Rav Shmouel Melloul sur la lecture de feuillets, dépliants et autres dans les synagogues

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Marseille le 17 Chevat 5786, 5 février 2026

Chers Rabbins et fidèles, Chalom oubrakha,

En réponse à plusieurs demandes et pour donner suite à ce qui a été déjà exposé oralement, je confirme qu’à mon humble avis, il est indispensable de retirer des synagogues (Beit hakenessèt) ainsi que des lieux d’étude (Beit hamidrach) tous genres de feuillets, dépliants, journaux, magazines etc. Les raisons à cela sont nombreuses et simples à comprendre (d’ailleurs une décision similaire a déjà été prise dans plusieurs communautés).

1. Tout d’abord, lorsque ce genre de papiers et de magazines sont dispersés dans la salle de prière ou la salle d’étude (comme c’est malheureusement souvent le cas), celle-ci ressemble désormais davantage à un salon de lecture ou à une salle d’attente (chez le coiffeur ou chez le dentiste), qu’à un lieu saint (kadoch) auquel on doit un respect (kavod) irréprochable en toutes conditions.

2. J’ai eu moi-même souvent l’occasion de constater à quel point plusieurs fidèles sont absorbés par leur lecture de nouvelles, d’une histoire, ou même d’un passage de Tora en plein milieu du déroulement de l’office (omettant par là-même de répondre au kaddich ou de suivre la ‘hazara / répétition de l’officiant), de la lecture de la Tora (alors que l’on se doit d’en écouter attentivement chaque mot), du dvar Tora du Rabbin local, et ainsi de suite. Evidemment tout cela est considéré comme un certain mépris à l’égard de la tefila, celle-ci perdant tout son caractère sacré et unique dans notre ‘Avodat Hachem et notre crainte du Ciel.

3. Le jour essentiel de fréquentation de ces lieux de prière étant le Chabbath (et jours de fêtes), s’ajoute à cela l’interdiction de consulter des annonces commerciales diverses qui sont nombreuses dans ce type de feuillets, magazines et journaux (vente de produits et services, publicité en tout genre, proposition de voyage et séjours de vacances, location et vente d’appartements et autres).

4. Malheureusement plusieurs personnes ne connaissent pas encore suffisamment les lois de Chabbath, et pensent accomplir une mitsva en introduisant ces feuillets et magazines dans leur poche avant de retourner chez eux après l’office. Or déplacer un objet quelconque dans le domaine public (dans une ville dépourvue de ‘érouv) fait partie des travaux interdits le Chabbath par la Tora. Nous avons donc le devoir et l’obligation de les informer à ce sujet, et certainement pas de les encourager à faire ainsi en déposant de tels journaux et magazines dans nos lieux de prière.

5. Il faut reconnaitre que la plupart de ces revues et feuillets sont finalement jetés (à tort) à la poubelle, alors qu’ils contiennent également des articles de Tora, et que nous sommes donc tenus de les déposer uniquement à la gueniza. Il semble d’ailleurs important de souligner que les lieux destinés à la gueniza sont limités (en France comme en Erets Israël), et que tous ces imprimés impliquent un travail énorme de ramassage, de tri, et ensuite la mise en terre proprement dite.

Souvent ce genre d’imprimés et feuillets contiennent des règles (halakhoth) de Tora et des décisions halakhiques pas suffisamment précises et exactes (voire complètement erronées), qui bien évidemment induisent en erreur les lecteurs. L’apprentissage de la Tora se fait depuis toujours par des cours dispensés par les Rabbanim, par l’étude approfondie sur texte (seul ou en groupe), mais certainement pas par des simples feuillets rédigés à la hâte ou puisant des articles dans les nombreux sites d’origine plus que douteuse.

7. Enfin, toute personne sensée peut aisément imaginer le coût énorme qu’impliquent toutes ces publications hebdomadaires (et mensuelles) en frais de papier, conception (mise en page, graphisme), impression, distribution et frais d’envoi, et plus tard frais de gueniza. Je pense humblement (surtout de nos jours où pratiquement tout est disponible sur support digital) que toutes ces sommes seraient davantage profitables à aider les indigents et familles nécessiteuses de nos communautés.

En vous souhaitant à tous et toutes brakha vehatsla’ha, et puisse Hachem agréer toutes vos tefiloht et protéger l’ensemble du peuple d’Israël dans tout endroit où il se trouve.

Shmouel Melloul, dayan de Marseille

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