Synagogue vandalisée à Paris : la piste du cambriolage l’emporte sur l’antisémitisme

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Le service de sécurité de la communauté juive de France (SPCJ) a précisé les circonstances de l’intrusion survenue dans la nuit de samedi à dimanche dans une synagogue parisienne pendant les émeutes nationales. Selon les premiers éléments, les intrus cherchaient probablement de l’argent plutôt qu’à commettre un acte antisémite délibéré, même si cette hypothèse n’est pas totalement écartée. Le ministre israélien de l’Alya, Ofir Sofer, a néanmoins condamné fermement l’incident et ordonné d’accélérer les démarches d’immigration vers Israël pour les Juifs de France.

Les nouveaux éléments recueillis dimanche nuancent le récit initial d’une attaque antisémite ciblée. Le lieu visé, rue Burnouf dans le 19e arrondissement de Paris, est en réalité le local de prière provisoire de la congrégation Ohalei Yaakov, dont la synagogue permanente de la rue Henri Murger est en travaux. Le SPCJ a appelé la communauté juive à la prudence et à ne pas relayer de rumeurs non vérifiées sur l’antisémitisme, invitant à s’en tenir aux communications officielles.

Un cambriolage plus probable qu’une attaque antisémite

Selon un membre du comité de la synagogue cité par le média IsraJ, aucune trace d’effraction n’a été constatée, rien n’a été dérobé et les rouleaux de la Tora sont restés intacts. Seuls des livres de prières, des téfiline et le contenu de casiers ont été retrouvés éparpillés au sol, ainsi que le bureau du rabbin fouillé. « Cela ressemble vraiment à une tentative de vol, on voit que ceux qui ont fait ça cherchaient probablement de l’argent. Les rouleaux de la Tora n’ont pas été touchés », a expliqué Raphaël, membre du comité, sans toutefois exclure totalement un mobile antisémite : selon lui, le bâtiment n’affichant aucune enseigne extérieure, les auteurs ont pu repérer les lieux au préalable en voyant des fidèles s’y rendre. Aucune inscription antisémite n’a été relevée sur place. La JTA et le Jerusalem Post notent par ailleurs que des commerces appartenant à des Juifs ont été endommagés à Marseille pendant les troubles, sans qu’aucun élément n’indique qu’ils aient été visés en raison de l’identité de leurs propriétaires. Ces mêmes sources relèvent la présence récurrente de drapeaux palestiniens et de keffiehs dans les cortèges les plus violents, sans établir de lien direct avec les incidents visant des lieux juifs.

Un pays toujours secoué par les émeutes

Les troubles, nés de la contestation sur le coût de la vie et prolongeant un mouvement lycéen amorcé fin septembre en Seine-Saint-Denis, ont touché Paris, Marseille, Lyon et Limoges, où l’hôtel de ville historique a été détruit par un incendie. La presse évalue à près de 800 000 le nombre de manifestants dans tout le pays, un chiffre proche de celui avancé par la CGT, tandis que le ministère de l’Intérieur retient environ 550 000 personnes réparties sur 110 rassemblements. Environ 2 000 commerces ont été vandalisés ou pillés selon des estimations médiatiques, et le Premier ministre Sébastien Lecornu a fait état d’environ 1 200 interpellations, un bilan que d’autres sources situent nettement plus haut. Le nombre de policiers et pompiers blessés est également disputé, entre 150 et environ 500 selon les sources.

Condamnation d’Israël et accélération de l’Alya

Le ministre israélien de l’Alya et de l’Intégration, Ofir Sofer, a qualifié l’intrusion dans le lieu de prière parisien de « ligne rouge » franchie et de signal d’alarme sur la montée de l’antisémitisme en France. Il a critiqué le président Emmanuel Macron, lui reprochant sa position envers Israël et son refus, selon lui, de reconnaître le danger de l’islam radical. Sofer a ordonné de contacter de manière proactive les détenteurs de dossiers d’Alya ouverts en France pour accélérer leur départ, dans un contexte où le pays a déjà enregistré un niveau record de 4 000 immigrants français cette année, après un salon de l’Alya et de l’emploi qui a réuni environ 2 000 personnes à Paris la semaine précédente. À Washington, le vice-président américain JD Vance a lié les violences à la politique migratoire française, estimant que les « libéraux occidentaux » avaient importé le chaos au nom de la diversité.

Le SPCJ n’a pour l’instant communiqué ni sur une suite judiciaire, ni sur l’identité des intrus. La congrégation Ohalei Yaakov a appelé ses membres à renforcer la sécurisation du local en attendant la fin des travaux de leur synagogue permanente.

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