De passer de la figue au raisin…

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Les jours de pénitence et Yom Kippour !

« Et Je (Hachem) jetterai sur vous de l’eau pure, et vous serez PURIFIES »

De passer de la figue au raisin…

Autour de la table du Chabbath, par le rav David Gold

Cette semaine on aura la chance de se préparer au jour du Grand Pardon : Yom Kippour. Je dis la chance, car ce n’est pas tous les jours d’avoir la certitude d’obtenir le pardon de  D’ ! Une autre preuve, c’est qu’à l’entrée du jour saint, la communauté fait la bénédiction : « Béni soit Hachem… Qui nous a fait vivre et gratifié de ce jour ». Donc même s’il s’agit d’un jour austère –on ne mange pas ni on ne boit- c’est l’assurance d’en sortir purifié avec notre techouva. Vous le savez déjà, la techouva / le repentir- n’est pas une grâce qui tombe du Ciel. C’est d’abord un travail et un effort de notre personne. Le Cha’aré Téchouva (de rabénou Yona de Gironde) enseigne plusieurs points pour faire techouva. Grosso-modo, il en existe quatre : a) Regretter la faute, b) l’abandonner, c) prendre sur soi de ne plus faire de fautes à l’avenir, d) le vidouï –la confession- le jour de Yom Kippour.

Prenons un exemple des plus bêtes… (texte copié du petit carnet d’un brave homme) : « Le 25 juillet dernier, j’ai ouvert mon portable –alors que j’étais sur la route du midi- et j’ai passé 6 heures (de minuit à 6 heures du matin) à surfer sur des sites… même la ribambelle des camions-poubelles circulant à Paris ne pourraient ingurgiter toutes ces saletés… Je le sais -car je l’ai appris dans le feuillet « Autour de la table du Chabath »- le jour du Kippour arrive pour expier toutes mes fautes… Donc je veux me repentir –si c’est encore possible- de toutes les images regardées, du temps perdu (6 heures) alors que j’aurais pu dans le même temps étudier de la Tora – ; de plus, toute cette première semaine de vacances, je  n’ai pas pu me concentrer ; mes relations avec mon épouse et mes enfants ont été déplorables … Bien que je sache que la Tora interdit ce genre de documentaires (qu’ils soient en noir et blanc, virtuels ou pas…). Donc je dois avant tout regretter ma faute, l’abandonner (ne plus surfer sur ces sites…), et prendre sur moi de passer à un portable genre « Samsung »/Avrékhim et faire le Vidouï de Kippour en rajoutant dans le texte de mon Sidour : « Sur la faute que j’ai faite de regarder mon IPhone le 25 Juillet dernier… ». Plus le regret sera sincère, plus la pureté du jour de Kippour sera grande (fin de l’extrait – et on remerciera ce lecteur anonyme qui nous a permis de copier son journal intime).

Le Rambam écrit (H.Techouva 3.3) de la même manière qu’on pèsera (au Ciel), les actions de l’homme le jour de sa mort… pareillement à Roch Hachana on pèse les actions de l’année passée. Les Tsadikim seront inscrits dans le livre de la Vie, les mécréants dans le livre de la Mort et les mi-figues mi-raisins seront en suspens jusqu’au jour du Kippour. S’ils font techouva (à cette date), ils seront inscrits dans le livre de la Vie, sinon… ». Donc on voit que pour la catégorie des gens qui sont moitié-moitié, il faudra attendre le jour de Kippour pour que leur jugement soit scellé.

Le ‘Emek Berakha (P146) pose une intéressante question. Pourquoi le Rambam enseigne qu’il faut faire techouva pour faire pencher la balance du bon côté ? Il aurait dû écrire que ces genres de personnes rajoutent une seule Mitsva à leur actif pour faire pencher du côté positif l’équilibre du bilan de toutes les Mitsvoth et péchés de l’année passée… Par exemple, prendre sur soi de rajouter un cours de Tora dans la semaine (jusqu’à présent ceux du lundi et jeudi soir, dorénavant on choisira de faire une ‘Havrouta (étude en binôme) le mardi soir ! Que pensez-vous de la bonne idée ?). Donc pourquoi le Rambam précise de faire précisément techouva ? (la question est forte sur le Rambam car la Guemara –Roch Hachana 17- enseigne de « de rajouter du mérite »/elle ne précise pas forcément le repentir.)

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La réponse que je vous propose est celle entendue au nom du Méiri (je ne l’ai pas vu dans les mots). Il explique que les Benoniim/les gens qui sont moitié–moitié sont des gens qui vivent dans l’indécision. C’est-à-dire que fréquemment ils choisissent la voie spirituelle (plus de Tora, plus de prières) mais d’un autre côté leur cœur tangue vers la voie matérielle. Donc lorsque le Rambam écrit qu’il faut faire techouva, il s’agit de prendre une direction dans la vie. La techouva sera donc l’expression que notre homme devient plus spirituel et s’éloigne du côté matérialiste de la vie. C’est précisément ce que l’on attend des indécis…(Pour ceux qui veulent d’autres magnifiques réponses, qu’ils ouvrent le nouveau Best Seller qui vient de sortir (« Au cours de la Paracha ») p 455 ).

