Des lycéens de Brive dans les pas de trois enfants juifs déportés pendant la Seconde Guerre mondiale

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Pourquoi ce spectacle ?

En travaillant l’an dernier sur la Première Guerre mondiale, les lycéens ont étudié une grande plaque commémorative rapportant les noms des personnels de Cabanis tombés au champ d’honneur.

Sur le même mur du hall du lycée, une toute petite plaque, presque anonyme, évoque un événement survenu le 26 août 1942 : six élèves, des réfugiés juifs étrangers, ont été raflés au petit matin dans le dortoir par les forces de l’ordre françaises.

Retracer la vie de Ludwig Scheucher

Via Egletons, Nexon et Drancy, ils ont été déportés à Auschwitz, par le convoi 26, le 31 août 1942. Seul me jeune Allemand Ludwig Scheucher en est revenu.

C’est son histoire, croisée avec les récits de deux autres enfants déportés, Helga Weissova et Hanus Hachenburg, auteurs de livres témoignages à l’égal du Journald’Anne Franck, que le spectacle racontera sur un mode onirique.

Qui participe ?

Une centaine d’élèves sont engagés dans le projet, des lycées professionnel et général Cabanis, du lycée polyvalent Danton et de l’ensemble scolaire Edmond-Michelet. Un exemple de mixité à la fois entre sections et entre privé et public.

Pour concevoir et interpréter ce spectacle d’environ 1 h 30, chacun son rôle : les sections Système numérique et Technicien d’usinage de Cabanis ont réalisé, avec les professeures Nelly Cabanot et Emmanuelle Coulondre, les recherches documentaires aux Archives départementales et municipales, et au musée Michelet à Brive.

Les élèves des sections Technicien d’usinage et Système numérique ont nourri le scénario de leurs recherches documentaires, iconographiques et sonores.

Ces documents nourriront le scénario, ainsi que la mise en scène visuelle du spectacle ; la bande-son sera réalisée avec l’aide du professeur de Musique assistée par ordinateur, Davy Dutreix, du Conservatoire de Brive.

Trois enfants dans la guerre, la déportation en commun

Une classe de seconde de Cabanis écrira, à compter du mois de janvier, la pièce de théâtre en elle-même, avec leur professeure Céline Buge et l’aide du comédien et metteur en scène Cédric Laroche, du Théâtre du Paradoxe.

Ils se fonderont sur les recherches de leurs camarades, sur leur lecture de romans et d’essais, notamment le Journal d’Helga Weissova, On a besoin d’un fantôme de Hanus Hachenburg, encore ou La musique à Terezin de J. Karas.

Un dialogue onirique s’instaure entre un lycéen d’aujourd’hui, élève à Cabanis, trois jeunes déportés Helga Weissova, Ludwig Scheucher et Hanus Hachenburg, et le compositeur H. Krasa, qui évoque l’opéra pour enfants Brundibar.

TEREZIN-BRIVE, PARCOURS D’ENFANCES JUIVES (Synopsis)

Les élèves de première bac pro Métiers de la mode et du vêtements du lycée Danton se verront confier en suivant la réalisation de tous les costumes du spectacle.

Enfin, les collégiens et lycéens de Bossuet, membres de la Maîtrise de l’ensemble scolaire Edmond-Michelet, donneront à entendre, dans son intégralité et dans sa seule version française (traduite par un professeur de Montauban Jean-Claude Lapeyre en 1995), le célèbre opéra pour enfants Brundibar. Ils l’interpréteront avec les musiciens de l’Ensemble instrumental de Brive.

Brundibar, qu’est-ce que c’est ?

Brunbibar est un opéra pour enfants créé par le compositeur juif pragois Hanz Krasa dans le cadre d’un concours du ministère de l’Enseignement et de l’Education populaire tchèque en 1938.  Le livret a été écrit par l’écrivain Adolf Hoffmeister. Les premières répétitions ont lieu dès cette année-là à l’orphelinat juif de Prague ; tous les enfants et personnels seront déportés à Theresienstadt, où Krasa réécrit l’opéra de mémoire.

Un opéra pour défendre la liberté

L’opéra a été monté pour la première fois, par des enfants et pour les enfants du camp de concentration de Theresienstadt le 23 septembre 1943, où Krasa a été déporté en 1942 ; Krasa réécrit l’opéra à partir de quelques partitions pour piano et de mémoire, l’adaptant aux instruments disponibles dans le camp. Dans l’année qui suit, il y sera joué 55 fois, notamment le 20 août 1944 à l’occasion d’une visite du comité de la Croix-Rouge, venu constater les conditions de vie à Terezin, un « camp modèle » selon la propagande nazie. L’opéra a aussi été filmé dans Theresienstadt, le film de propagande qui voulait faire croire à une vie agréable dans les camps.

Rassemblant sur scène quarante choristes et solistes, l’opéra Brundibar a été interprété par quelque 15.000 enfants en transit dans le camp ; seul un millier a survécu à la guerre. Son compositeur Hanz Krasa a été assassiné par les nazis à Auschwitz en 1944.

La fable de l’opéra reprend des éléments des contes Hansel et Gretel et Les musiciens de Brême. Aninka et Pepícek sont frères et sœurs, orphelins de père ; pour gagner de l’argent, ils décident de chanter sur la place du marché, d’où le méchant Brundibar les pourchasse. Jusqu’à ce que la liberté l’emporte…

Source www.lamontagne.fr

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