Le dilemme des poulets en Terre sainte – le Braekel

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Un très grand problème a éclaté en Terre sainte autour des poulets, mettant les divers organismes de surveillance sur la brèche. Va-t-on bientôt interdire tout simplement la consommation des poulets ? Et de ce sous-produit que sont les œufs ? Pas évident.

D’un côté, il s’avère que les poulets communément consommés dans le pays ne sont pas des plus « purs », ils proviennent de mélanges entre diverses sortes de poulets, et dès lors, la communauté juive n’a plus de tradition à leur égard, et ils peuvent être interdits.

D’autre part, certains ont tenté de faire venir une sorte de poulets qui semblent avoir une tradition ancienne : les Braekel. C’est en effet une des plus anciennes races de poule en Europe, elle est originaire de la région de la commune de Braekel en Belgique. Son histoire remonte au moins à 1416, un acte notarié de cette année-là établit le trafic qui se fait en volailles de Braekel entre Audenarde et Nederbraekel. Toutefois, probablement, on n’a aucune image de poulets de cet ordre d’une telle ancienneté…

Les avis, parmi les grands rabbanim actuels, sont très partagés à son égard : rav Landau de Bené Brak et rav Moché Sternbuch sont catégoriquement opposés à la consommation de ce genre de poulets, car le peuple juif n’a pas de tradition en ce qui le concerne. D’un autre côté, les rabbanim du Beth Din du rav Nissim Karélits l’ont accepté, ainsi que rav Litmanovitch, du Beth Din de la ‘Eida ha’harédith (s’opposant ainsi au Av Beth Din de son propre institution, le rav Sternbuch….).

On n’entend pas, pour l’instant, de vrais changements dans la branche, mais il est à prévoir qu’à un proche avenir, cette discussion ait des incidences dans la pratique.

A suivre donc.

4 Commentaires

  1. De quoi s’agit il au juste en terme halakhik ? Est ce un problème de croisement entre betes taharot et temeot ?
    Et si « on n’a plus de tradition  » cela dure depuis bien des décennies…
    Surprenant que le problème ne surgisse qu’aujourd’hui !
    Si j’ai bien tout compris…

  2. Nous nous promettons de rédiger un article plus approfondi dans le prochain numéro du magazine, à paraître après les fêtes.
    Disons ici que la tendance depuis quelques décennies est d’accentuer les croisements (naturels, pas génétiques, et c’est pire, contrairement à ce qu’on pourrait penser) entre les genres, quitte à ce que cela soit avec des oiseaux interdits (élément surprenant, mais c’est ce qui ressort de cette discussion). En tout cas, nous n’avons plus de tradition à leur égard, puisque ce sont d’autres volailles – or les volailles ne sont consommables que si nous avons une tradition à leur égard.
    Le Baerkel : certains affirment que c’est exactement le genre de volatile que nos parents consommaient, et du côté civil non juif, on considère cette race comme étant « pure ». Mais est-ce suffisant pour nous ? Les grands rabbanim actuels sont en débat à cet égard.
    La question concerne évidemment l’ensemble des Juifs, où qu’ils vivent, mais c’est tout de même en Terre sainte que l’on trouve de nos jours les décisionnaires les plus importants (sans vouloir offenser qui que ce soit).
    A suivre…

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