Autour des funérailles de Simone Veil…

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Le lieu du crime : la Cours des Invalides

Une fois de plus, les nouveaux groupes de l’ancienne errance juive, ceux qui tentent de remettre à jour les déviances qui ont été celles des Réformés et des Libéraux qui ont sévi au 19e siècle et sont parvenus à vider les communautés juives allemandes, puis européennes, de tout contenu, ont frappé ! A l’image des femmes du Kotel, dont les maris ne se rendent jamais à la synagogue et ne sont en aucune manière intéressés par la lecture de la Tora, et pourtant ces femmes ne cessent de revendiquer leur droit à effectuer la lecture contrairement à la conduite bimillénaire du peuple juif, une « rabbine » française libérale du nom de Delphine Horvilleur a prétendu avoir dit le Kaddish en la mémoire de Mme Simone Veil aux côtés du Grand rabbin de France, rav ‘Hayim Korsia. La nouvelle a paru… dans Le Monde, et a suffisamment irrité ce dernier pour qu’il fasse paraître un communiqué contredisant cette « nouvelle ».

Il n’est pas sans intérêt de suivre la manière dont ces gens agissent, et dont certains media suivent les pas : le Grand rabbin de France a protesté dans le « petit » journal nommé Actualités Juives, ce qui lui attire les moqueries les ires d’un certain Mark Weitzman, sur « Tablet », dont on imagine facilement l’idéologie : pourquoi le Grand rabbin n’a-t-il pas réagi dans les colonnes du Monde ? Soyons sérieux, M. Weitzman : un journal goy, gauchiste, va-t-il comprendre un débat interne au peuple juif, concernant oui ou non le droit à une femme à dire le Kaddish ? Mais la moquerie est une arme précieuse entre les mains de ces honnêtes gens…

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Suit, du reste, une analyse socio-religieuse qui vaut son pesant d’or et prouve la capacité de ces groupes de comprendre notre communauté :

« Cet incident est révélateur des différents aspects de la vie juive en France. Le mouvement libéral a été marginalisé depuis des décennies ; admettre qu’une femme lise le kaddish, même s’il s’agit d’une femme rabbin, n’est pas considéré comme cacher, par une importante partie des juifs religieux. La plupart de ceux-ci sont originaires du Maghreb ; ils sont venus en France dans les années 1960, après avoir fui les anciennes colonies. Nombre de Juifs orthodoxes, parlant le yiddish, que vous rencontrez dans le Marais, viennent de Tunisie (sic !). Ils ont appris le yiddish à la synagogue, non à la maison. Korsia, lui-même, bien que né à Lyon, est originaire d’Algérie (faudra qu’on lui demande s’il sait le Yiddish…).

« Cette histoire, à propos des funérailles de Veil, illustre, cependant, la place des femmes dans la vie religieuse ; ce qui est d’une amère ironie, quand on sait que Simone Veil est une icône du féminisme. En tant que juive ashkénaze non observante, Veil était une des dernières représentantes de la communauté juive européenne, la cible principale d’Hitler. Ces Juifs que la révolution française avait reconnus comme citoyens. En demandant que le kaddish soit lu sur sa tombe, elle témoignait son appartenance à l’histoire juive. Les Sépharades, de leur côté, ont compris cette requête, différemment ; pour eux, il s’agit de repentance, et du retour à la religion, comme on rentre à la maison.

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« Ce point de vue s’explique par le contexte historique. Pendant la guerre, malgré que les lois de Vichy fussent applicables dans les colonies, peu de Juifs de Tunisie, Algérie et Maroc subirent la terreur nazie (tiens, allons-y donc). Dans les années 80/90, lorsque la Shoah finalement devint un sujet de conversation admis, et parfois obsessionnel, nombre de Sefarades ont considéré que leur exil forcé et les souffrances qui s’en suivirent étaient marginalisés. Beaucoup d’entre eux devinrent observants, en réaction aux Ashkenazes résolument séculiers (ouha !). Les Sefarades  en vinrent à se considérer comme les « vrais » Juifs de France ; comme les sauveurs du judaïsme français qui était à l’agonie avant la Seconde guerre mondiale. Certains rabbins séfarades allèrent encore plus loin ; ils émirent l’idée que la Shoah était un acte de punition divine causée par leur manque de piété (bien entendu, uniquement les « rabbins sefarades », c’est fantastique).