La rosace existe pour tout le monde !

Il s’agit d’un jeune israélien qui est né dans une famille d’un milieu difficile. Le père travaillait d’arrache-pied dans un petit magasin tandis que la mère était atteinte d’une maladie chronique –Que Hachem nous en préserve. C’était un fils unique. Il était scolarisé dans une école de l’état d’Israël, donc non-religieuse, et dans sa classe beaucoup d’enfants avaient une vie très facile. Parmi ses très bons amis, l’un avait un père avocat, l’autre avait un père médecin et rien ne manquaient jamais dans leurs réfrigérateurs. Qui plus est, les parents leur offraient tout ce qu’ils désiraient… Tandis que pour lui, sa vie avait une toute autre couleur… En grandissant, il prit l’habitude  de ne jamais rien demander à ses parents. Tout son argent de poche, il le gagnait. Puis vint l’adolescence et les mauvaises fréquentations. Les besoins –d’argent de poche- grandirent et les petits copains l’influencèrent pour gagner de l’argent facile… par le vol ! La bande de jeunes commença  ses coups dans les petites épiceries, puis passa à des objets de plus grandes valeurs… Cet argent l’attirait d’autant plus qu’il trouvait la chose presque valeureuse. En effet ce n’était pas juste que certains soient riches tandis qu’il vivait dans la grande pauvreté… Notre bande faisait toujours bien attention de ne pas se faire prendre… Seulement un beau jour, ou plus tôt une nuit noire, la bande se fit prendre en flagrant délit sur un grand coup… Le résultat n’était pas très glorieux, le gang sera envoyé devant un juge et écopera des peines de prisons. Ce n’est que le jour du procès que ses parents prirent la mesure de la catastrophe. Pendant toutes ces années ils ignoraient comment leur fils, qui n’avait jamais demandé leur aide, gagnait son argent. C’est seulement lorsqu’il fut envoyé derrière les barreaux pour deux ans qu’ils comprirent la gravité. Le père et la mère pleurèrent de chaudes larmes mais c’était déjà trop tard. Notre jeune passa donc deux années à l’ombre. Seulement les établissements pénitentiaires ne sont pas des trois étoiles… Là-bas il rencontrera des voleurs encore bien plus expérimentés qui dévoilèrent des plans plus ingénieux pour ne pas se faire prendre la prochaine fois. En effet, beaucoup le savent, la sortie du monde carcéral n’est pas chose facile. L’ancien détenu rencontre de nombreuses difficultés à se refaire une place dans la société car chaque patron se renseigne bien sur le passé de son possible employé avant de l’embaucher. La tache du passage à la prison est donc indélébile. Notre jeune passa donc ces deux années et déjà il avait trouvé une nouvelle bande de gaillards qui étaient prêt à refaire les 400 coups. La peine de prison devant  se terminer, la direction de l’établissement pénitencier organisa une conférence d’un rav d’Israël afin d’améliorer le niveau spirituel des détenus. Le jour dit, ce fut un grand orateur, rav Gamliel qui arriva dans l’enceinte de la prison. Pour l’occasion, la direction permit à tous ceux qui voulaient y assister d’être exempt du travail quotidien. Dans la prison il existait des petits ateliers d’électronique. Comme la tâche était très rébarbative, de nombreux détenus-bien que non-religieux- choisirent de venir écouter le rav plutôt que de passer encore une journée monotone. Parmi l’assistance se retrouva notre jeune incarcéré qui devait tout prochainement sortir. Le rav Gamliel commença par raconter une histoire qui remontait à 150 années en arrière. Il s’agissait d’un riche bijoutier polonais qui possédait un magnifique diamant. Il était tellement gros et splendide qu’il le gardait très précieusement dans son coffre-fort. Notre riche homme avait un très bon ami qui lui demandait sans cesse de voir sa magnifique pierre. Comme c’était son ami de très longue date, il ne voulut pas le décevoir. Un jour, il le fit venir dans son salon et attendit qu’il soit tous les deux seuls pour ouvrir son coffre-fort. Il retira une belle boite d’argent et très délicatement ouvrit le couvercle. L’éclat du diamant était splendide, il le prit dans sa main et l’observa. Puis avec beaucoup de précaution il tendit sa main à son ami, mais il fit un mauvais mouvement et la pierre précieuse roula de sa main et tomba sur le sol marbré du salon… Notre bijoutier poussa un grand cri et de suite se baissa pour rechercher son diamant. Il fut aidé par son ami et rapidement il le retrouvera sous la commode. Seulement en l’observant une seconde fois –depuis la chute- sa face changea de couleur, il était livide… La magnifique pierre avait reçu un coup et une de ses facettes avait perdu de son éclat. Pire encore, on pouvait apercevoir une fine encoche sur deux facettes… Notre homme poussa un cri de déception. Il connaissait la valeur d’une pierre avec ses multiples facettes mais voilà que l’encoche faisait baisser le prix d’une manière tangible. Son ami lui dira de se renseigner auprès d’autres joailliers pour savoir quoi faire. L’un lui suggéra de poncer le diamant et d ‘en faire un beaucoup plus petit mais sans l’encoche. Un autre lui dira d’en faire deux… Jusqu’à ce qu’un artisan expert lui affirmera qu’il était prêt à faire une belle rosace sur le diamant à partir des stries. Notre homme accepta la dernière solution et l’artisan se mit au travail. Les résultats furent extraordinaires, le diamant avait sur une de ses facettes une magnifique rosace qui augmentait encore sa valeur. Fin de l’anecdote. Cette fois le rav se tourna vers les détenus et  leur  dit : « Vous aussi mes chers frères, au départ vous étiez comme ce beau diamant, mais les épreuves de la vie ont fait une marque indélébile sur la pierre précieuse. Fréquemment vous vous êtes retrouvés seul devant des choix à faire. Personne n’était derrière vous pour vous dire de dire « non » à un petit copain qui vous séduisait à l’idée de faire un vol à l’étalage… Personne ne vous a mis en garde, de prendre ce mauvais chemin…  Et aujourd’hui vous vous retrouvez dans ce lieu. Or, sachez que la VRAIE question est de savoir ce que l’on fait avec cette encoche? Il y en a qui resteront toute leur vie avec elle et n’avancerons pas ! Mais il y en a d’autres qui réussiront –avec l’aide de Hachem- à surpasser la difficulté… Tout dépend de votre attitude et combien vous croyez en vous-même !… Ces mots sont rentrés directement dans le cœur de notre jeune détenu et feront leur travail… Dès qu’il sortira de prison, il changea d’identité afin que personne de ses anciennes connaissances ne reprenne  contact avec lui, et surtout afin d’échapper à ses nouveaux amis de prison…. En final il se liera avec un Tsadik qui l’orientera dans sa techouva. Petit à petit il rejoingnit les bancs d’une Yechiva pour Ba’alé Techouva… Le temps et l’étude firent leurs effets et après quelques années notre ancien délinquant donnera des cours et conférences dans tout Israël pour enseigner que même si on a pu avoir des encoches dans la vie, on peut toujours s’en sortir….

