Réponse d’un Juif franco-israelien aux Juifs de cour de la Macronie

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Nous ne sommes pas en face d’un simple raté de protocole, mais devant la vérité nue d’un pouvoir qui a appris à pleurer les Juifs morts tout en humiliant les Juifs vivants. Pendant qu’Emmanuel Macron plante un chêne à l’Élysée en mémoire d’Ilan Halimi et promet une nouvelle peine d’inéligibilité pour quelques élus antisémites, l’ambassadeur de l’unique État juif au monde est tenu à l’écart de la cérémonie. On invite les larmes, on exclut Israël : voilà la « morale » de la macronie.
Cela fait plus d’une décennie que le pouvoir ferme les yeux sur la montée d’un antisémitisme qui se drape dans le vocabulaire de l’“antisionisme”, de “Gaza”, de la “cause palestinienne”. Les gouvernements successifs ont laissé prospérer dans les médias, l’université, les syndicats et une partie de la classe politique un discours qui diabolise l’État juif tout en se donnant le beau rôle de la “critique légitime d’Israël”. En 2024, la France s’alignait à l’ONU sur des résolutions reprenant les conclusions de la Cour internationale de justice contre la présence juive en Judée-Samarie et à Jérusalem-Est, exigeant de ne pas reconnaître ce qu’elle appelle “annexion illégale”. En 2025, Paris votait en faveur de nouveaux droits et d’une montée en puissance du statut “d’État de Palestine” au sein de l’ONU, tout en poussant à la reconnaissance pleine et entière d’un État qui n’existe que dans la rhétorique diplomatique. Dans le même temps, Emmanuel Macron conduisait une reconnaissance formelle de l’État palestinien en expliquant que c’était “la seule solution” pour la sécurité d’Israël, comme si le prix du calme pour les Juifs devait être payé en abandonnant des pans entiers de leur terre et de leur histoire.
Ce pouvoir n’a cessé de mettre sur le même plan l’État juif qui se défend et ceux qui ont juré sa disparition. Au moment même où il explique à Benjamin Netanyahou qu’il ne faut surtout pas “instrumentaliser” la lutte contre l’antisémitisme, il revendique sa volonté d’imposer un cessez-le-feu, condamne les opérations militaires d’Israël à Gaza comme une “course à la guerre permanente” et fait de la reconnaissance d’un État palestinien une sorte de punition diplomatique infligée à Jérusalem. Voilà la matrice idéologique : un discours lisse de condamnation de “l’hydre antisémite” dans l’Hexagone, et dans le même temps une politique étrangère qui isole Israël, renforce les revendications de ses ennemis et banalise l’idée qu’un “État de Palestine” serait la réponse mécanique à la haine antijuive.
Nous, nous ne voulons pas de ces larmes protocolaires. Nous n’avons pas besoin de l’émotion calibrée d’un chef d’État qui commémore Ilan Halimi tout en cautionnant, sur la scène internationale, ceux qui contestent la souveraineté juive sur Jérusalem et la légitimité d’Israël à se défendre. Nous avons Jérusalem. Nous avons la mémoire vivante du peuple juif, qui ne se résume ni aux plaques commémoratives ni aux discours écrits par des conseillers en communication. La leçon des Ilan Halimi, des Sarah Halimi, des Mireille Knoll et des milliers de Juifs agressés, insultés, menacés dans les rues, les écoles et les synagogues de France, ce n’est pas que la République va nous sauver ; c’est que sans un État juif fort, aucun Juif, où qu’il soit, ne sera vraiment en sécurité.
En 2026, soutenir la macronie, c’est soutenir un régime qui reconnaît un “État de Palestine” pendant que les roquettes tombent sur Israël, qui pèse de tout son poids pour transformer l’ONU en tribunal permanent contre l’État juif, et qui croit pouvoir se racheter une conscience en plantant des arbres à Paris. C’est accepter la duplicité d’un pouvoir qui promet la fermeté contre quelques élus antisémites mais qui refuse de nommer et de combattre l’antisionisme structurel qui imprègne une partie des médias, de la gauche radicale, des islamistes organisés et des élites culturelles françaises. Nous ne demandons pas la compassion d’un pouvoir qui nie notre force. Nous exigeons la vérité : tant que la France continuera d’abriter, de banaliser et d’instrumentaliser l’antisionisme au nom d’un pseudo-humanisme, tant qu’elle traitera l’État juif comme un problème à “équilibrer” par la reconnaissance de ses ennemis, les Ilan Halimi continueront de tomber – en France ou ailleurs. Aucun chêne planté dans les jardins de l’Élysée n’y changera rien. La seule réponse juive digne à cette hypocrisie d’État, c’est la fierté assumée, l’attachement inconditionnel à Israël et le refus catégorique de se laisser enfermer dans le rôle de victime éternelle.

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