Appel d’un spécialiste : les synagogues restent des dangers

Appel d’un spécialiste : les synagogues restent des dangers

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Nous avions attiré l’attention des dirigeants communautaires face au danger du Covid 19, le 27 juillet 2020, et notamment par la nécessité de mettre en place un renouvellement d’air efficace.

Cet avertissement est resté lettre morte. Il vous appartient de faire passer le message et d’exiger de vos dirigeants la mise en place de ce dispositif. Réduire le nombre de fidèles ne change en rien quant à la présence du virus dans les synagogues, s’il n’est pas extrait mécaniquement. Ne faisons pas des fêtes de Rosh Hashana et de Kippour un Pourim bis.

Rappelons encore les grands principes :

Pour information, dans les avions, le renouvellement total de l’air se fait une fois toutes les trois minutes. C’est à cette condition que les passagers sont en sécurité par rapport à la présence du virus dans l’air et sous réserve de porter le masque.

C’est donc le renouvellement d’air qui réduit efficacement la présence du virus dans des lieux confinés.

La climatisation n’est qu’un recyclage et un refroidissement de l’air ambiant avec renvoi du virus dans le local. C’est le meilleur moyen de contaminer les personnes présentes. Le nettoyage des filtres que personne ne fait, la mise en place de produits anti-virus dont la durée de vie est très brève ne sont pas des solutions fiables.

SEUL UN RENOUVELLEMENT D’AIR COMPLET UNE FOIS TOUTE LES CINQ à SIX MINUTES soit 10 à 12 fois par heure peut réduire efficacement les risques liés à l’aérosolisation du virus.

Exemple : une synagogue de 250 m² au sol avec 5 m de haut, fait 1250 m3. Si on veut un renouvellement d’air de six fois par heure (soit une fois toute les dix minutes) cela fait 7500 m3 heure.

C’est-à-dire que la mise en place de 2 caissons insonorisés de type SOFTBOX de 4250 M3/H WINFLEX à 529 €.T.T.C l’unité, avec des gaines souples qui rejettent l’air vicié via deux fenêtres, permet de renouveler l’air correctement.

Cela est exigé par une directive gouvernementale en date du 17 mars 2020

Pré-requis : le renouvellement de l’air des espaces intérieurs

Le renouvellement (1) de l’air des locaux est une obligation réglementaire d’autant plus importante dans le contexte d’épidémie de Covid-19. Il est assuré par des systèmes de ventilation (ventilation par conduits à tirage naturel et VMC (2) qui permettent d’accroître l’amenée d’air « neuf » et l’extraction de l’air dit «vicié». Étant donné que ces dispositifs fonctionnent par extraction, la contamination d’une pièce par un autre, via le réseau collectif de ventilation, est donc peu probable (3) .

1 Par apport d’air « neuf » et évacuation de l’air ayant séjourné dans la pièce.

2 La VMC ou ventilation mécanique contrôlée est assurée par un dispositif comprenant un groupe moto-ventilateur qui permet d’extraire mécaniquement l’air vicié de la pièce et de le rejeter à l’extérieur via des conduits d’évacuation.

3 Avis du HCSP du 17 mars 2020, relatif à la réduction du risque de transmission du SARS-CoV-2 par la ventilation et la gestion des effluents des patients COVID-19.

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Voilà un vieux débat sur la bonne gestion des lieux de culte. Ces lieux souvent gérés par des néophytes en matière technique, sont souvent mal conçus pour ce qui est du chauffage, de la climatisation, voire aussi de l’électricité, mais c’est un autre sujet.

Rares sont les synagogues qui échappent aux erreurs en la matière. La plupart du temps, les dirigeants, se prennent tous pour des ingénieurs, capables de juger de ce qui est plus ou moins bon pour LEUR SYNAGOGUE.

Dans la majorité des cas, des installations importantes sont acquises, sur de simples devis d’entreprises, et le choix se fait sur la base du prix. Il n’y a jamais d’étude thermique préalable, jamais de prescription, et jamais de descriptif clair de travaux sur lesquels les entreprises doivent répondre. Les dirigeants choisissent parmi leurs connaissances un prestataire à qui ils font aveuglément confiance pour une installation, qui se révèle souvent inapproprié par la suite.

