Qu’est-ce que vous ressentez d’être fils de Hachem ?

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AUTOUR DE LA TABLE DE CHABBAT n° 539 Chavou’oth

Qu’est-ce que vous ressentez d’être fils de Hachem ?

Cette semaine (vendredi prochain) nous avons la chance de fêter Chavou’oth. Cela fait sept semaines que nous sommes sortis d’Egypte (depuis Pessa’h) et au bout de 49 jours de décompte (du ‘Omer) nous arrivons au jour tant espéré du Don de la Tora.

Nous le savons, il s’agit d’un événement universel puisque c’est la première et unique fois que le D’ de l’univers Se dévoile à un peuple entier. Et il n’y a aucun doute sur le sujet puisque c’est écrit noir sur blanc dans les Sifré Tora que la communauté véhicule avec elle depuis 3 millénaires : le peuple a vu le dévoilement Divin au Mont Sinaï. Or si c’était un fakenews Hafoukh Ba, il n’y aurait aucune raison que la première génération, qui a écrit ce texte, ait pu transmettre à ses enfants puis à leurs petits-enfants des passages qui ne tiennent pas debout et en plus enjoint tout ce beau monde à faire toute sortes de cérémonies (depuis la naissance jusqu’au dernier jour avec la Mila, la Bar Mitsva en passant par le Chabbath, les prières, les Tefillinnes, etc. etc.) qui seraient le fruit d’une pure invention. Il est impossible qu’une génération entière ait pu soutenir pour vrai, des événements qui n’ont jamais existé et les faire passer aux plus jeunes (et si mes fins lecteurs rétorquent qu’il a toujours existé des « illuminés » qui ont prétendu avoir entendu des voix célestes (alors qu’ils ne portaient pas de vieux appareils auditifs qui commençaient à se détériorer) et grâce à leur verve (mieux encore que celle de votre Super Table du Chabbath ont réussi à monter des écoles de pensées et à faire boule de neige (car il existe sur terre de nombreuses personnes qui ont besoin d’adhérer à une idéologie qui leur apporte un peu de réconfort et d’espoir dans la vie des fois bien noire). Mais il existe une différence fondamentale avec toutes ces autres religions, c’est que dans le judaïsme le passage du Don de la Tora s’est fait devant un peuple entier (formé de 600 000 hommes dans la tranche d’âge 20/60 ans sans compter les jeunes, les anciens et les femmes). Au total cela devait avoisiner les 3 millions de personnes qui ont entendu Hachem leur parler au pied du Sinaï. Donc il n’y a pas photo !

Lors de ce grand événement (rapporté dans la Paracha Yitro), Hachem nous a donné des enseignements très clairs qui viennent orienter notre vie comme : « Je suis ton D./Tu ne feras pas de culte idolâtre/Tu te souviendras du Chabbath/Tu respecteras tes parents, etc. »

Ce sont dix commandements fondamentaux qui vont aussi inspirer les codes civils des différents peuples. Car l’interdit du vol, de l’adultère et du crime est partagé par la majorité de l’humanité et elle a pour source le Mont Sinaï. Et depuis lors, le Clall Israël devient le peuple de Hachem : il est sensé éclairer le monde par son éthique et sa morale.

Pour preuve il y a quelques années un grand rav d’Israël, le rav Eliezer Ben David zatsal, s’était rendu en Amérique latine pour les besoins de ses institutions. Alors qu’il était dans un aéroport, lors d’une escale, il vit un peu plus loin un couple d’autochtones qui le dévisageait de haut en bas pendant de nombreuses minutes. Le rav était gêné et fini par se déplacer vers eux en leur demandant en toute politesse s’il avait quelque chose à se reprocher. Le couple répondit : nous sommes très férus de la Bible (papier or, édition Vatican-Pape Pie III…) et on parle tout le temps du peuple juif, le peuple de Hachem. Or c’est la première fois que nous avons la chance de voir un fils de D’ devant-nous (sic) ! Est-ce que le rav peut nous dire ce qu’il ressent d’être le fils de Hachem ?« 

Fin de la courte anecdote (il n’est pas dit ce qu’il a répondu). Nous voyons de cela l’incidence du Don de la Tora jusqu’à ce jour. Car en acceptant la Tora nous sommes devenus un peuple de prêtre (Cohanim), un peuple saint qui sert le D’ de l’univers. C’est donc ce peuple du Livre qui véhicule dorénavant la spiritualité de l’humanité et c’est lui le phare de la morale des nations.

