Président d’Israël ou Président du Parti travailliste ?

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Jean-Pierre Lledo, cinéaste

En exprimant son inquiétude face à la dégradation de la situation, en attirant l’attention sur la dangerosité de cette crise pour la sécurité de notre pays, en appelant au dialogue voire au compromis, en restant au-dessus de la mêlée, en ne prenant pas partie tout en disant la nécessité de la Réforme judiciaire, le Président d’Israël remplissait son rôle de président.

En affirmant, comme il l’a fait hier, que : « La réforme telle qu’elle est présentée aujourd’hui au sein de la commission des lois de la Knesset doit être abandonnée. Elle est erronée et sape les fondements de notre démocratie », Herzog a outrepassé son pouvoir, il est redevenu le chef de parti qu’il a été, un parti qui, s’il y avait des élections aujourd’hui, n’aurait même pas assez de voix pour arriver à la Knesset.

Pour rester dans son rôle de Président d’Israël, Herzog avait pourtant de la matière : appeler les contestataires à cesser leurs méthodes terroristes, dire la gravité de leur tentative d’attenter à l’unité de Tsahal et de s’attaquer à la police, condamner les appels à l’exportation des capitaux, et à l’ingérence étrangère, alors que les menaces extérieures et intérieures sont plus que jamais là (et c’est un attentat en plein cœur de Tel Aviv commis le même jour de la prise de position du Président Herzog)….

Et plus que tout, un Président d’Israël se devait de dire fermement aux contestataires qu’en démocratie il n’y a qu’un seul endroit pour traiter des différents : le parlement !

Et que toute autre voie, celle choisie par les chefs d’une opposition très minoritaire, conduisait à le délégitimer, autrement dit relevait de la logique du Coup d’Etat.

Mais cela Herzog ne l’a pas dit.

Je n’ose poser la question, mais pourtant il le faut : participerait-il de cette logique ?

J’espère que non, et j’attends qu’il appelle à la raison les leaders de la contestation, et rassure les deux millions et demi d’Israéliens qui veillent et veilleront à ce que la première institution démocratique de leur pays, la Knesset, soit pleinement respectée.

A commencer par le Président d’Israël.

Je m’incline devant toutes les victimes du terrorisme falestinien, notamment de ce dernier mois.

Je m’associe à toutes les prières pour que les deux blessés récents conservent la vie.

Jean-Pierre Lledo, cinéaste

Tel Aviv, vendredi 10 mars 2023, 11 h 30

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