 

« La question de savoir si oui ou non une femme rabbin libérale peut dire le Kaddish ne peut être posée qu’en France. »

 

Alors, sachez-le : c’est parce qu’en France des rabbins sefarades parlant Yiddish ont envahi la communauté, ils ont pris pour ligne de conduite d’interdire à une rabbine de dire le Kaddish. Cela vaut son pesant d’or !

 

(Source : Un article de «Tablet», par Mark Weitzmann, traduit et adapté par Victor Kuperminc, paru sur le site LeMonde.co.il)

 

8 Commentaires

  1. Une femme qui chante dans une synagogue, un cimetière, ou au Kotel, voilà bien l’abomination de la désolation…
    Et que la famille d’une femme aussi admirable que Simone Veil, et qui a donné une liberté nouvelle à toutes les femmes de France, demande à une femme rabbin de les aider à dire le Kaddish, quelle aberration!
    Une telle bêtise, doublée d’une immense intolérance, est consternante. Et ce soi-disant « Rav » Henri Kahn (j’en ricane) ne sait-il pas que la majorité des Juifs américains sont de tendance libérale? Et que sait-il de la tradition laïque des Juifs d’Alsace-Lorraine? Il devrait lire les ouvrages du Rabbin Simon Debré. C’est notre vraie tradition, et celle de la famille Veil.

    • Nous eussions dû refuser de faire passer la présente réaction de ce lecteur, du fait de son ton moqueur, mais, justement, au contraire, ceci permet de mieux saisir à quel niveau se placent ces gens qui viennent remettre en question la conduite traditionnelle de notre communauté ! Une rabbine, elle va dire kadish, elle va doubler le Grand rabbin de France dans cela…
      On dit du reste que cette « rabbine » ne respecte pas le Chabbath, et que, quand on lui demande si elle croit en D’, elle répond « peut-être »…
      Quant à la libération de la femme que Mme Veil a introduite en France, cela ne nous semble pas être la meilleure des interventions de cette personnalité. Il y en a eu d’autres, qu’on peut effectivement louer, mais l’ouverture de la permissivité des avortements n’est pas, pour la Tora, la meilleure des actions qu’elle a entreprise…
      La « tradition laïque d’Alsace-Lorraine » ? Que n’en déplaise à ce lecteur, je suis justement né en plein sur ce terroir et j’ai bien connu l’état des lieux dans ma jeunesse : une ignorance assez totale de la conduite juive, provenant d’une ‘am aratsouth assez consternante, provoquée elle entre autres par les influences des communautés libérales de l’Allemagne voisine…
      Allons, ayez pitié de la communauté juive de France : d’importantes personnalités rabbiniques, sefarades pour la plupart, ne sachant pas le Yiddish (ou pratiquement jamais, mais cela n’est pas une tare), qui ont étudié dans les Yechivoth des dizaines d’années avant de prendre place dans les communautés, qui ont effectué une oeuvre remarquable, rapprochant les membres de la communauté de la connaissance de la Tora (orthodoxe, soit, mais elle a aussi sa valeur…) et de la pratique, entraînant la jeunesse à comprendre l’importance de l’étude de la Tora (les libéraux et les réformistes ont-ils des institutions d’étude sérieuses à proposer ? Faudra que je cherche…). Ne venez pas l’amener à suivre l’exemple des Etats Unis, où tout le monde sait que ces groupes foncent vers l’assimilation et la disparition de l’horizon juif !
      Nous sommes, pour terminer, fort reconnaissants aux personnes de cette inspiration qui ont attiré l’attention du public à ce que nous écrivions. Nul doute que les gens, en général, reconnaîtront la vérité là où elle se trouve, et comprendront la nature du danger que ces groupes leur tendent, pour mieux l’éviter.

