Sans précédent : l’évêque de Manchester intervient en faveur des Yeshivot et évite amendes et sanctions

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L’évêque de Manchester s’est personnellement impliqué dans le dossier pour soutenir les Yechivoth. Son intervention s’est révélée être un facteur déterminant dans l’avancement des discussions avec les ministres et les hauts fonctionnaires.

Kol réga’ – Yanki Farber

Un soulagement pour la communauté juive britannique

C’est un soupir de soulagement pour la communauté orthodoxe au Royaume-Uni : les « Yechivoth Ketanoth » (écoles talmudiques pour garçons de moins de 16 ans) ne seront pas classées comme « écoles » dans le cadre de la loi sur le bien-être de l’enfant et les établissements scolaires.

Au lieu de cela, les Yechivoth devraient être intégrées dans une nouvelle catégorie d’« entités éducatives indépendantes ». Le cadre réglementaire précis sera défini ultérieurement après une phase de consultation.

L’enjeu : autonomie religieuse contre programme national

Le cœur du débat portait sur la question de savoir si des structures dédiées exclusivement à l’étude intensive de la Tora pouvaient être soumises aux mêmes règles juridiques que les écoles ordinaires.

  • L’impact de la décision : En n’étant pas classées comme écoles, les Yechivoth échappent à l’obligation d’enseigner le programme national britannique (National Curriculum).

  • Les risques évités : Si elles avaient été classées comme écoles sans s’y conformer, ces institutions auraient été passibles de lourdes amendes et de sanctions administratives.

Le combat contre les contenus inappropriés

La lutte de la communauté orthodoxe ne porte pas sur les matières fondamentales (anglais, mathématiques, histoire), qui sont enseignées dans les écoles primaires (‘Héder) jusqu’à 13 ans. Le conflit concerne les garçons de 13 à 16 ans. Les responsables communautaires craignaient qu’une classification comme « école » ne force les élèves à étudier des contenus jugés contraires aux valeurs et à l’éducation religieuse orthodoxe.

Le rôle clé de l’évêque de Manchester

L’effort diplomatique a été mené par Shimon Cohen, au nom du comité de liaison pour les Yechivoth, avec le soutien du rav Jonathan Guttentag (CJV UK) (notre photo).

C’est grâce aux liens de longue date du rav Guttentag avec David Walker, l’évêque de Manchester, que ce dernier a pu être sensibilisé au dossier. Habitant au cœur des quartiers juifs orthodoxes et membre du forum des leaders religieux, l’évêque a compris que les Yechivoth ne sont pas des « écoles défaillantes », mais un modèle éducatif et moral différent. Son implication a permis d’ouvrir les portes des ministères et de faire comprendre aux décideurs que la liberté de religion ne consiste pas seulement à laisser les synagogues ouvertes, mais aussi à permettre aux communautés d’éduquer leurs enfants selon leurs valeurs.

« Une percée, pas une fin »

Le rav Guttentag a salué cette avancée tout en restant prudent :

« Ce qui a été accompli est crucial car cela reconnaît une réalité. Mais ce n’est pas la fin de l’histoire. Le vrai travail commence maintenant pour s’assurer que les futurs règlements reflètent le caractère unique du monde des YeChivotH et ne réintroduisent pas, par la petite porte, un modèle scolaire sous un autre nom. »

Prochaines étapes

Les prochaines discussions porteront sur des points techniques : le nombre d’heures passées à la Yechiva, les normes de sécurité et de protection de l’enfance, et l’équilibre entre l’étude religieuse et l’instruction à domicile (Home Schooling).

Pour l’instant, l’ambiance au sein de la communauté est à un « soulagement prudent ». Comme le souligne le rav Guttentag : « L’un des plaidoyers publics les plus clairs pour les Yeshivot britanniques n’est pas venu d’un rabbin, mais de l’évêque de Manchester. »

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