Qui veut le beau cadeau ?

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Autour de la table de Chabbat, n° 440 Bamidbar- Chavou’oth

Ces paroles seront étudiées Le-ilouï Nechama d’un grand de la Tora, rabbi vemori, rav Mordekhaï ben Ouriah (Broïde) זצקל Que son souvenir soit source d’une grande bénédiction pour toute sa famille, ses élèves et le Clall Israël

La fête de Chavou’oth tombera la semaine prochaine soit mardi soir prochain (11 Juin) et sera précédée par la lecture (Chabbath) du début du 4ème Livre de la Tora, « Bamidbar » (le désert) et ce n’est pas un hasard. C’est une allusion au fait que la Tora est proposée à tous (elle n’est pas l’apanage de certains) à l’image du désert qui n’a pas de propriétaire. En effet, alors que nous avons marché pendant 49 jours (au-delà de la frontière égyptienne) nous avons eu l’extrême privilège de recevoir de la Main du Tout-Puissant la sainte Tora.

Je dis « cadeau exceptionnel » car elle révolutionnera la vie du peuple et donnera un sens à toute la création. Car une question doit normalement perturber tout homme qui se respecte : à savoir pourquoi sommes-nous venu sur terre ? Les libéraux (semble-t-il en voie de disparition) diront que c’est pour que l’homme s’épanouisse au maximum, qu’il profite de la vie sous tous ses angles. Les plus raffinés diront que ce bipède (l’homme) doté d’une bonne intelligence et en plus de sentiments est venu pour développer son sens culturel, les arts et la musique…

Toutes ces réponses sont intéressantes, soit, mais elles ne répondent pas à de grandes énigmes qui existent depuis l’aube des temps, entre autre, à savoir pourquoi y a-t-il autant de souffrances, d’iniquités en un mot, le mal sur terre ?

Lorsque Hachem a donné la Tora à Son peuple, Il a offert, gratuitement, une clef de lecture aux événements du monde. Comme par exemple, c’est la paracha de la semaine dernière qui l’enseigne, les problèmes de sécurité proviennent d’un manque d’étude de la Tora. Les grandes souffrances découlent d’un mauvais comportement des hommes, en particulier les interdits concernant les mœurs (incestes et les « zomos ».), le respect de la vie et de la possession d’autrui.

A l’exemple de ce prosélyte qui est venu voir un grand d’Israël, le rav Hillel hazaken en lui demandant de le convertir alors qu’il se tient sur un pied (c’est-à-dire de la manière la plus express possible). Le rav lui dit un grand principe : « Ce que tu ne veux pas que l’on te fasse, ne le fait pas à autrui ! Tout le reste est l’explication de ce principe. Va et étudie (le Talmud, Midrach etc… Chabbat 31.) » !

Seulement la Tora n’est pas seulement un livre formidable qui nous donne des réponses à de nombreuses interrogations fondamentales, c’est aussi une connaissance qui va nous affiner et nous élever. En cela on deviendra plus saint et on se rapprochera de notre Créateur. A l’exemple de rav Yossef (grand rav du temps du Talmud il y a 1800 ans). Il avait l’habitude de dire (Pesa’him 68 🙂 le jour de Chavou’oth à sa maisonnée, de préparer une génisse (un plat succulent) et répétait que sans la Tora (qu’il avait apprise avec beaucoup d’abnégation), il ressemblerait alors à tous les « Yossefs » de la terre (ndlr : d’ailleurs ce prénom et le plus usité dans le monde avec tous ses dérivés : Youssef, Joseph etc.). C’est-à-dire que rav Yossef était conscient que toute la Tora qu’il a apprise l’a fait grandir au-delà du commun des mortels. Ce même phénomène, nous pouvons le voir clairement avec le déferlement de haine et de cruauté véhiculés par tous ces mouvements soi-disant démocrates et soucieux de la paix des peuples…

Un autre exemple édifiant est ces personnes mortes dans un crash d’hélicoptère, alors qu’il était le symbole d’un croyant et qu’il a amené dans le même temps à la potence des milliers de ses concitoyens sous des prétextes religieux… Or, je n’ai jamais entendu une seule fois dans un seul discours de mes Rabanim (et Baroukh Hachem j’ai entendu de très nombreux discours depuis les bancs des Yechivoth et les Collelim en Terre sainte et pas une seule fois je n’ai entendu, Lehavdil élef havdaloth, ces éminentes personnalités faire un seul appel au meurtre contre les infidèles, ni contre aucune nation sur terre.) C’est donc une autre preuve que notre communauté se distingue d’entre toutes car elle a reçu le message du Sinaï : droiture et équité.