C’est la technique des petits copains et du doigt mouillé.

Moralité, si les synagogues sont chauffées, climatisées, elles sont très, très rarement ventilées.

QUEL EST L’INTÉRÊT D’UNE BONNE VENTILATION

Dans notre cas, elle double :

UN – permettre un apport d’air frais et sain.

DEUX – d’évacuer l’air vicié porteur de germes voire de virus.

Peut-on compter sur un simple courant d’air ? NON.

Parce que cela dépend alors du niveau de la pression d’air extérieure. En cas de forte dépression, il y a une succion de l’air, tandis qu’en cas de surpression il y a une insufflation de l’air. Mais tout cela reste dépendant du niveau de la dépression ou de la surpression, qui peuvent être nulles à l’instant T.

Renouvellement d’air

Petit rappel sur la production de chaleur par le corps humain.

I/ Une température corporelle presque constante :

La température de notre environnement est en général inférieure à celle de notre corps (environ 37°C). Un flux thermique s’installe donc de notre corps vers notre environnement, qui devrait conduire à une baisse de notre température corporelle.

II n’en est rien, notre température reste à peu près stable. Les quantités de chaleur perdues par le corps humain sont donc compensées par la production d’une quantité équivalente de chaleur dans le corps.

À l’échelle d’une journée, le bilan thermique du corps humain est équilibré. A une échelle de temps plus courte, on peut constater que la température du corps varie légèrement en fonction de l’activité.

II/ Métabolisme et production de chaleur :

1) Le métabolisme cellulaire, producteur de chaleur

L’énergie thermique du corps provient majoritairement de la conversion de l’énergie chimique des aliments consommés. La digestion transforme les aliments en nutriments absorbables par l’intestin grêle. Lors de la respiration cellulaire, environ 40 % de l’énergie contenue dans les nutriments est convertie en énergie chimique sous forme d’ATP (adénosine triphosphate). Le reste (environ 60 %) est converti en chaleur. De plus, lorsque l’énergie contenue dans l’ATP est utilisée pour permettre une activité cellulaire, la moitié de son énergie est de nouveau dissipée sous forme de chaleur. Ainsi, plus de 80 % de l’énergie contenue dans nos aliments est à l’origine de notre chaleur interne. Même au repos, l’organisme assure un métabolisme basal à l’origine d’une production minimale de chaleur

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2) Alimentation et besoins énergétiques :

Manger permet d’apporter le « carburant» énergétique pour que le corps humain fonctionne et maintienne son bilan thermique à l’équilibre. Si l’organisme pratique une activité physique régulière et importante, les besoins énergétiques augmentent. Les apports alimentaires doivent donc eux aussi augmenter pour garantir le bon fonctionnement du corps. L’alimentation doit donc être adaptée qualitativement et quantitativement pour répondre à l’ensemble des besoins et assurer un bilan énergétique équilibré.

III/ Les pertes de chaleur :

1) Un corps, mais deux compartiments thermiques :

Dans un corps au repos, les organes vitaux (comme le cerveau, le cœur, les reins, le foie et le tube digestif) constituent un compartiment central, principal lieu de la production de chaleur et dont la température est stable à 37 °C.

Le compartiment périphérique est principalement constitué de la peau et des muscles dont la température, au repos, est inférieure de quelques degrés à celle du compartiment central. Au cours d’un effort physique, l’intense activité respiratoire des cellules musculaires provoque une importante production de chaleur. Ainsi, la température du compartiment périphérique n’est pas stable et peut varier entre 20 et 40 °C.

2) La puissance thermique du corps humain :

La puissance thermique, qui traduit la quantité d’énergie évacuée par le corps par unité de temps pour une personne éveillée et au repos, est d’environ 100 à 120 watts par heure.

Les pertes de chaleur du corps humain se réalisent selon quatre mécanismes

– La conduction: la chaleur se dissipe d’autant plus rapidement par contact avec une matière plus froide.

– La convection: la chaleur du corps humain réchauffe l’air qui l’entoure. Cet air s’élève et est remplacé par de l’air plus frais. L’effet de la convection est plus important s’il y a du vent, ce qui explique une sensation de refroidissement plus forte.

