Une inspection du cimetière de St-Eugène (Bologhine) à Alger

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Compte rendu de visite à Alger du 2 au 5 Mai 2018

Une visite du cimetière de St Eugène, d’Alger, a été effectuée. Le compte-rendu que ses visiteurs ont rendu n’est pas très encourageant.

  1. Résumé

La présente visite à Alger effectuée par Jean Paul Durand et Michel Zaffran avait les objectifs suivants :

  • Faire un constat sur l’état du cimetière juif.
  • Rencontrer les autorités compétentes en charge de l’entretien et de la préservation du cimetière.
  • Confirmer la pertinence de la création d’une association de sauvegarde du cimetière de St Eugène.

Compte tenu de nos observations et des rencontres que nous avons pu faire, il nous parait indispensable et urgent d’agir.

Pour cela, la mise en place d’une association, sous le régime de la loi de 1901, apparait comme absolument nécessaire à court terme.

 

  1. Etat du cimetière

Contrairement à la première impression que l’on a en y entrant, et qui trompe ceux qui ne s’aventurent pas à l’intérieur, le cimetière de St-Eugène est dans un état inquiétant de dégradation.

a) La nature reprend possession du cimetière : de nombreuses allées sont inaccessibles car envahies de ronces, et de nombreuses tombes sont fortement dégradées par la pousse d’arbres tout autour ou même à l’intérieur.

b) Des microséismes ont affecté les murs et les plafonds des bâtiments qui présentent de nombreuses fissures les rendant vulnérables aux intempéries (Mausolée des rabbanim et monument aux morts).

c) De très nombreuses dégradations sont récentes comme le montre la comparaison avec des photos de 2009 et 2010.

  1. Actions nécessaires pour la sauvegarde du cimetière

Les actions suivantes sont, à terme, indispensables pour préserver le patrimoine historique et communautaire que constitue le cimetière de St Eugène :

  • Sécurisation du site, par la réfection du mur d’enceinte existant et/ou mise en place d’un nouveau mur dans la partie haute du cimetière.
  • Débroussaillage et élagage des arbres.
  • Réparation des bâtiments principaux (mausolée des rabbanim, monument aux morts, ossuaire des rabbins d’Alger).
  • Mise en place et suivi d’une activité régulière d’entretien pour éviter que les herbes et autres plantes ne prolifèrent.

Nous avons contacté la consule générale adjointe de France à Alger, Mme Evelyne Sengsuwan, et avons rencontré le directeur général de l’établissement de gestion des pompes funèbres & cimetières (EGPFC), ainsi que le chef du département technique.

Le directeur de l’EGPFC nous a encouragés à créer une association représentant les familles des personnes inhumées, qui pourrait collaborer avec l’EGPFC afin de permettre la réalisation des opérations nécessaires de réhabilitation et d’entretien.

Une telle association serait l’interlocutrice naturelle, pour le cimetière juif de St-Eugène, des autorités françaises et algériennes (Ambassade et Consulat de France, Consistoire de

France et Wilaya). Travaillant en cohérence avec tous les acteurs, elle pourrait attirer l’attention sur l’urgence et la planification des travaux à effectuer de manière plus efficace que des particuliers.

  1. Financement des activités de préservation

Un chiffrage des travaux est en cours mais il est évident que des sommes élevées seront nécessaires pour les activités les plus urgentes de réhabilitation et de sécurisation du site.

Il sera donc nécessaire, pour compléter les moyens déjà disponibles, que l’association identifie des sources de financements qui pourront varier selon la nature des travaux.

5 . Questions à documenter avant la rédaction de l’objet et des statuts de l’Association.

Existe-t-il déjà d’autres associations qui se consacrent à la préservation des cimetières d’Alger ? Sont-elles actives et devrions-nous nous en rapprocher ? L’ASCA (Association pour la Sauvegarde des Cimetières en Algérie), qui nous a été mentionnée à plusieurs occasions, ne semble plus être active.

Serait-il judicieux que l’association se rapproche des représentants de la communauté chrétienne présente à Alger et étende son champ d’action au cimetière chrétien ? Nous nous sommes entretenus au téléphone avec Mgr Henri Teissier, ancien archevêque d’Alger, mais nous n’avons pas pu le rencontrer. Il nous a dit qu’il allait réfléchir à la nécessité d’une association ; nous restons en contact avec lui.

6 . Axes de réflexion

Serait-il possible de se rapprocher des Ministères de la Culture algérien et français afin que le cimetière, compte tenu des monuments historiques qui s’y trouvent, soit géré comme patrimoine commun à la France et l’Algérie ?

Serait-il utile de créer également une association à but non lucratif, de droit algérien,

(« branche » de l’association loi 1901) afin de faciliter les interactions avec les entreprises locales ?

Parmi les entrepreneurs contactés, le chef du département technique de la SARL Groupe Sept nous a signalé que cela pourrait faciliter le paiement de factures en évitant les coûts liés aux taux de change. Il prépare un devis pour les travaux à venir.

Nous sollicitons activement et accueillerons favorablement toutes vos propositions, suggestions, idées, conseils, et informations complémentaires.

Vous pouvez bien entendu diffuser ce document auprès de votre réseau.

Avant l’été une suite sera donnée à notre projet commun et vous en serez aussitôt avisés.

 

Jean Paul Durand

jeanpauldurand5@gmail.com

 

Michel Zaffran

michelzaffran@gmail.com

 

Frédérique Albou

frederique.albou@gmail.com

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