Plus encore, dans la Tefila (prière du matin), on dit : « Tu nous a donné la Tora de vérité, et Tu as ensemencé en nous la vie éternelle… ». C’est-à-dire que grâce à ce don, on héritera du monde à venir. Forcement toutes les vicissitudes de la vie n’auront plus beaucoup d’importances en comparaison de la récompense éternelle. Notre vie qui a pu être remplie, à D’ ne plaise, d’une multitude de rancunes, difficultés etc… Il nous apparaîtra, après nos 120 ans, rétroactivement comme ces petits garçons de 5/6 ans qui jouent sur la plage en bordure de mer à faire des châteaux de sables alors qu’une tierce connaissance (âgé de 7 ans) prend une pelle en plastique pour détruire l’œuvre de ses copains (par convoitise). Beaucoup de pleurs et de cris résulteront de l’action de l’intrus. C’est juste que pour l’enfant de 6 ans, c’est son monde qui s’écroule mais en grandissant il comprendra l’insignifiance de la petite bataille.

Pareillement après nos 120 ans, on verra la vie sous un angle totalement différent … Et alors, bonjour les dégâts et les véritables regrets (de ne pas avoir fait plus)…

Lors de la fête de Chavou’oth, le Clall Israël a l’habitude de lire la Meguila de Ruth. Comme vous le savez, cette jeune dame est la fille d’un monarque de la région (Moav) et a fait le choix de sa vie : quitter la vie de palais dans laquelle elle a grandi pour accepter le joug de la Tora. Sa démarche est remarquable, mais qu’est-ce qui l’a poussée à tout « lâcher » ? Je pense qu’elle a vu la grande nullité de cette vie d’apparat (à l’exemple du château de sable et de ces trois jeunes enfants)…

Cependant pour adhérer à sa nouvelle vie, cette veuve, sans le sou en poche, doit glaner les épis de Péa (Tsedaka) dans les plaines de Bethléem. Cela montre autre chose encore, la pratique de la Tora n’est pas seulement un mode de vie (social), mais cela touche à l’âme. A l’image des paroles du saint Or Ha’haïm (dans Behoukotaï) rapportées la semaine dernière. Il écrit que l’application de la Tora a une douceur et une saveur inégalée au monde. Et qu’au travers d’une seule Mitsva un homme/femme peut arriver à une si grande proximité avec Hachem, que toutes les futilités de ce monde n’auront plus aucune importance. C’était le moteur de la Guérout (conversion) de Ruth.

Le sipour

 L’histoire se passe en Pologne au milieu du 18ème siècle.

