Chavouoth – comment acquérir la sagesse ?

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« Ils convoquèrent toute la communauté, le premier jour du second mois ; et on les enregistra selon leurs familles et leurs maisons paternelles » (Bamidbar/Nombres 1,18). Rachi précise : « Ils se situèrent quant à leur engendrement selon leur famille. Ils ont produit des documents attestant de leur généalogie, et des témoins pour confirmer leur ascendance (Yalqout Chim’oni Bamidbar 1, § 584) » ».

Il est intéressant de lire le Midrach que rapporte Rachi : « Quand Israël a reçu la Tora, les nations du monde l’ont envié, demandant pourquoi Israël avait mérité une telle proximité. L’Eternel les fit taire : « Montrez les preuves de votre filiation… comme Mes enfants M’en amènent… » »

Cette capacité à montrer une filiation claire et une généalogie sans tache est spécifique au peuple juif. Il a toujours fait preuve de retenue et de discipline dans l’un des domaines où les pulsions sont les plus fortes et les épreuves les plus grandes. Elle indique, déjà avant le don de la Tora – mais après des générations durant lesquelles ce message, appris des Patriarches, a été suivi sans exception aucune –, une adhésion sans faille à une conduite saine et pure. Malgré les incitations à la débauche, qui existaient dès les premières générations. Prenons l’exemple de Timna’, mère de ‘Amaleq. Elle était la fille de Elifaz de manière illégitime, sa mère étant mariée à Séïr. Elle est devenue ensuite la concubine de son propre père (Rachi Beréchith 36,12). ‘Amaleq, ce mamzer fils de mamzeréth (bâtard fils d’une bâtarde), est devenu l’élément le plus opposé à la sainteté du peuple juif ! Ce n’est certainement pas dû au hasard.

LIRE  L'union fait la distance

Le fondement du peuple d’Israël et son accès à la Sagesse suprême, celle contenue dans la Tora, passe donc par une condition : la pureté dans la filiation. Sans elle, l’accès à la Tora semble bloqué ! Sans doute du fait de tares caractérielles (le fait d’être un mamzer – un bâtard – amènerait une certaine arrogance dans le caractère, ainsi qu’il ressort de la massékheth Kala, 1,16). Un environnement familial où tout est permis est en opposition totale avec la Tora et avec son message central : résister constamment aux attaques du yétser hara’ .

 

Il n’est pas sans intérêt de comparer ce projet divin, valable depuis des millénaires, à celui des Nations, qui prônent « la famille pour tous » et qui sont en train de justifier une absence totale de clarté dans la filiation, avec des mères étrangères porteuses et des pères qui changent les langes et qui donnent le biberon (ce que nous faisons aussi pour aider nos épouses mais non pour les remplacer…). Un monde dans lequel la filiation naturelle part en lambeaux.

 

La filiation exigée dans notre paracha, celle qui est toujours lue avant Chavou’oth, jour du don de la Tora, est une condition indispensable pour accéder à la Sagesse divine.

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