A l’arrivée de la fête de Souccoth – le rabbi de Kalov

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Exploiter au mieux les repas de fête

On relate qu’un grand Roch Yechiva ne réussissait pas dans l’éducation de ses enfants qui avaient quitté la voie de nos ancêtres ; en revanche, il avait un voisin qui avait bien réussi l’éducation de ses fils, devenus des érudits en Torh et des enseignants de Yechiva.
Ce géant en Tora expliquait que la raison de son échec tenait au fait qu’il consommait rapidement les repas du Chabbath et retournait de suite après le repas au Beth Hamidrach pour étudier ; en revanche, son voisin restait à table avec ses enfants et prenait un long repas agrémenté de zemiroth, de divré Tora et d’enseignements entre chaque plat, et avait réussi ainsi à ancrer dans le cœur de ses enfants l’amour de la Tora et de D’.
Lorsqu’on prend un repas de fête, la nourriture apporte une joie et une sérénité, et de ce fait, on devient réceptif aux conseils.

A l’époque du Beth Hamikdach, l’autel avait pour fonction de réparer les fautes du peuple, mais dorénavant, la table de l’homme lui procure le pardon, car par un tel repas, on s’élève et on se rapproche de D’, comme par une offrande. Dans le traité Avoth (3,3), il est stipulé que trois hommes assis autour d’une même table qui ont prononcé des paroles de Tora sont comparables à des hommes ayant mangé à la table de D’, béni soit-Il.

De même, nos Sages affirment que si l’on profite d’un repas auquel participe un érudit, c’est comme si on avait profité de l’éclat de la Présence divine : les propos de sainteté de l’érudit prononcés à table influent sur ses auditeurs et attirent la Présence divine.

C’est particulièrement vrai lorsqu’on prend un repas ensemble le Chabbath, jour de repos et de sainteté et que l’on entonne des cantiques de louange ; grâce à la présence de sentiments de joie, de paix et d’élévation, les convives se sentent plus proches les uns des autres et le moment est idéal pour instruire les membres de la famille. Veillons à ne pas manquer de telles occasions, ces repas de famille du Chabbath et des fêtes : sachons exploiter le temps pour rapprocher les cœurs à notre Père céleste par des chants de louange et des propos d’Emouna.

Il faudra également s’écarter du mal en évitant de transformer la table du Chabbath en lieu où l’on profère de la médisance et autres propos interdits, car la discussion des parents influe beaucoup sur l’esprit des enfants qui les écoutent.

Nous trouvons dans la Guemara de Souca l’histoire d’une jeune fille juive de famille Cohen qui épousa un fonctionnaire grec. Lorsque les Grecs pénétrèrent dans le sanctuaire à l’époque du grand-prêtre Matityahou, elle se joignit à eux et donna un coup de pied à l’autel où était réalisée la mitsva des Korbanoth, puis déclara : « Jusqu’à quand vas-tu consommer l’argent d’Israël ? » Lorsque les sages apprirent son méfait, ils punirent sa famille qui avait été à l’origine d’une telle attitude contraire à la Tora.
Nos Sages affirment que la raison pour laquelle ses parents ont été punis tient à ce principe : « Les propos tenus par un enfant au marché proviennent de son père ou de sa mère ». Elle avait certainement entendu son père se plaindre du fait qu’on perdait de l’argent en respectant les Mitsvot, et ce discours a conduit à son éloignement.

Il faudra faire preuve d’une vigilance particulière face à une embûche courante : tenir des propos méprisants à l’égard des Talmidé ‘Hakhamim et des dirigeants du peuple juif. En effet, non seulement ne s’est-on pas sanctifié ni élevé par le biais de ces repas du Chabbath, bien au contraire. Il sera louable de glorifier les érudits et de relater des histoires sur de grands maîtres et Tsadikim pour éveiller chez les enfants le désir de suivre leurs traces.

On relate qu’un érudit avait demandé au Gaon Rabbi Chlomo Zalman Auerbakh zatsal : « Pourquoi mes enfants ne réussissent pas autant que ceux de mon voisin, qui est pourtant un homme simple ? » Et le Gaon de répondre : « Toi, pendant les repas du Chabbath, tu parles de tel Rav ou tel Rabbi et tu les amoindris. En conséquence, tes fils pensent que l’étude de la Tora n’est pas désirable, que D’ nous en préserve, tandis que ton voisin admire ceux qui étudient la Tora et les honore, et de ce fait, ses fils aspirent à suivre cette voie et à devenir des bené Tora. »

Lorsqu’il est nécessaire de réprimander les enfants sur un certain point, il est recommandé de choisir le moment des repas en contant un récit sur l’importance de ce thème. En effet, cela peut s’avérer bien plus productif que de réprimander directement l’enfant.

Rabbi Chlomo de Radomsk zatsal s’est exprimé à ce sujet dans son ouvrage Tiféret Chlomo au nom des Tsadikim qui vivaient à cette époque : dans le monde où nous vivons, il vaut mieux s’abstenir d’adresser des remontrances, mais tenir plutôt des propos conciliants exprimés sereinement qui rapprochent les cœurs et les éveillent à la crainte divine. Et si le Rabbi de Radomsk l’a écrit à son époque, ce principe est à plus forte raison valable pour la nôtre, où les jeunes gens peuvent facilement se lier à toutes sortes de fréquentations peu recommandables ; les pères doivent développer et entretenir une relation personnelle et positive avec leurs enfants en leur manifestant leur affection et en les complimentant. De même, il faudra tenter de leur inculquer des principes de morale avec affection.

Tel est le thème de la Sim’hat Beth Hachoéva (fête des libations) que l’on célébrait au Beth Hamikdach à Souccoth. Après que les bené Israël avaient pris l’engagement de rectifier leur conduite, les hommes, femmes et enfants se rassemblaient pour diverses activités réjouissantes : les ‘Hassidim dansaient en groupes en tenant des flambeaux et récitaient des louanges, les Léviim jouaient au violon, à la harpe et aux cymbales, aux flûtes et autres instruments de musique. Ils récitaient ensuite des propos de louange sur les Tsadikim et susceptibles de conduire au repentir, comme l’atteste la Guemara (Souca) : « Heureux est l’homme qui n’a pas fauté. Si un homme a fauté, qu’il se repente et il sera pardonné. »

On peut également interpréter de cette manière les propos tenus pendant ces Sim’hat Beth Hachoéva : « Heureux sont nos enfants qui ne font pas honte à nos ancêtres. » On voulait par ces propos rehausser aux yeux des petits le prestige des enfants qui suivent la voie des Patriarches, qui donnent satisfaction à leurs parents et ancêtres. C’était le but principal de cette fête des libations : les enfants y bénéficiaient d’un message de Moussar (éthique juive) et d’éveil au repentir communiqué dans une ambiance joyeuse.

C’est un enseignement valable pour chaque Juif à toute époque : lorsqu’un homme est assis entouré de sa famille à Souccoth, ainsi que pendant les repas de Chabbath et de fête pendant toute l’année, il faudra exploiter ces moments privilégies pour conter des histoires de Tsadikim et tenir des propos qui développent la crainte divine et la pratique de la Tora et des mitsvoth, en particulier sur des sujets qu’il faut rectifier. C’est dans cette ambiance sereine que ces propos seront acceptés au mieux, et les parents éprouveront une joie et une satisfaction authentique de leurs enfants, avec l’aide de D’.

HAG SAMEAH

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