Une affaire perdue d’avance

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Mordekhaï Goldmann, haMevasser

 

L’affaire Azaria est un cas classique d’événements facile à juger, mais auquel on accorde des proportions totalement démesurées. Cela commence à Pourim passé, quand le public voit un film vidéo permettant d’avoir une idée claire sur ce qui s’est passé : un terroriste est neutralisé tout d’abord à l’aide d’un coup de feu, puis Elor Azaria prend son arme et tire quelques minutes plus tard sur le terroriste, et le descend.

Pour savoir ce qui s’est passé, nul besoin de témoignages, de spécialistes, d’avocats ou de généraux chargés de médailles. La vidéo permet de savoir de la manière la plus authentique que Azaria a descendu un terroriste une fois qu’il n’était plus en mesure de faire du mal. Les divers arguments, selon lesquels il craignait que le terroriste portait une ceinture explosive ne sont pas aidés par la conduite de Azaria sur le terrain : il n’a pas jugé bon de crier pour avertir les soldats qui se trouvaient sur place et qui auraient pu être mis en danger par de tels explosifs. Azaria n’a pas non plus tenu quiconque au courant de sa crainte. Il ne l’a dite qu’a posteriori. Toute personne sachant réfléchir peut conclure que cela n’est pas un argument de défense sérieux.

La conclusion des juges émane en fait de manière la plus directe possible de ce qu’on voit et qu’on entend de la vidéo. Malgré cela, cette vidéo incontestable fait rentrer dans une boite une histoire de loin plus large ! Car elle ne permet pas à la personne qui la lit de pénétrer dans les bottes du soldat se trouvant en plein territoire hostile et criminel. La situation en cette période, durant laquelle au quotidien avaient lieu plusieurs attentats, au poignard ou à l’arme à feu, influençait sans doute aucun l’état d’esprit des soldats oeuvrant sur le terrain et sur leur conduite, ce qui fait qu’il n’est pas à écarter que la conduite d’Elior, vu les difficultés d’alors, était acceptable.

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Mais en réalité, Azaria ne pouvait pas présenter sa position de manière normale, à partir du moment où la campagne a été lancée : cela a commencé avec celui qui était alors le ministre de la Défense, Yaalon, qui s’est précipité sur ce soldat avec virulence, et s’est terminé avec le porte-parole de l’armée qui a exigé une condamnation, sans lui permettre de présenter sa position de manière honnête. Cela s’est achevé cette semaine, avec la conclusion du tribunal militaire, selon laquelle une telle conduite représente une faute pénale. Autrement dit, nous en sommes arrivés à l’absurdité la plus flagrante de l’establishment ! Il ressort de cette aberration non seulement un dommage envers ce soldat, mais encore une atteinte à la sécurité et un danger pour tout Israël !

La décision du tribunal de mercredi passé représente un précédent dangereux, qui admet les critères les plus extrémistes des organismes de droit humain les plus radicaux et les fait rentrer dans le cadre de l’armée. Cette décision remet en question un principe de base des plus évidents, selon lequel un terroriste est un terroriste, et à partir du moment où il lèvre le bras pour frapper un soldat ou un civil, il peut être mis à mort. Même si les instructions gérant le droit à user des armes demandent de ne pas tirer sur un terroriste neutralisé – car l’armée ne peut pas se transformer en une milice dans laquelle n’importe quel soldat peut décider de lui-même si oui, si non ouvrir le feu -, il n’en reste pas moins évident qu’en aucun cas le fait de tirer contre un terroriste ne peut pas être transformé en crime ou en acte punissable de mise à mort.

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La décision de traiter du cas de Azaria en un tribunal civil et non point dans le cadre de l’armée, qui sait comment s’occuper de n’importe quel soldat qui ne se plie pas aux instructions, correspond à un dépôt des armes sans condition face aux exigences de la gauche radicale. Leur conception voit dans des terroristes criminels des « défenseurs de la liberté, considérant qu’il faut leur accorder tous les droits civils, et les soldats comme des criminels et des conquéreurs de terrains potentiels.

Deux conclusions émanent de cette affaire :

1/ Aucun doute qu’Azaria a commis une erreur quand il a tenté de présenter des arguments qui n’avaient aucune chance d’être reçus sur le plan juridique. On ne peut combattre des films vidéo si clairs, permettant de voir tout ce qui se passe sur le terrain. Comment peut-on espérer convaincre des juges normaux du fait qu’Azaria craignait une explosion complémentaire, quand on le voit enlever son propre casque et se mettre à tirer sans avertir les gens qui se trouvaient autour de lui ? Il aurait du présenter sa réalité propre, le drame qu’il vivait quand il a vu son camarade frappé par un couteau et grièvement blessé », reconnaitre qu’il avait fait erreur et qu’il avait passé outre les instructions. Alors il ne fait aucun doute qu’il s’en serait tiré de loin à moindre prix.

2/ La source de toute cette histoire est l’organisme Batsélem, qui poursuit sans cesse l’armée avec des caméras dans toutes les impasses de ‘Hévron dans le but de déprécier le nom d’Israël dans le monde. Dans les heures faisant suite à l’événement, l’armée voulait effectivement traiter de ce cas au niveau disciplinaire. Tom Nééman, qui ne savait pas qu’il y avait une vidéo, voulait le punir pour cela et enterrer de la sorte cette histoire. Mais du moment où cette vidéo a été connue, l’histoire est passée d’un incident local à une affaire mondiale.

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Vous allez dire : Batsélem n’a en rien falsifié la réalité, ils ont juste montré ce qui s’est passé. Mais c’est exactement le cas classique où le fait de montrer la réalité entraine les esprits dans les abîmes les plus profonds du mensonge ! Le fait de montrer cette scène, qui montre quelques minutes prises d’une situation complexe,  et la déposer devant les yeux pénétrants des gens du monde occidental, qui exigent d’Israël une conduite sans faute, fait que l’on ne peut plus la juger en fonction de la réalité sur le terrain. Batslémen a renversé un cas concernant une vague transgression des recommandations sur le terrain et l’a amené à un jugement qui a mis sur les épaules du pauvre Azaria un combat titanesque et virulent qui se déroule, en Israël, entre la droite et la gauche.

3 Commentaires

  1. Pour le public religeux qui partage cette analyse, il est évident qu’il faut mentionner la ‘hévra BATSELEM dans la bénédiction « laminim ve-lamalchinin »….

  2. Bon, puisque nous sommes juif, nous ne cesserons jamais de discuter à l’infini.
    Mais, un moment donné, enfin du moins jusqu’à il n’y a pas si longtemps, les plus sages décidaient qu’il fallait trancher afin de pouvoir agir en harmonie, les uns avec les autres.

    Le problème c’est qu’en Israël, les Juifs ont abandonné les rôles de Sages, à des indigents, des malades et des crapules, de l’intellect. Abrutis par leurs merdia, entre les pattes de ces crapules, trop d’Israéliens ne s’en rendent pas compte encore. Ils ne voient pas encore, que Sodome et Gomorrhe renaissent dans le pays des Juifs. Sodome et Gomorrhe, c’est bien sûr, appeler le mal « bien » et le bien « mal ». Et c’est sur cette conception sodomite du bien et du mal, que sont aujourd’hui fondées les lois d’Israël. Les juges ne font qu’appliquer ces lois.

    Voilà où mène l’obsession de vouloir couper les lois d’Israël de la Loi Juive. Cette obsession est très concrète, dans le statut de la cour dite « suprême ».

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