Smotrich refuse l’armée pour sa fille

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Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a ravivé les débats en affirmant publiquement que l’armée israélienne « n’est pas un endroit pour les femmes ». Interrogé sur la radio 103FM, il a confirmé qu’il ne recommanderait pas à sa propre fille de s’enrôler dans Tsahal. Selon lui, le désir d’engagement des jeunes issues de l’éducation religieuse traduit avant tout un idéalisme et une volonté de servir, mais cela ne justifie pas, à ses yeux, leur présence au sein de l’institution militaire.

Ces déclarations interviennent dans un contexte où la place des femmes dans l’armée israélienne fait l’objet de discussions récurrentes. Depuis plusieurs années, Tsahal a élargi l’accès des femmes à des unités de combat, notamment dans les bataillons mixtes et certaines fonctions opérationnelles. Les chiffres officiels indiquent qu’environ 90 % des postes militaires seraient aujourd’hui ouverts aux femmes, même si les unités les plus sensibles restent majoritairement masculines. La prise de position de Smotrich tranche donc avec une évolution progressive vers une plus grande intégration féminine.

Le ministre ne s’est pas limité à la question militaire. Il a également attaqué le ministre de l’Économie, Nir Barkat, après des propos de ce dernier sur les entreprises cotées à la Bourse israélienne. Barkat avait suggéré que seules des sociétés peu performantes choisissaient Tel-Aviv pour leur introduction en Bourse. Smotrich a dénoncé une déclaration « absurde », citant notamment Palo Alto Networks, qui a récemment annoncé une cotation secondaire en Israël et affiche des performances boursières remarquées dans le secteur technologique. Selon lui, les acteurs économiques sérieux ne prennent pas au sérieux les critiques visant le marché israélien.

Sur le terrain politique, Smotrich est également revenu sur un échange tendu à la Knesset avec la députée Iman Khatib-Yasin, du parti Ra’am. Il a affirmé qu’il n’était « pas raciste » de souligner l’ampleur de la criminalité dans certaines localités arabes, évoquant l’existence d’une « culture du meurtre » et appelant les dirigeants arabes israéliens à condamner explicitement les violences, y compris les attaques du 7 octobre. Les statistiques officielles montrent en effet une surreprésentation des homicides dans certaines municipalités arabes, un phénomène régulièrement dénoncé par les élus locaux qui accusent l’État de ne pas lutter efficacement contre les organisations criminelles.

Le ministre a aussi abordé la question iranienne, évoquant les discussions autour d’un éventuel accord. Il a indiqué que le président américain Donald Trump chercherait à conclure un arrangement, tout en insistant sur la nécessité d’éviter un « mauvais accord ». Selon Smotrich, toute entente devrait neutraliser non seulement le programme nucléaire de Téhéran, mais également ses capacités balistiques et le financement de groupes armés régionaux. Il a assuré qu’Israël ne serait « pas pris au dépourvu » face aux développements stratégiques.

Enfin, interrogé sur les inquiétudes sécuritaires et les perturbations de vols durant le week-end, Smotrich a adopté un ton plus pragmatique, affirmant qu’il ne modifierait pas ses projets personnels.

Revenons un instant sur la place des femmes au sein de l’armée. Il convient de rappeler que, selon l’interprétation traditionnelle de la Halakha – la loi juive –, il est interdit à une femme de porter une arme et, par conséquent, de participer à des combats armés, du moins dans le cadre d’un conflit qui ne met pas directement en jeu la survie même de l’État d’Israël. Cette lecture religieuse distingue la participation au combat des autres formes de service.

Dans cette perspective, rien n’empêche les femmes de servir au sein de l’armée dans des fonctions où le port d’armes n’est pas requis. Elles peuvent ainsi occuper des postes essentiels dans les domaines du renseignement, de la logistique, de la technologie, de la médecine militaire, de l’administration ou encore de la cybersécurité. Cette distinction, au cœur du débat, reflète l’équilibre recherché par certains courants religieux entre engagement national et respect des prescriptions traditionnelles.

NDLR : Ce n’est évidemment pas la conception du monde orthodoxe, mais cela n’est pas le sujet traité ici.

Jérémie de Jforum.fr

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