Bené Brak : comment une ville pauvre est devenue une mine d’or (I)

Encaissement agressif des impôts locaux, création d’une zone industrielle est exploitation optimale des budgets gouvernementaux : le maire de Bné brak, ‘Hanokh Zeibert, explique comment il a réussi à tirer parti des forces et des faiblesses de l’une des villes les plus pauvres d’Israël, et démarrer un projet qui rapportera des centaines de millions de shekels à la municipalité

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Mayor of the Ultra Orthodox city of Bnei Brak, Hanoch Zeibert

 

Première partie d’une étonnante interview publiée dans … Haaretz!

« Mon mandat se divise en deux périodes : les deux premières années et demi pour réaliser les projets de mes prédécesseurs, et les deux et demi suivantes pour préparer ceux qui seront réalisés par mes successeurs », a expliqué le maire de Bené Brak, ‘Hanoch Zeibert aux journalistes.

« Notre excellente situation financière est le fruit que je cueille d’un arbre planté par mon prédécesseur » ajoute-t-il dans un constat qu’il est rare d’entendre de la bouche d’un élu.

Bקné Brak est considérée comme une ville très pauvre, et elle est à l’avant-dernier niveau sur l’échelle socio-économique gouvernementale, au même rang que les villes et yichouvim pauvres de la périphérie. Maisצ à la vérité, cela lui sert d’un point de vue financier : bien que le budget municipal soit équilibré et que l’épurement de ses dettes ait dû la faire considérer comme une ville indépendante à l’instar de Péta’h Tikva ou Herzlya, et même lorsque les revenus des nouveaux projets commenceront à entrer, Bקné Brak continuera à bénéficier de budgets gouvernementaux considérables en raison de son classement socio-économique.

Dans quelques années, elle sera même une municipalité très riche, laissant derrière elle des villes avec des habitants beaucoup plus aisés. Et alors que la mairie de Jérusalem rend les orthodoxes responsables de sa pauvreté et que Bath Yam met sa langueur économique sur le compte de sa proximité avec Tel Aviv, Bené Brak a su à la fois utiliser les particularités de la société orthodoxe pour obtenir légalement des financements publics et exploiter le potentiel commercial de sa proximité avec Tel Aviv.

Il y a près de quatre ans, la ville a ouvert un centre pour l’emploi.

« Une municipalité n’est pas censée se préoccuper de l’emploi » explique le trésorier de la ville, Ya’akov Adler, « cependant nous avons mené cette entreprise, et même initialement intégralement financé le centre pour l’emploi, qui a dépassé cette année les 3 000 demandes ». Les demandeurs bénéficient d’une évaluation psycho-technique, de cours d’anglais, de mathématiques, d’informatique, d’ateliers d’écriture de CV et d’entretien d’embauche. Après cette prise en main initiale, ils sont orientés vers des formations professionnelles du ministère du travail en mécanique, électricité, cuisine, comptabilité, droit ou programmation. Le centre organise régulièrement des foires à l’emploi avec les employeurs. « Je sais que nous serons d’abord les coupeurs de bois et les porteurs d’eau du marché du travail, précise Adler, et que les laïques nous paieront au début moins que des programmeurs indiens. Mais je ne m’inquiète pas d’être « indien » pour trois ou quatre ans, car il est certain qu’il ne se passera pas beaucoup de temps avant que la qualité du travail de salariés orthodoxes ne soit connue et reconnue, et qu’une programmeuse résidant à Bené Brak n’obtienne le même salaire qu’un élève du Technion ».

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