Ces mots sont aussi sont à double tranchant. Pour les uns notre peuple inspire une grande crainte révérencielle (à l’image du président d’Argentine on dira même de Donald Trump) et pour d’autres, semble-t-il beaucoup plus nombreux (car vous le savez, les enfers sont beaucoup plus grands que le Gan Eden) cela suscite de la haine et de la jalousie.

Et je ne manquerai pas de vous faire partager mon étonnement et aussi mon écœurement d’une photo qui a été diffusée tout dernièrement (on remerciera le rav Kahn chlita de sa grande œuvre Kountrass pour son travail d’information juive) de la ville de Besançon (France profonde : qui voudra désormais passer des vacances du côté de Besançon ?). On peut voir dans une station-service sur une des pompes un grand autocollant sur lequel est écrit : « Bravo Israël pour l’augmentation de l’essence » et à coté on voit, en grand, le dessin noir sur blanc d’un juif avec kippa et barbe noire avec un GROS NEZ en chemise blanche ! C’est un dessin propre à l’Allemagne nazie des années 30 et cela fait franchement froid dans le dos. Cela signifie :

1°- que Israël (l’Etat hébreu) n’a pas le droit de se défendre, c’est imputé comme fautif, donc il doit mourir…

2°- Si cet esprit malfaisant avait placardé l’image de Bibi (sans kippa) dans la station… à la rigueur on aurait pu comprendre (si ce n’est l’aberration du premier point). Seulement mettre un barbu religieux avec le gros nez (alors que votre feuillet se fait une joie de défendre l’honneur et la cause des orthodoxes d’Erets et de par le monde) c’est franchement abject. Cela montre que la dispute contre l’Etat hébreu n’est pas du domaine politique mais il s’agit uniquement de la haine du peuple juif. Et à un niveau beaucoup plus profond c’est le résultat par ricochet du Don de la Tora. Le peuple juif a accepté son rôle d’émissaire de Hachem dans ce bas-monde tandis que les peuples ont refusé.

En conséquence ils développent une grande haine. Cela ressemble à une classe de 30 turbulents élèves qui n’ont pour seule envie de ne pas suivre les cours. Seulement dans toute cette cohue se distingue le seul élément valable de la classe : un jeune qui suit les cours des profs avec assiduité et régularité et reçoit les meilleures notes de toute la promo. D’après vous, est-ce que les recalés de la classe apprécieront à sa juste valeur le premier de la classe ou le détesteront au maximum ?

Mais revenons à nos moutons. Lorsque Hachem a proposé ces commandements nous avons répondu : « Na’assé venichma’« /Nous ferons et nous entendrons (Paracha Michpatim 24.7).

Les Sages (Guemara Chabbath 88a) enseignent que grâce à cela, une myriade d’anges sont descendus dans le campement et ont posé à chacun d’entre nous deux couronnes : l’une pour le Na’assé et la seconde pour le Nichma. De plus une voix céleste s’est fait entendre : « Qui a dévoilé à mes enfants ce secret propre aux Anges de mon service ?« . Votre feuillet demande : quelle est la grandeur d’avoir dit : « Nous ferons et nous apprendrons » ?

