Trump précise l’aide israélienne à Riyad contre les Houthis, mais la normalisation attend les élections israéliennes

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Donald Trump a confirmé vendredi qu’Israël aidait l’Arabie saoudite dans sa guerre contre les Houthis, précisant que cette assistance se limitait jusqu’ici au renseignement pour l’identification de cibles. Le président américain évoque un retour « peut-être plus que jamais » des Accords d’Abraham, mais des sources proches du dossier assurent que le prince héritier Mohammed ben Salmane se méfie de Benjamin Netanyahou et attend l’issue des élections israéliennes du 27 octobre.

Interrogé vendredi devant la Maison Blanche, Donald Trump a livré ses précisions les plus détaillées à ce jour sur le soutien israélien à Riyad. « Israël a été très utile à l’Arabie saoudite », a-t-il déclaré, ajoutant que le royaume « devait l’obtenir » et s’était montré « très heureux » de ce soutien. Selon ses propos, l’aide israélienne s’est concentrée jusqu’à présent sur le renseignement destiné à identifier des cibles, confirmant les informations déjà rapportées en septembre par des sources diplomatiques régionales sur une transmission de renseignements via le commandement central américain (CENTCOM).

Ce que Trump a précisé sur l’aide israélienne

Le président américain n’a pas confirmé d’intervention militaire directe d’Israël au Yémen. Ynet a rapporté cette semaine que des responsables américains avaient sondé le chef d’état-major de Tsahal, le général Eyal Zamir, sur une éventuelle participation israélienne à des frappes contre les Houthis. Zamir aurait mis en garde contre le risque d’un engrenage régional impliquant l’Iran, qui pourrait contraindre Israël à reporter les élections législatives prévues le 27 octobre. Ces discussions ont eu lieu avec l’amiral Brad Cooper, commandant du CENTCOM, également en contact avec Mohammed ben Salmane.

Les obstacles politiques à la normalisation

Interrogé sur un possible retour de l’Arabie saoudite dans les Accords d’Abraham, Trump a répondu : « Oui, je pense que oui. Peut-être plus que jamais. » Mais selon des sources proches du dossier citées par Ynet, le prince héritier Mohammed ben Salmane ne fait pas confiance à Benjamin Netanyahou, et Riyad attendrait un changement politique en Israël avant d’avancer. Le royaume maintient par ailleurs sa condition de longue date : l’ouverture d’un processus politique crédible menant à un État palestinien souverain. Téhéran, de son côté, rejette les accusations saoudiennes selon lesquelles il armerait et formerait les Houthis, tout en proposant sa médiation.

Israël multiplie les contacts diplomatiques régionaux

Mardi, avant les déclarations de Trump, Benjamin Netanyahou avait affirmé sur Channel 14 que « presque aucun pays du Moyen-Orient » ne se passait de l’aide israélienne, y compris des gouvernements qui critiquent publiquement l’État hébreu, sans confirmer explicitement une coopération avec Riyad. Le président Isaac Herzog a quant à lui rencontré mercredi à Bakou le ministre bahreïni des Affaires étrangères Abdullatif bin Rashid Al Zayan pour évoquer le renforcement des Accords d’Abraham, avant de s’entretenir jeudi avec le président kazakh Kassym-Jomart Tokayev, en marge du sommet CICA. Ces rencontres s’inscrivent dans un effort diplomatique parallèle, alors que les attaques houthies contre l’aéroport King Khalid de Riyad, Dammam et des installations d’Aramco continuent de peser sur la sécurité du royaume.

La suite dépendra largement du calendrier électoral israélien. Tant que le scrutin du 27 octobre n’aura pas tranché l’avenir politique de Benjamin Netanyahou, Riyad devrait maintenir son attentisme sur toute normalisation officielle, même si la coopération sécuritaire discrète, elle, semble déjà engagée.

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