Ce cas de conversion est des plus connus dans le Clall Israël, c’est celui du fils du duc Pototsky Hachem yikmon damo. Il s’est déroulé dans la Pologne du milieu du 18ème siècle. Cet homme est né dans la famille très prestigieuse Pototsky qui possédait une fortune considérable. La famille possédait 999 domaines dans la Pologne d’alors… Et pour la petite histoire, encore jusqu’à l’avant-guerre, les polonais disaient entre eux « être riche comme le duc Pototsky… ». Le fils du Duc, Valentin (!), a été éduqué dans les meilleurs séminaires catholiques de Pologne. Et pour parfaire son éducation religieuse, il a été envoyé jusqu’à… Paris dans les établissements de l’église. Seulement, Valentin à Paris tombe sur un ‘Tanakh’, une Bible juive… Très vite il se désintéresse de tout l’enseignement catholique et dirige toute son attention vers les sources juives… C’est à Paris qu’il étudiera en secret le Talmud auprès de Talmidé ‘Hakhamim de la capitale française. C’était dans la plus grande discrétion, car il faut savoir que pour un noble de son rang, qui était destiné au plus haut niveau dans la prêtrise polonaise, adhérer à la religion de Moché signifiait sa mise à mort ! Cependant, son engouement était tellement grand qu’il décida de faire le pas de non-retour : la conversion. Pour cela il fuit à Amsterdam, et là-bas il accepta de tout son cœur la loi de Moché ! Il changea son nom et s’appela Avraham ! Le niveau spirituel de cet homme était exceptionnel. Il est rapporté que quelques temps avant sa conversion on le voyait dans sa chambre à l’approche de Chabbat, en train de tourner en rond entre ses quatre murs en disant : ‘Qu’est-ce donc le Chabbat, Qu’est-ce donc Chabbat?!’ C’est à dire qu’il ressentait la sainteté du Chabbat s’approcher ! Entre temps, les recherches de ses parents et des gens d’église s’intensifièrent et il dût fuir la Hollande pour la lointaine Lituanie. Là-bas, il se cacha dans une bourgade à côté de Vilna. Tout le temps de son séjour il trouva refuge dans une choûle et la totalité ses journées il s’adonnait à l’étude de la Tora. Son aspect extérieur était celui d’un Juif craignant Hachem avec le port du Talith et des Tefillin du matin au soir. Les gens de la bourgade ne connaissaient pas son identité mais voyaient en lui un homme saint. Seulement les recherches des parents et de l’église s’intensifièrent, et finalement il fut découvert dans ce petit village. La police l’envoya à Vilna pour trancher sur son sort. Là-bas il fut emprisonné et l’église décréta sa mise à mort au bûcher ! Ses parents firent aussi le voyage jusqu’à Vilna pour le persuader de revenir à sa religion d’origine. Sa réponse était catégorique : en aucun cas il ne reniera la Tora et les Mitsvoth ! Ses parents lui proposèrent même de lui construire une maison pour lui seul dans un des domaines de la famille et là-bas, il serait entièrement libre de pratiquer le judaïsme mais officiellement, aux yeux de l’autorité catholique, il devrait renier le judaïsme ! Sa réponse là aussi sera catégorique : la VÉRITÉ l’emporte sur tout le mensonge ! Les gens de l’église vinrent aussi le voir pour l’empresser de revenir sur sa décision. Et même après beaucoup de sévices et de tortures que lui infligea la religion ‘de l’amour’, il n’abdiqua pas !

On mentionne, qu’avant de l’amener au bûcher, les tortionnaires s’approchèrent pour lui demander pardon et le supplièrent de ne pas les châtier lorsqu’il montera pour le monde de la vérité. Sa réponse fut : « Ça ressemble à un fils du roi qui encore enfant jouait avec les autres fils des nobles de la cour royale. Et lors d’un jeu, un des enfants donna des coups au prince. Le prince dira à l’autre enfant : quand je serai roi, je te ferai payer sur ta vie les coups que tu m’as infligés. Lorsque le fils accéda au trône, l’ancien noble eu très peur pour sa vie. Mais le Prince sur son trône lui dit : « Du haut de mon rang, et du fait de tous les honneurs qui me sont accordés, les coups que j’ai reçu encore tout jeune n’ont plus aucune importance… ». De la même manière dira Avraham à ses bourreaux, « dans le monde à venir, toutes ces souffrances que vous m’avez infligées apparaîtront ridicules par rapport à la grandeur de mon salaire .»

Durant la période de son emprisonnement le Gaon de Vilna qui avait alors 29 ans vint le visiter. Et lors d’une visite il vit Avraham angoissé. Le rav de Vilna lui dit : « Pourquoi ta mine est-elle assombrie ? Voilà que tu vas bientôt sanctifier le Nom de Hachem devant tout le monde »

La réponse du Guer/converti fut : « Je n’ai AUCUNE crainte vis-à-vis de la mort. C’est uniquement que je crains par rapport au fait que ni mon père, ni ma mère n’ont la foi dans le D. unique »

