très spacieux qui était entouré d’un beau jardin. Après quelques instants arriva la maitresse de maison qui nous salua, nous avons commencé une discussion. Tout au long de cet échange, je ressentais que cette personne ne m’était pas inconnue… Puis soudain je lui dis ‘ »N’es-tu pas Rosa ? » Elle répondit par l’affirmative je lui dis que je suis Mérav et que nous étions ensemble au lycée (cela remontait à près de 25 ans). Rosa a eu du mal à continuer à parler tant l’émotion était grande tandis que j’avais des larmes aux yeux. Rosa éclata en sanglots et m’étreignit, nous sommes restés de longues minutes à pleurer l’une dans les bras de l’autre. C’était une rencontre qui m’a émue comme jamais de ma vie. Je lui ai dit combien j’étais reconnaissante pour ce qu’elle avait fait pour mon fils. Rosa me dit : « Tu sais Mérav, tout ce que j’ai aujourd’hui je te le dois. Dans ma prime jeunesse j’ai vécu dans une maison où mes parents étaient inexistants, ma mère était internée dans un hôpital psychiatrique (lo ‘alénou) tandis que mon père travaillait toute la journée et le soir il venait à la maison pour boire et oublier toutes ses misères. Et moi je grandissais dans un univers ou personne n’était à mes côtés. Je m’habillais seule avec ce que je pouvais trouver. Plus d’une fois je dormais la nuit sans avoir rien mis à la bouche (il n’y avait rien au réfrigérateur). Dans ma jeunesse il n’y a pas une fois où ma mère est venue me cajoler ni me parler. Personne ne s’intéressait à mon sort de plus je n’avais aucune copine. Le soir, après les cours j’ai dû faire des petits travaux pour m’assurer de la nourriture. Je n’ai pas une seule fois reçu de mon entourage des mots doux affectueux. J’étais une fille invisible à la maison. Dans mon for inferieur, j’étais désespérée et vouée à l’échec. Je n’avais envie de rien. Puis tu es arrivée dans ma vie avec tes mots gentils, tu m’as remonté le moral avec ta patience et ton aide afin que je remonte la pente. Tu étais l’amie qui me faisait si cruellement défaut. Grace à toi, je réussis le bac et après, j’ai décroché d’autres diplômes. J’ai fondé une famille comme une personne confiante en elle ce qui n’était pas le cas avant que je te connaisse. C’est toi qui m’as construite et qui m’as insufflée la vie.
Sache que tout ce que tu vois aujourd’hui : la belle villa (bien entretenue), les enfants et No’am, c’est uniquement par ton mérite. Jamais je n’oublierais le ‘hessed que tu m’as fait.
J’étais abasourdie devant les paroles de Rosa je ne savais pas combien mon ‘hessed l’avait aidée. C’est vrai que je lui avais donné mon affection mais finalement c’est elle (son fils) qui a apporté la vie à mon fils !
Fin de l’histoire véridique qui nous apprend long sur le ‘hessed. C’est un trait de caractère qui ne coûte pas (d’argent) mais qui fait beaucoup plus encore. Soutenir nos proches et nos amis, tendre une oreille à leur écoute, procure du réconfort et au final donne des forces pour affronter les différentes épreuves de la vie.
Chabbath Chalom et à la semaine prochaine, si D’ le veut.
David Gold
Tél : 00 972 55 677 87 47
E-mail dbgo36@gmail.com
Une berakha à mon Roch Collel le rav Elyahou Ulman chlita pour le développement de la Tora en Erets Israël (Elad).
Une berakha au rav David-Mordekhaï Azoulay chelita et à son épouse (Jérusalem-Baït Végan) à l’occasion des fiançailles de leur fille, Mazal tov !
Pour ceux/celles qui veulent faire une dédicace dans un super livre « les étincelles de la vie » qui va bientôt sortir en Erets et en France et qui regroupe 54 histoires véridiques (près de 150 pages) de votre feuillet préféré, veuillez prendre contact à l’adresse mail de l’envoi ou au 0556778747
Une berakha d’encouragement à Olivier Kovarski dans la Tora et les Mitsvoth ainsi qu’à la famille.



























