La guerre avec l’Iran a paralysé une industrie illégale massive au Pakistan, et le pays tout entier se trouve au bord d’une crise énergétique et économique : « On comprend mieux pourquoi ils craignent l’arrivée d’un gouvernement nationaliste à Téhéran. »
Maariv
Une dépendance vitale aux hydrocarbures iraniens
Orit Perlov, chercheuse à l’Institut d’études sur la sécurité nationale (INSS), met en lumière un aspect méconnu du conflit actuel : l’inquiétude profonde du Pakistan face à une éventuelle chute de la République islamique.
Selon ses analyses, le Pakistan dépend de manière critique de la contrebande de carburant iranien, financée par les subventions de l’État iranien au profit de son propre peuple.
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Les chiffres clés : Environ 20 millions de litres de carburant sont passés en contrebande chaque jour vers le Pakistan.
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Comparaison : La consommation quotidienne totale de diesel au Pakistan est d’environ 28 millions de litres.
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Enjeu : Un gouvernement nationaliste en Iran mettrait fin à ces subventions et fermerait les vannes, ce qui paralyserait l’économie pakistanaise.
Le Baloutchistan : une économie de frontière en péril
La région du Baloutchistan (sud-ouest du Pakistan), frontalière avec l’Iran, est la première victime de cette situation. Depuis des années, la contrebande de carburant y est la seule source de subsistance.
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Les routes de l’or noir : Le carburant arrive par camions-citernes via les pistes terrestres, mais aussi par voie maritime.
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L’impact de la guerre : Depuis le début des hostilités en Iran, les contrôles de sécurité aux frontières ont été considérablement renforcés. Le flux de contrebande est tombé à seulement 5 ou 6 millions de litres par jour, privant des milliers de familles de leur unique revenu.
Rupture des échanges légaux et crise de l’énergie
Le conflit ne frappe pas seulement le marché noir, mais aussi le commerce officiel que les deux pays tentaient de porter à 10 milliards de dollars par an.
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Commerce bilatéral : Le Pakistan exporte pour 800 millions de dollars vers l’Iran, mais en importe pour 3,5 milliards, principalement de l’énergie.
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Le gaz (GPL) : Le Pakistan est extrêmement dépendant du gaz de pétrole liquéfié iranien pour répondre à sa demande intérieure. En 2024, ces importations s’élevaient à 687 millions de dollars.
Conclusion
Pour Islamabad, la survie du régime actuel à Téhéran est une question de sécurité nationale interne. Une transition politique en Iran ou une prolongation de la guerre menace non seulement de provoquer un black-out énergétique au Pakistan, mais aussi une déstabilisation sociale majeure dans ses provinces frontalières déjà fragiles.



