      • Je tombe par hasard sur la réponse du « Rav » Khan à mon commentaire précédent.
        Tout d’abord, désolé que mon ton « moqueur » ait pu choquer le « Rav »: je croyais que l’humour faisait partie de la tradition juive. Pourvu que le « Rav » ne croise pas Woody Allen!
        Je n’avais pas noté que Le Monde était disqualifié, en tant que journal « gauchiste »: cette petite remarque éclaire assez bien les propos du « Rav ». Sans doute prefere-t-il MMe Le Pen ou Boutin…
        Désolé aussi de devoir réaffirmer qu’il y a bien une tradition juive française, qui vaut bien toutes les autres, que nous avons accueillies. Pour cette tradition, qui remonte au moins à Rachi, il y a quelques grandes dates dans notre histoire. Je n’en cite qu’une, pour amorcer doucement la formation du « Rav »: 1791, émancipation des Juifs de France. Loi, il est vrai, portée par un abbé révolutionnaire, élu de Nancy… Et doit-on s’excuser si, dans cette tradition, on trouve des rabbins, des professeurs de médecine (ex: Robert Debré), de grands hommes politiques (ex: Léon Blum), de grands écrivains de langue française (ex: Marcel Proust), des prix Nobel ou médaillés Fields), etc. C’est vrai que je ne leur ai pas demandé à tous comment ils respectaient le Chabbath. Mais il me rendent fier de mes origines, ce qui n’est visiblement pas le cas du « Rav ».
        Dommage pour lui.

        • Il est intéressant de comprendre pourquoi le présent intervenant tient tellement à ce que mon titre soit mis entre guillemets : sait-il où j’ai étudié et combien de temps, pour les ajouter, comme pour mettre en doute ce titre ? Ou quelle Yechiva j’ai dirigée voici quelques années ? Cela demande à être compris, bien que la réponse ne soit pas très difficile à saisir.
          Quant à l’humour, qu’on nous permette de douter de sa qualité.
          La tradition française : nous avons déjà parlé de ce sujet dans notre numéro consacré à Napoléon, et avons exprimé à quel point, pour le judaïsme orthodoxe, la « tradition » dont parle cette personne correspondait à une « trahison » en bonne et due forme de la Tora, ainsi que l’histoire de la communauté juive en France l’a démontré amplement au courant du 19e siècle, puis au 20e siècle. Triste est que l’on puisse encore encenser cette période, ou vouloir continuer à y trouver de hautes valeurs, quand finalement elle a consisté en un abandon de la culture juive.

          • Pourquoi des guillemets? C’est simplement une réponse du berger à la bergère, ou plutôt de la bergère au berger. Pourquoi écrivez-vous la « rabbine » pour parler du rabbin Delphine Horvilleur?

            Serait-ce parce que c’est une femme?

            Ce faisant, vous insultez plus de la moitié du judaïsme américain, entre autres. Et, à force d’exclure les autres, on finit par se retrouver un peu seul, et par disparaître… Ou au mieux par finir dans une réserve d’indiens.
            Vive la vie!

          • Ben, que vous dire, cela fait 3500 ans qu’on n’a pas eu de « rabbine », c’est quelque chose, non ? Cela peut justifier des guillemets.
            Insulter la moitié du judaïsme américain – qui injure pour sa part ces 3500 ans de judaïsme tout court… Du reste, pour ce qui concerne l’avenir, tout le monde sait que cette branche est en perdition, acceptant les mariages mixtes. Dans quelques années, il n’en restera pas grand chose.
            Pour notre part, la discussion est close.

  2. Les propos de Mr Weitzmann sont tout simplement et parfaitement racistes. On voit bien où s’arrêtent « l’ouverture d’esprit » et la belle « tolérance » dont se targuent les libéraux…
    Quant à la réaction de Mr Levy elle porte ce propos ad nauseam.
    Une seule question : Machia’h va-t-il pouvoir venir avec une telle sinat ‘hinam ?

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