Pression économique et crainte de l’escalade : pourquoi Trump a-t-il stoppé la campagne contre l’Iran — et quel en est le prix pour Israël ?

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Le protocole d’accord signé entre les États-Unis et l’Iran marque un cessez-le-feu temporaire et ouvre une fenêtre de 60 jours pour des négociations. Derrière ce mouvement se cachent des considérations économiques, politiques et militaires — mais en Israël, on craint que le prix à payer se fasse surtout ressentir sur le front libanais. | Analyse

JDN – Israël Zeev Lowenthal

La signature du protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran a été accueillie en Israël avec des sentiments mitigés. Si Jérusalem s’est abstenue de toute confrontation publique avec le président Donald Trump et son vice-président J.D. Vance, des sources au sein du système politique et de l’entourage du Premier ministre ont exprimé des critiques sur la nature même des compromis trouvés avec Téhéran et sur leurs répercussions régionales.

Même après la signature, les relations entre Washington et Téhéran restent extrêmement tendues. Durant le cycle de discussions qui s’est tenu en Suisse, les membres de la délégation iranienne ont veillé à afficher une distance stricte vis-à-vis des Américains, évitant les poignées de main et rejetant publiquement certaines déclarations de Washington peu après la fin des débats.

Au cours des pourparlers, Trump a menacé que si l’Iran ne respectait pas ses engagements, les États-Unis reviendraient à l’option militaire et frapperaient l’Iran avec une force considérable. En réponse, les Iraniens ont rappelé que le protocole d’accord inclut un engagement mutuel à s’abstenir de tout recours à la force ou de menaces militaires, et ont même brièvement quitté la salle des négociations.

Un fossé entre les déclarations et la réalité

À son retour aux États-Unis, Vance a présenté les discussions comme un succès, affirmant que l’Iran avait accepté de permettre le retour des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dans ses installations nucléaires. Parallèlement, Washington a annoncé la réouverture du détroit d’Ormuz à la navigation et un allègement temporaire d’une partie des sanctions pétrolières pour une durée de 60 jours.

Pourtant, en l’espace de quelques heures, Téhéran a démenti une grande partie de ces affirmations. L’Iran a précisé qu’aucun accord n’avait été trouvé concernant le nucléaire ou les missiles balistiques, et que les inspecteurs de l’AIEA n’avaient pas reçu l’autorisation de revenir dans le pays. De même, l’affirmation selon laquelle les fonds dégelés serviraient uniquement à acheter des produits américains a été rejetée par les hauts responsables du régime.

De plus, la réouverture du détroit d’Ormuz n’a été que partielle. Bien que le trafic maritime ait repris, plusieurs voies de navigation majeures restent bloquées, et le volume du trafic est loin d’avoir retrouvé son niveau d’avant les combats.

Pourquoi Trump s’est-il arrêté ?

Malgré les critiques, il faut garder à l’esprit qu’à ce stade, aucun accord permanent n’a été signé. Il s’agit uniquement d’un protocole d’accord qui accorde aux parties environ 60 jours pour mener des négociations sur les questions de fond.

Derrière la décision de Trump de stopper l’escalade se trouvent, selon toute vraisemblance, trois considérations majeures : la hausse brutale des prix du pétrole consécutive au blocage du détroit d’Ormuz, la volonté d’éviter un coût politique à l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis, et la nécessité de permettre aux industries de défense américaines de reconstituer leurs stocks de munitions après des mois de combats intenses.

Pendant l’affrontement, des centaines de pétroliers se sont retrouvés bloqués dans le détroit d’Ormuz, provoquant une flambée des prix mondiaux de l’énergie. Aujourd’hui, avec la reprise partielle de la navigation dans la zone, les cours ont commencé à baisser.

L’impact sur Israël

À Jérusalem, on surveille principalement les répercussions de ces compromis sur le théâtre libanais. Dans le cadre des tractations, l’Iran a insisté sur l’arrêt des combats contre le Hezbollah, et Israël estime que la pression américaine a contribué à la suspension des attaques proactives au Liban.

Cette nouvelle donne a figé Tsahal au beau milieu d’opérations offensives menées en profondeur sur le territoire libanais, notamment l’encerclement de complexes souterrains stratégiques du Hezbollah sur la crête d’Ali al-Taher. Tsahal estime qu’il s’agit de l’un des principaux réseaux de tunnels construits par l’organisation au fil des ans avec l’aide de l’Iran.

Parallèlement, Tsahal a annoncé qu’il continuerait à tenir la « zone de sécurité » dans le Sud-Liban, qui englobe entre autres la crête du Beaufort, la crête d’Ali al-Taher, Kfar Tebnit et les zones s’étendant jusqu’au oued Salouqi, afin d’empêcher le Hezbollah de reconstruire ses infrastructures.

Cette semaine, l’armée a d’ailleurs mis au jour un vaste complexe souterrain dans le village de Majdal Zoun, à environ 10 kilomètres à l’intérieur du Liban, où ont été découverts des puits de lancement, des entrepôts d’armes et des infrastructures terroristes. Au cours de cette opération, plus de 20 terroristes du Hezbollah ont été éliminés.

Le chef d’état-major, le général Eyal Zamir, a déclaré cette semaine que le Hezbollah se trouvait dans une « détresse très profonde », soulignant qu’Israël ne permettrait pas à l’organisation de restaurer ses capacités militaires.

La pression se poursuit également dans la bande de Gaza

En marge des événements au Liban, Tsahal et le Shin Bet continuent de maintenir la pression dans la bande de Gaza. Ces derniers jours, plusieurs terroristes impliqués dans les massacres du 7 octobre, dans la détention d’otages et dans le transfert de centaines de millions de shekels destinés à financer les activités du Hamas ont été éliminés.

Au sein de l’appareil sécuritaire, on insiste sur le fait que malgré les tractations diplomatiques et le cessez-le-feu au Liban, les opérations contre le Hamas dans la bande de Gaza se poursuivent à pleine puissance, dans le but de détruire les capacités militaires et économiques de l’organisation.

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