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Et c’est pour nous le message de Yom Kippour, même si nous venons avec nos stries et défauts devant Hachem, il faut savoir que notre Techouva sera  acceptée… La rosace existe pour tout le monde !

Coin Halakha : Toutes les journées depuis Roch Hachana jusqu’à Yom Kippour, on multipliera les prières. L’habitude est de dire le « Avinou Malkhénou » après la prière du matin et après-midi (en dehors du Chabbath). Durant cette période on sera plus méthodique dans les Mitsvoth. Par exemple celui qui mange du pain de boulangerie de quartier, fera attention de manger ces jours du pain allumé par un membre de la communauté. On fera aussi une introspection de nos actions passées. On rajoutera dans la prière « Hamélekh Hakadoch » et « Hamélekh Hamichpat ». Si on s’est trompé, dans le cas où on n’a pas dit « Hamélekh Hakadoch » on devra reprendre la prière depuis le début. Tandis que pour « Hamélekh Hamichpat » cela dépendra des coutumes. D’après le Choul’han ‘Aroukh on reprendra tandis que d’après le Rama (conduite achkenaze) on ne recommencera pas. En dehors de ces incursions, on rajoutera « Zakhrénou Le’haim », « Mi Khamokha » et « BéSefer ha’Haim ». Dans le cas où on les a omis, on ne se reprendra pas. Le Michna Beroura (582,16) écrit : « On fera attention de bien prononcer notre prière en disant : »Le’Haim » et non « La’Haim ». Car Le-‘Haim signifie pour la vie, tandis que La-‘Haim peut aussi signifier pour la non-vie ! Car ce sont des jours de jugement donc –des Cieux- on est plus regardant sur notre manière de prier tandis que les autres jours de l’année on ira d’après la pensée du cœur… »

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Chabath Chalom, qu’on mérite le Pardon de Hachem et des hommes pour l’année, que l’on soit inscrit dans le livre de la Vie prospère, de la santé, de la parnassa.

David GOLD  Tel : 00972 55 677 87 47 email : 9094412g@gmail.com

Une bénédiction en particulier à Monsieur Ye’hia Ben Moché et son épouse Alice Aïcha Ben Simha

( famille Azoulay de Villeurbanne) et à Monsieur Gérard-Itshak et son épouse

(famille Cohen de Paris) pour une belle année pleine de santé et de joie pour eux-mêmes et toute leur descendance.

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