Annexion : l’opposition d’intellectuels juifs français

Annexion : l’opposition d’intellectuels juifs français

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Annexion : l’opposition d’intellectuels juifs français

Le 18 juin 2020, des personnalités et organisations juives ont publié un article (dans le quotidien « le Monde ») appelant à « agir au plus vite pour qu’Israël renonce à son projet d’annexion ». Cet « appel contre l’annexion » émane d’éminentes personnalités comme Anne Sinclair, Benjamin Tora, Bernard-Henry Lévy, Alain Finkielkraut, Daniel Cohn-Bendit…outre une cinquantaine d’organisations juives mondiales qui disent s’élever contre la politique menée par le Premier Ministre israélien, Benjamin Netanyahou. De façon laconique, le texte tente d’expliquer les raisons pour lesquelles il faudrait s’opposer à l’annexion envisagée : les personnalités juives listées dans le document justifient alors leur appel du 18 juin 2020 par des soi disant violations du Droit international qu’elle emporterait, et par la reprise des thèses récurrentes des ennemis d’Israël.

Dans le premier paragraphe intitulé « Tribune », les signataires font part de leur inquiétude « face au projet du gouvernement de procéder, à compter du 1er juillet, à l’annexion de certaines parties de la Cisjordanie ». Pour autant, le document ne fournit aucunes explications sur les supposées inquiétudes des intéressés. Il est simplement lancé, sans autres précisions, qu’un « tel projet porterait atteinte au droit du peuple palestinien » et défigurerait le projet sioniste visant à l’établissement d’un Etat juif et démocratique (sic).

Bien évidemment, l’appel des intellectuels français se contente de reprendre quelques « banalités », dénuées de tout fondement. Rappelons pour mémoire que les parties de la Cisjordanie objet de l’annexion sont peuplées exclusivement de populations juives. En outre les territoires concernés sont déjà administrées et contrôlées exclusivement par Israël (en vertu des accords israélo palestinien de paix), et depuis, peu, soumis à la loi israélienne. On ne voit dès lors pas en quoi l’annexion et leur intégration officielle dans le territoire israélien porterait atteinte au droit du peuple palestinien. Corrélativement, il n’est pas précisé en quoi cette opération porterait atteinte au projet sioniste. Le sionisme était une vision tendant à la création d’un Etat national juif, indépendant, au Moyen Orient. L’assiette territoriale relève d’une décision politique qui n’a rien à voir avec l’aspiration sioniste qui a permis à l’Etat d’Israël de voir le jour. Il ne suffit donc pas de lancer quelques contrevérités, cautionnées par d’éminentes personnalités médiatiques françaises, pour en faire des vérités universelles.

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L’appel du 18 juin avance également que « l’annexion unilatérale serait contraire au Droit international et contreviendrait à toutes les résolutions du Conseil de sécurité relative au conflit israélo-palestinien, en particulier la résolution la résolution 2334 du 23 décembre 2016 ». Il n’en est rien : la résolution 2334 condamne « toutes les mesures visant à modifier la composition démographique, le caractère et le statut du Territoire palestinien occupé depuis 1967… ». Or, c’est bien cette résolution qui viole le Droit itnernational : elle se réfère à la résolution de l’AG de l’Onu du 6 mai 2004 qui a inventé « le statut du territoire palestinien occupé y compris Jérusalem Est » en parfaite violation des accords israélo palestiniens d’Oslo (opposables à l’Onu) qui ont organisé les prérogatives entre palestiniens et israéliens sur la Cisjordanie, sans jamais la considérer comme un « territoires palestinien occupé ».

Il ne suffit pas d’inventer un concept absurde, en 2004, étranger à la réalité géopolitique, pour en faire un principe de Droit international. C’est exactement ce qu’a rappelé l’architecte du « Deal du siècle » américain, Jason Grinblatt, lorsqu’il a interrogé le Ministère français des Affaires Etrangères (le 28 juin 2020) sur le point de savoir si les Etats-Unis violaient le Droit international en reconaissant Jérusalem unifiée en tant que capitale d’Israël, en y déplaçant l’ambassade des Etats-Unis, ou encore en ayant validé l’annexion israélienne du plateau du Golan.