 – L’évaporation de l’eau perdue par l’air expiré et par la sudation (en cas d’activité physique ou d’environnement chaud). – L’émission d’un rayonnement infrarouge dont la mesure permet d’évaluer la température du corps. Ces différents modes de transfert de chaleur seront plus ou moins importants selon les conditions de l’environnement (température extérieure, humidité de l’air, l’épaisseur des vêtements, activité physique, etc.). Exemple : lors d’une course, la puissance thermique dégagée sera 50 fois supérieure à la situation

En résumé, nous produisons tous de 100 à 120 W/heure et de la vapeur d’eau. Plus l’air ambiant se charge en eau (transpiration) et plus l’évaporation de la sueur devient lente et plus le ressentit lié à la moiteur est désagréable.

Aspect pratique de cette affaire.

Nos braves dirigeants veulent nous faire apprécier leur investissement, fait grâce à leurs amis, et leur climatisation. Pour qu’elle fasse de l’effet, il faut fermer les fenêtres.

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Que se passe-t-il alors :

Prenons une synagogue de 300 m² avec 300 fidèles. En été ou au printemps voire en début d’automne il fait déjà chaud. Il n’est pas utile de chauffer par contre les 300 fidèles produisent, 300×120 W = 36 000 W ou 36KW plus de la vapeur d’eau 50 ml par heure et par personne soit 15 litres par heure.

Sur cet air chaud , déjà humide, on injecte de l’air froid et humide.

Tout le monde comprendra que la première des choses à faire est l’extraction de l’air chaud produit. De plus, on a une obligation de renouveler l’air à hauteur de 1 volume heure.

Reprenons l’exemple de la synagogue de 300 m² pour un volume de 300×3 m de haut = 900 m3, il faudrait une installation capable d’extraire 900×1.5 = 1350 m3/h.

S’ajoute à tout cela la Covid-19.

Nous sommes alors dans des lieux confinés, sans extraction d’air et sans une ventilation naturelle, car on attend tout de la climatisation. Nous pouvons alors porter des masques, se mettre du gel hydroalcoolique, faire de la distanciation, etc…. mais le virus reste bien confiné avec nous…

Dernière nouvelle : On apprend que les climatisations peuvent véhiculer le virus, Pourquoi ?

Parce qu’il y a un mélange d’air vicié avec un air neuf et même si cela passe par un filtre ce filtre n’est pas adapté.

Systèmes à air recyclé, attention.

Dans des systèmes collectifs classiques, la régulation de température est réalisée en mélangeant une partie d’air neuf entrant avec une partie d’air « de reprise ». Le mélange traverse ensuite des filtres, puis des échangeurs (batteries froide et chaude) permettant de réguler la température.

Dans ces systèmes dits « à air recyclé », un risque subsiste si les filtres présentent des fuites ou ne sont pas suffisamment performants pour éliminer les virus.

Un filtrage défectueux ou inadapté est encore plus dommageable si l’air de reprise est collecté dans plusieurs pièces ou appartements avant d’être partiellement recyclé et réinjecté dans les circuits.

Dans les hôpitaux ou bâtiments sensibles, dans les avions, etc., la performance des filtres doit être adaptée à la taille des particules pathogènes dont on veut se protéger.

Mais ailleurs ? Double flux 100 % air neuf : les systèmes les plus sûrs

Mais autre problème si les rejets d’air viciés sont trop proches des prises d’air neuf le problème reste tout aussi grave

D’où la nouvelle recommandation :

Dans la chambre d’un malade, si un doute subsiste sur le système de ventilation ou son état, il peut être préférable de couper la climatisation et de renouveler l’air en ouvrant les fenêtres.

Dès lors, il ne faut pas s’étonner du nombre de malades dans les petits oratoires, souvent sauvages, avec de petits présidents, qui ont continué les offices en douce, et ont confiné leurs amis avec les conséquences que l’on connaît.

Conclusion :

Même si la climatisation apporte un petit confort à un prix fort, préférez une bonne ventilation plus efficace en temps de chaleur, beaucoup moins coûteuse et plus saine.

Moshé COHEN SABBAN

1 Commentaire

  1. C’est l’une des raisons qui m’a personnellement conduit à ne plus me rendre du tout à la synagogue depuis presque 6 mois alors que je la fréquentais assidument depuis 45 ans…

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