Disparition de l’un des premiers et marquants ba’alé techouva de la période actuelle

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Rav Ouri Zohar est décédé ce matin (jeudi) des suites d’un arrêt cardiaque soudain. Il avait 86 ans au moment de son décès.

Le regretté rav Ouri Zohar est revenu à la pratique à la fin des années 1970, marquant par là-même le lancement d’un mouvement qui prendra par la suite une expansion remarquable, celui des Ba’alé Techouva en Terre sainte. Auparavant, il avait été un acteur, comédien, humoriste, scénariste et réalisateur très en vue dans le public israélien, plongé dans la « bohème » locale.

Depuis son retrait du monde du divertissement et de la culture, le rav Ouri Zohar a rompu avec son passé laïc et s’est installé dans le quartier orthodoxe de Matersdorf à Jérusalem. De temps en temps, il se lançait dans diverses activités afin de répandre le message de la Techouva, pouvant préparer des émissions de radio traitant de l’inscription des enfants dans les établissements d’enseignement orthodoxes et des cours de Tora.

On pouvait l’entendre dire : « Je viens d’un monde où je ne manquais de rien matériellement, nous étions des « bohèmes », les gens s’attendaient à ce que nous brisions toutes les conventions, nous n’avions aucun cadre qui nous obligeait, et aujourd’hui – vous me voyez. Je n’ai pas de voiture et pas de canapé, pas de vélo, je n’ai rien. Mais j’ai tout ! », a-t-il poursuivi en disant aux adolescents : « Il n’y a rien de plus heureux que moi. Être heureux, c’est savoir que maintenant D’ est là dont les yeux sont ouverts sur chacun et sa Providence à chaque instant. C’est un état d’être perpétuel avec le Créateur du monde.

« Je vais te révéler un grand secret. Je ne le révélerai qu’à toi. Si tu parles au Saint béni Soit-il, Il répond ! Si tu as des yeux pour voir et des oreilles pour écouter, tu vois et tu entends comment D’ te conduit. Pas là où vous voulez aller mais là où c’est bon pour vous. Il n’y a pas de père qui aime son fils plus que D’ ne nous aime, chacun de nous », a répété le rav.

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Après son retour, feu le rav Chakh zatsal l’a appelé et lui a demandé de ramener encore plus de cœurs à leur Père céleste. Il a de fait énormément aidé l’organisme Lev laA’him, dont c’est la vocation. Au fil des ans, il est devenu un « mentor » pour les parents repentis, les guidant et les dirigeant de manière équilibrée pour éduquer leurs enfants dans la Tora et les mitsvoth.

Il a également présenté une émission régulière sur la chaîne Hidabrout et a été partenaire d’un projet d’accompagnement des familles qui opèrent un retour aux sources, où il sert de «guide spirituel» pour les parents intéressés par des conseils personnels sur la façon d’aider leurs enfants à faire la transition vers la vie de la Tora. Il attachait une grande importance à la bonne conduite des parents dans le domaine de l’éducation. Il était également l’auteur d’un livret d’instructions intitulé « Pères envers leurs fils », qui présentait une approche innovante pour aider les jeunes des familles du Ba’alé Techouva.

Dans l’une des leçons, le rav Zohar a parlé des épreuves qu’il a rencontrées dans l’éducation de ses enfants : « Chacun d’eux nous a fait voir des vertes et des pas mûres. Nous avons traversé des situations de toutes sortes et j’ai fait toutes les erreurs possibles, des cris et des querelles et tout ce qu’il ne faut pas » a-t-il avoué. « Soudain, D’ m’a fait grâce et j’ai changé d’avis, peut-être grâce à ma femme. Soudain, j’ai réalisé que les enfants étaient inconscients. Soudain, j’ai compris comment les aimer là où ils sont, sans aucune revendication religieuse. »