Lorsque nous avons dit Na’assé (appliquer) avant le Nichma’ (nous comprendrons) le Clall Israël a mis de côté son intellect et a accepté les lois du Sinaï sans condition préalable. En cela la communauté ressemblait aux Anges du Service qui exécutent leur mission sans aucun doute et dans la plus grande rapidité. Donc au Haar Sinaï le Clall Israël s’est annulé devant la grandeur et la gloire du Créateur. Dans un second temps nous avons dit « Nichma' » c’est-à-dire qu’après avoir accepté l’intégralité de la Tora nous avons dit : « Nous allons étudier ce contrat avec la plus grande attention. » De plus, le rav Guédalia Chorr zatsal (Maamar Chavou’oth) faisait remarquer que la valeur du Nichma’ (l’étude) est indépendante de la pratique. Le Na’assé puis le Nichma’ montrent que l’étude de la Tora a son importance même si elle n’amène pas forcément la pratique. Par exemple dans les Collelim en Erets et dans le monde, beaucoup des sujets étudiés n’ont aucune incidence sur la vie pratique comme les sacrifices,  les lois du lévirat (Yiboum), les lois de pureté, etc. C’est le propre du Nichma’ : l’apprentissage pour apprendre la Tora et faire plaisir à Hachem.

Le Nétivot Chalom (Paracha Michpatim à partir du Méor ‘Einaïm) expliquait d’une manière différente ce Na’assé venichma’. La vie de l’homme est faite de haut et de bas, il y a des semaines où nous avons beaucoup de réussites et parfois c’est le contraire. Obligatoirement notre service s’en trouve affecté car lorsque le cœur est pris par les soucis alors la tête et les sentiments se trouvent bouchés. Le Na’assé venichma’ vient nous apprendre que dans toutes les conditions un homme doit rester attaché à Hachem. « Na’assé » est un niveau plus bas (puisque c’est uniquement dans l »action) et il y a quelque fois où l’homme est dans le Nichma’ (la compréhension). Le Clall Israël a voulu dire que dans toutes les conditions de la vie nous serons fidèles à Toi (Hachem), même si nous ne sommes pas très élevés, nous restons proches de Toi au même titre que lorsque nous avons des grandes élévations d’âme (le Nichma’) nous restons collés à Toi.

C’est la grandeur du Clall Israël, savoir que dans toutes les conditions de la vie nous restons attaché au Ribono chel ‘Olam.

Coin Halakha : cette semaine tombe Chavou’oth le jeudi soir. Or, il est interdit de préparer des plats (faire des cuissons) depuis le Yom Tov (vendredi) pour les besoins du Chabbath.

Les Sages ont institué la Mitsva du « ‘Erouv Tavchilin » qui permettra de préparer les plats du Chabbath depuis la veille (vendredi) bien que cela soit un jour de Yom Tov. Pour cela, on devra préparer deux mets (un morceau de pain et un plat cuit comme du poisson, des œufs) la veille de la fête, soit le jeudi (avant fête). Et on considérera qu’on a commencé les préparatifs du Chabbat depuis ce jeudi et le vendredi, qui est Yom Tov, on pourra continuer à cuire les plats de Chabbath (il sera préférable de cuire les plats du Shabbat en début d’après-midi du vendredi et ne pas attendre la fin de la journée avant le coucher du soleil).

En effet, grâce à notre « ‘Erouv Tavchilin » on pourra finir de préparer tous les plats du Chabbath (le vendredi). On placera nos deux mets dans une assiette (le jeudi) et on fera la bénédiction d’usage : « Barouh Ata… acher kidechanou… ‘al Mitsvath ‘Erouv ». On dira : « Grâce à ce ‘érouv, il sera permis d’enfourner, de cuire, de faire hatmana (couvrir les plats sur le feu) et d’allumer les bougies (à partir d’une flamme allumée) et de faire tous les besoins depuis ce Yom Tov pour le Chabbath ». On conservera le érouv jusqu’au Chabbath (Or Ha’haim siman 527).

‘Hag qaméa’h et Chabbath Chalom, et qu’on puisse recevoir la Tora avec joie dans nos familles

A la semaine prochaine, si D’ le veut.

David Gold

Tél / 00972 55 677 87 47

E-mail : dbgo36@gmail.com

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