Les États-Unis ont validé une nouvelle phase majeure de leur engagement militaire au Moyen-Orient en approuvant des programmes d’aide d’envergure à destination d’Israël et de l’Arabie saoudite. Ces décisions, prises sous l’administration de Donald Trump, traduisent une volonté de renforcer simultanément deux piliers distincts de la stratégie américaine dans la région, tout en redessinant certains équilibres sécuritaires.
Israël, considéré comme l’allié militaire le plus proche de Washington au Moyen-Orient, bénéficiera de quatre lots d’armements pour un montant total estimé à 6,67 milliards de dollars. L’élément central de ce programme concerne la livraison de 30 hélicoptères d’attaque Apache (notre photo), dotés des technologies les plus récentes, pour une valeur d’environ 3,8 milliards de dollars. Cette acquisition, décidée dès l’automne dernier, marque un tournant après le refus de l’administration précédente d’autoriser une telle vente, décision qui visait alors à exercer une pression politique sur le gouvernement israélien.
Le renforcement de la flotte d’Apache a une portée opérationnelle significative. Il permet de doubler les capacités d’hélicoptères d’attaque des Forces de défense israéliennes, un besoin mis en lumière par les attaques du 7 octobre 2023, qui ont souligné l’importance de la mobilité, de l’appui aérien rapproché et de la réactivité face aux menaces asymétriques.
Parallèlement, Washington a validé un programme distinct au profit de l’Arabie saoudite, autre partenaire stratégique majeur. Riyad recevra 730 missiles destinés à ses batteries de défense antimissile Patriot, pour un montant estimé à 9 milliards de dollars. Les autorités américaines estiment que cette aide contribue directement à la sécurité régionale et à la protection des infrastructures critiques du royaume, dans un environnement marqué par les menaces balistiques et de drones.
Ce programme ne représente toutefois qu’une fraction d’un accord bien plus vaste signé en mai 2025, portant sur une coopération militaro-technique évaluée à 142 milliards de dollars, qualifiée par la Maison-Blanche de plus important contrat d’armement jamais conclu par les États-Unis. Cette montée en puissance de l’arsenal saoudien suscite néanmoins des interrogations, notamment à Jérusalem.
Enfin, la décision récente de Riyad de ne pas autoriser l’utilisation de son espace aérien pour d’éventuelles frappes américaines contre l’Iran ajoute une dimension supplémentaire aux calculs régionaux. Elle illustre la complexité croissante des alliances et des lignes rouges au Moyen-Orient, à mesure que les États-Unis consolident leur présence militaire tout en laissant leurs partenaires régionaux affirmer des choix stratégiques de plus en plus autonomes.
Jérémie de Jforum.fr



























