Les États-Unis ont franchi une nouvelle étape diplomatique en invitant officiellement Israël à rejoindre le Conseil de paix pour Gaza, une structure internationale placée sous l’impulsion directe du président américain Donald Trump. Selon plusieurs sources proches du dossier, cette initiative vise à créer un cadre politique inédit chargé à la fois de la reconstruction de l’enclave palestinienne et de la gestion sécuritaire de l’après-conflit, notamment par le désarmement du Hamas. À ce stade, la réponse israélienne reste incertaine : le bureau du Premier ministre n’a pas confirmé si l’invitation avait été acceptée, alimentant les spéculations diplomatiques.
La Maison Blanche a cependant donné des indications claires sur la composition du noyau fondateur de ce Conseil. Parmi les personnalités appelées à jouer un rôle central figurent le secrétaire d’État américain Marco Rubio, l’envoyé spécial pour le Moyen-Orient Steve Witkoff, ainsi que Jared Kushner et l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair. Leur mission consisterait à coordonner les efforts internationaux pour stabiliser Gaza, reconstruire ses infrastructures et définir un cadre sécuritaire durable.
L’initiative américaine se distingue par son ampleur. Plus de soixante pays auraient été invités à participer à ce Conseil de paix, ce qui en ferait l’un des dispositifs diplomatiques les plus larges jamais envisagés pour le territoire palestinien. Plusieurs diplomates occidentaux évoquent déjà une structure susceptible de dépasser le seul dossier gazoui. Certains y voient même les contours d’une organisation internationale parallèle, plus restreinte et plus opérationnelle, parfois décrite comme une « mini-ONU » centrée sur les crises régionales les plus sensibles.
L’éventuelle participation d’Israël revêt une importance stratégique majeure. En intégrant ce Conseil, l’État hébreu pourrait peser directement sur les décisions concernant la sécurité de ses frontières sud, le futur de l’administration locale à Gaza et la neutralisation des groupes armés hostiles. À l’inverse, un refus ou une prise de distance israélienne compliquerait la crédibilité du dispositif, tant Israël demeure un acteur incontournable de toute solution durable dans la région.
Au-delà du Moyen-Orient, la portée géopolitique du Conseil de paix pour Gaza semble s’élargir. Le Kremlin a confirmé que le président russe Vladimir Poutine avait lui aussi reçu une invitation officielle. Moscou a indiqué examiner cette proposition avec attention, tout en espérant une reprise du dialogue politique avec Washington à travers ce canal multilatéral. Cette ouverture potentielle à la Russie introduit une dimension nouvelle, à un moment où les relations russo-américaines restent marquées par de fortes tensions.
Dans le même esprit, des informations relayées par des médias d’Asie centrale font état d’une invitation adressée au président kazakh Kassym-Jomart Tokayev. Bien que la Maison Blanche n’ait pas confirmé officiellement ces participations, ces signaux montrent la volonté américaine de donner au Conseil une légitimité mondiale, au-delà des alliances traditionnelles occidentales.
Si ce projet se concrétise, il pourrait redessiner les équilibres diplomatiques autour de Gaza et, plus largement, du Moyen-Orient. En combinant reconstruction économique, encadrement sécuritaire et concertation internationale élargie, Washington cherche à imposer une méthode pragmatique, centrée sur des résultats concrets. Reste à savoir si les principaux acteurs concernés, Israël en tête, accepteront de s’inscrire durablement dans ce nouveau cadre, et si cette initiative saura transformer une ambition diplomatique en mécanisme réellement opérationnel.
Dans ce contexte, un paradoxe s’impose. Israël est le premier pays directement concerné par l’avenir de Gaza, tant sur le plan sécuritaire que politique, et il demeure en première ligne face aux conséquences concrètes de toute décision prise. Or, le fait qu’il ne soit convié à ce Conseil de paix qu’au même titre que des dizaines d’autres États, et seulement à ce stade du processus, soulève de sérieuses interrogations. Cette approche donne le sentiment qu’Israël est traité comme un acteur parmi d’autres, alors qu’il supporte l’essentiel des risques et des enjeux opérationnels. Une telle mise à distance interroge sur la logique suivie par Washington et alimente une question désormais ouverte dans les cercles diplomatiques : à quoi joue réellement Donald Trump en marginalisant, au moins symboliquement, l’acteur le plus exposé de ce dossier ?
Jérémie de Jforum.fr




























Ce hochet de Conseil pour la Paix risque bien d’être une véritable grenade dégoupillée.
« Tout objectif flou conduit irrémédiablement à une connerie précise. » Frédéric Dard