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« Tout d’abord, donnez-leur le sentiment que « je t’aime, je suis ton père », a-t-il déclaré dans l’un de ses cours. Il s’agit en fait d’un résumé de l’enseignement du rav Zohar concernant l’éducation des enfants à la vie de la Tora : « Les aimer là où ils sont, sans aucune revendication religieuse. »

Comment les enfants sont-ils éduqués à la Tora et aux mitsvoth dès leur plus jeune âge, et comment le font-ils à l’adolescence ? Le rav Ouri Zohar et le rav Dan Tiomkin se sont expliqué (interview sur Ynet). L’intervieweur a demandé : « Pensez-vous parfois à ce qui vous serait arrivé si vous ne vous étiez pas repenti ? » « Cela se serait très mal terminé ! Où aurai-je pu rêver d’une telle relation avec les enfants que j’ai aujourd’hui ? Où aurai-je pu arriver à faire des progrès réels ? J’aurai peut-être progressé dans le cinéma, j’aurai peut-être fait plus de films, mais sans vie de famille. Je ne sais pas où les enfants seraient aujourd’hui. »

« Vous n’avez pas de télévision ici chez vous », a déclaré le journaliste, qui a été étonné à la vue de la maison du rav Zohar, et a souri à la réponse : « La télévision est tombée en panne il y a 25 ans et l’installateur n’est pas arrivé. Comment puis-je la regarder ? »

Le journaliste a ajouté et demandé l’avis de Zohar sur la télévision, et a reçu une réponse sans équivoque : « C’est un gros problème. Je m’occupe beaucoup de jeunes et d’enfants. J’ai des contacts avec beaucoup de parents par l’intermédiaire des canaux sacrés, les sites religieux. Nous avons ouvert des écoles pour les laïcs à la recherche d’une alternative à ce qui se passe. La culture télévisuelle détruit tout ce qui est bon, amène les enfants à vivre une vie d’imagination complète. Rêver de richesse, de carrières, et ils ne parviennent pas à l’obtenir. Ils son atteints par la violence. Ils restent frustrés. Que l’Eternel ait pitié d’eux. Aujourd’hui, je sais ce qui se passe avec ces jeunes. Pas même une petite partie n’est publiée dans les journaux. La drogue, les suicides… ».

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« Les amis, nous sommes dans un monde qui est revenu au commencement. Chaos et ténèbres à travers de l’abîme. Je n’ai pas grandi à Mea Ché’arim ou Bené Brak, vous connaissez un peu mon passé, oui ? Mais si l’on m’avait dit voici quarante ans que nous en arriverons au point où un garçon de dix ans ou une fille de dix ans pourrait tenir dans sa poche la plus grande impureté du monde, sur simple pression d’un bouton, des choses que j’aurais eu honte de voir il y a quarante ans – je n’aurais pas imaginé une telle chose. Un tel enfant, comment va-t-il grandir ? Comment va-t-il construire sa vie, comment va-t-il construire une relation avec sa femme, son foyer, son amour ? », a demandé le rav Zohar dans la douleur. « Rappelez-vous, dans l’âme de chaque Juif souffle la Présence divine ! »

Rabbi Ouri Zohar : « Le Messie est proche, et c’est ce dont nous devons prendre conscience. Nous n’avons pas le droit de rater cela ! »

3 Commentaires

  1. Barouh Dayan haémet. Vous aviez publié un peu de ses conseils éducatifs dans un assez récent Kountrass.
    Il en ressort tout d’abord un honnête homme. Honnête, finalement, ce n’est pas si courant. Honnête, ça mène à tout.
    Je me suis inspirée des conseils du rav Zohar zatzal pour ma propre famille, vous n’imaginez pas l’impact de Kountrass sur vos lecteurs.

    • Sans doute dans notre numéro sur la jeunesse orthodoxe en difficulté, domaine dans lequel le rav Zohar a beaucoup oeuvré, et a beaucoup apporté dans la manière dont il faut aborder ce genre de jeunes – avec un très grand amour, les accepter tels qu’ils sont.

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