Le Gaon lui répondit immédiatement d’après un verset de Isaïe et de son interprétation que le père du Guer c’est Hachem. Donc il n’a pas à craindre car il a la meilleure des filiations. D’autre part, il est rapporté que le Gaon a demandé à Avraham s’il ne voulait pas s’évader de sa geôle par le biais de la Kabala (Chemoth hakedochim). Avraham répondit que NON. Il veut faire la grande Mistva de sanctifier Hachem dans sa mort  Le jour dit était le 2ème jour de Chavou’oth 1749, le guer Avraham fut amené sur la grande place de Vilna. La populace était au grand complet, seule la communauté juive craignant des représailles, se cachait dans les maisons. Lorsque le condamné passa à côté de la maison du Gaon, les volets de la maison s’ouvrirent. Avraham posa alors au Gaon une question : ‘Est-ce qu’il devait presser le pas, car il allait accomplir une Mitsva ou ralentir le pas car c’était ses derniers instants sur terre ? Le gaon lui dit : « La Mitsva que tu as devant toi est encore plus grande, donc empresse toi de la faire ».

Le Guer partit d’un pas allant et TOUT le long du chemin il chanta des chants de louanges à Hachem sur l’air de ‘Baroukh Elokénou ché-béarenou lichvodo connu jusqu’à nos jours dans les Yechivoth. Incroyable! Il monta sur le bûcher et mourut en criant le Chema’ Israël…

L’église interdit l’enterrement de ses cendres, jusqu’à ce que le Gaon demande à un des Juifs de la ville (qui ne portait pas la barbe et donc n’était pas reconnaissable parmi les gentils) de rassembler les cendres d’Avraham le saint. Ce fut fait, et le Gaon donna une bénédiction de longévité à ce Juif. Il vécut jusqu’à 112 ans ! (Extrait d’un chapitre du livre ‘le Gaon de Vilna’ de rav Eliah’ chelita). Comme on le voit, cette histoire du fils du duc Potostsky dépasse de loin l’entendement, et votre serviteur a élagué beaucoup d’autres faits extraordinaires qui sont liés à l’histoire d’Avraham Potostsky, ce converti.

Pour nous, qui sommes très loin de ces niveaux de droiture et de foi, on apprendra quand même du guer Pototsky : la centralité pour la vie d’un Juif, du Monde futur… Le monde de la vérité et du salaire pour les efforts que l’on fait sur terre pour la Tora et les mitsvoth.

Dommage de passer à côté du message. Et d’autre part, si pour mourir en tant que Juif ce saint homme a sacrifié ce qu’il a de plus cher, alors certainement que cela nous donnera beaucoup d’énergie et d’entrain pour que l’on puisse VIVRE en tant que BON JUIF jusqu’à 120 ans !

Coin Hala’ha : On a l’habitude pour la fête de Chavou’oth de mettre de la verdure et des fleurs dans les synagogues et dans les maisons en souvenir du don de la Tora (le mont Sinaï était fleuri). Autre Minhag, celui de manger des plats lactés le premier jour de Chavou’oth (Rama 494.3).

Le Michna Beroura enseigne qu’on peut commencer par les laitages puis on devra changer la nappe (et bien-sûr les ustensiles), se rincer la bouche (vérifier aussi les mains), manger un aliment dur (comme par exemple un morceau de pain) et continuer le repas bassari/ »viande » : on n’aura pas besoin de faire le Birkat Hamazon avant de poursuivre le repas. On fera attention de ne pas manger du fromage dur car dans ce cas le Minhag (Rama Yoré Déa 89.2) est d’attendre 6 heures.

Chavou’oth tombe le 50ème jour du décompte de l’Omer. On devra donc attendre la tombée de la nuit pour faire la prière du soir et le Kidouch de Yom Tov (494.1).

Autre coutume : faire la veillée de la nuit consacrée à l’étude de la Tora ou de la lecture du Tikoun de Chavou’oth.

Shabbat Chalom et Hag Saméah pour tous les Rabanim, Avrékhim et le Clall Israel.

Paix en Israël, le retour des captifs et la protection de toute la population à Tsion et en Gola

Qu’on ait la chance de recevoir la Tora en toute pureté et dans la joie.

David Gold Soffer pour toute demande voici mon téléphone 00972 55 677 87 47 e-mail dbgo36@gmail.com

 Une Bénédiction à Mendel Melloul et à son épouse (Raanana) à l’occasion de la naissance de leur fils, qu’ils aient le mérite de le voir grandir dans la Tora et la crainte du Ciel, et une berakha aux grands parents.

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