Pour les signataires de l’appel du 18 juin 2020, « l’annexion unilatérale signifierait la fin de la solution à deux Etats et anéantirait tout espoir du peuple palestinien de parvenir à l’autodétermination par des moyens non violents ». Il n’en est bien évidemment rien : les palestiniens disposent de différents territoires notamment les zone A et B (et d’une partie de la zone C amenée à leur être transférée), pour exercer leur droit à l’autodétermination. En outre, ils disposent déjà de la bande de Gaza sur lequel ils s’autodéterminent avec un gouvernement, des députés, une police et une philosophie nationale, en l’occurrence la destruction de l’entité sioniste. L’on ne voit dès lors pas en quoi l’annexion (ou plutôt la déclaration de souveraineté) sur des territoires cisjordaniens peuplés de Juifs priverait les palestiniens de s’autodéterminer de façon non violente, puisque c’est déjà partiellement le cas.

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Pour les grands moralisateurs juifs français, « Il est vain de croire que la réalité sur le terrain l’emporte toujours et à jamais sur le droit international ». Une fois encore, il s’agit d’une erreur d’analyse. Il ne s’agit pas de conceptualiser des thèses absurdes et de les présenter comme relevant du Droit international pour que ce soit le cas. La seule réalité juridique internationale est celle découlant des accords de paix israélo palestinien d’Oslo et non les résolutions récurrentes depuis 2004 qui affirment que la Cisjordanie (bien sans maître) serait « le territoire palestinien occupé ». Un mensonge juridique n’a jamais créé de droit.

L’appel du 18 juin 2020 rappelle également la teneur d’une pétition signée par 300 officiers de l’armée du Mossad et de la Police pour qui «  l’annexion déclenchera une réaction en chaîne sur laquelle Israël n’aura aucun contrôle, conduisant à l’effondrement de l’Autorité palestinienne. Cela imposerait en retour qu’Israël prenne le contrôle total de toute la Cisjordanie et assume la responsabilité directe de l’existence de 2,6 millions de Palestiniens ». Que les responsables de la sécurité israélienne mentionnés dans le document se rassurent. Si l’Autorité palestinienne s’effondre, les palestiniens pourront toujours organiser des élections, dans le cadre de leur auto détermination. A défaut, la démonstration serait faite de l’incapacité palestinienne à s’autodéterminer.

En tout état de cause, Israël ne sera jamais tenu de prendre en charge les 2.6 millions de palestiniens vivant dans les zones cisjordaniennes sous contrôle palestiniens. Si les palestiniens sont dans l’incapacité de le faire, il appartiendra à la communauté internationale d’y procéder. Israël ne saurait s’immiscer dans les affaires internes d’un peuple avec lequel il n’a rien à faire. Si les palestiniens ne parviennent pas à s’autogérer, le monde prendra acte qu’ils ne constituent pas un peuple capable de disposer de lui-même.

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Le dernier thème abordé est intitulé « Le souci de l’avenir ». Y sont évoqués le risque de déstabilisation de la Jordanie, « fortement peuplée de réfugiés palestiniens » et le désaccord de l’Egypte qui pourraient tout deux reconsidérer les traités de paix avec Israël. Il est également rappelé le statut des palestiniens résidant en zone C annexée qui ne prendraient pas la citoyenneté israélienne (comme c’est le cas des palestiniens résidant à Jérusalem). Enfin, il est affirmé le risque de délégitimation d’Israël, induit, sur le plan international, et le fossé avec les Juifs de diaspora attachés aux principes des droits de l’homme et de la démocratie (sic). Une fois encore, que les intellectuels juifs français se rassurent : l’annexion envisagée est parfaitement légitime et conforme au Droit du peuple juif à disposer de lui-même.

1 Commentaire

  1. Voltaire : j’aime les paysans, ils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers… Cela convient très bien à ces juifs de gauche. Très intelligents, très cultivés et qui raisonnent complètement de travers, et résonnent comme des européens émasculés et érigent leurs peurs en doctrine morale avancée…

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