Tel-Aviv la pratiquante se couvre de kippoth !

0
30

Mabatim – Serge Siksik

Depuis trente ans, les clichés sur Tel-Aviv sont répétés comme un catéchisme laïque : capitale des plaisirs, ville gay, cité de la start-up déconnectée de toute transcendance, temple de la fête sans limite.

Bref, une ville supposément coupée de Jérusalem et de sa spiritualité.

Cette image est fausse. Elle doit être rayée d’un trait sec, comme on « tipexe » une erreur d’élève. Car Tel-Aviv change. Et change en profondeur.

Depuis plus de vingt ans, une transformation silencieuse mais irréversible s’est opérée.

– Les synagogues se multiplient, et elles ne sont pas vides : elles débordent ;

– Les restaurants cacher fleurissent à chaque coin de rue, et il faut parfois réserver des jours à l’avance.

– Le Chabbath, les rues voient défiler des familles entières en kippa et robes de fête.

– Les soirs de semaine, des chi’ourim1 rassemblent des dizaines de jeunes dans des lofts réaménagés en Beit Midrach.

– On étudie la Tora sur fond d’ordinateurs portables encore ouverts, on lit le Rambam2 entre deux lignes de code.

La ville blanche, qu’on croyait vouée à l’exil de l’âme, devient un laboratoire de retour au judaïsme.

Le rôle des Franco-Israéliens dans ce basculement est déterminant.

Arrivés avec leurs habitudes communautaires, ils ont installé des minyanim vivants, des centres d’étude, des cours accessibles en hébreu, en français, en anglais. Ils ont importé une ferveur qui s’est mariée à l’énergie israélienne.

Résultat : Tel-Aviv, qui passait pour l’antithèse de Jérusalem, s’en rapproche.

Certes, elle n’a pas les murailles ni le Kotel, mais elle connaît un éveil spirituel palpable. Des rabbins israéliens et étrangers y emménagent pour répondre à la demande croissante d’une population avide d’ancrage, avide de sens.

Et c’est précisément ce phénomène qui dérange.

Le monde hiloni3 militant, arc-bouté sur son vieux récit, ne supporte pas de voir Tel-Aviv se remplir de kippoth et de limoud4.

Ce monde est le même qui, hier encore, menait la fronde du mouvement de Kaplan pour abattre Netanyahou au prétexte de la réforme judiciaire, et qui aujourd’hui, après le 7 octobre, continue d’exiger son départ, cette fois au nom de la guerre et des otages.

Leur obsession est constante : détruire toute autorité gouvernementale de droite, marginaliser les religieux, effacer le judaïsme de l’espace public.

Ron Huldaï, maire de Tel-Aviv, s’érige en porte-drapeau de cette hostilité.

Ses dernières initiatives, visant à imposer aux synagogues un « nouveau mode de fonctionnement » en rupture frontale avec la halakha plusieurs fois millénaire – notamment en conditionnant leurs baux municipaux à l’abandon de la séparation hommes-femmes – traduisent non seulement une méconnaissance abyssale, mais surtout une peur viscérale de la vitalité du judaïsme pratiquant.

Houldaï et ses alliés gauchistes sentent que Tel-Aviv leur échappe. La ville qu’ils rêvaient éternellement « hilonit5 », insoumise à la tradition, se tourne désormais vers la Tora. Et cette réalité n’est pas marginale : elle s’étend, elle s’approfondit, elle se normalise.

Dans dix ans, Tel-Aviv sera toujours la capitale économique et high-tech d’Israël, mais elle sera aussi un centre spirituel incontournable.

Ses synagogues, déjà pleines, le seront davantage. Ses restaurants cacher battront des records. Ses shiourim de minuit rivaliseront avec ses concerts.

Tel-Aviv restera la ville qui ne dort jamais, mais ses insomnies auront le parfum des pages de Guemara.

Et alors, il faudra bien que les gauchistes allergiques à tout ce qui touche au religieux se rendent à l’évidence : Tel-Aviv a changé.

Pas selon leurs rêves, pas selon leurs schémas, pas selon leurs couleurs.

Tel-Aviv ne devient pas une nouvelle Amsterdam,
mais une nouvelle Jérusalem miniature.

Et ceux qui s’acharnent à déboulonner Netanyahou, à briser le lien avec la Tora, à imposer un judaïsme dilué dans leurs obsessions universalistes, découvriront un matin qu’ils ont perdu la bataille culturelle.

La capitale économique d’Israël est en train de se remplir de judaïsme vivant.

Le message est clair :

– On peut bâtir des start-ups et ouvrir un Talmud,
– on peut coder et sanctifier le Chabbath,
– on peut entreprendre et prier.

Tel-Aviv n’appartient plus aux nostalgiques d’un monde ‘hiloni en voie d’effacement. Elle appartient aux Juifs qui savent conjuguer innovation et tradition, high-tech et Halakha, modernité et éternité.

Et si cela contrarie Ron Houldaï et ses frères kaplanistes, tant pis. L’Histoire, elle, ne leur demandera pas leur avis.

Car l’Histoire, ici, est écrite à l’encre de la Tora – et elle ne s’efface pas au tippex des gauchistes.

Serge Siksik, MABATIM.INFO

Aucun commentaire

Laisser un commentaire