« …Je dois parler de la violence »

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« …Je dois parler de la violence »

Comment réagir face à ces déclarations du pape François ?

« Je crois que ce n’est pas juste d’identifier l’islam avec la violence, ce n’est pas juste et ce n’est pas vrai (…). Je crois qu’il y a presque toujours dans toutes les religions un petit groupe de fondamentalistes. Nous en avons… Si je parle de violence islamique, je dois parler de violence catholique. »

En délivrant un message où il refuse de faire l’amalgame entre violence et islam, rappelant que les chrétiens ont leur lot de fondamentalistes, le pape s’est attiré les foudres de la droite chrétienne radicale. Certains ont déclaré ne pas vouloir être « représentés par le pape François »  et un hashtag #PasMonPape a été lancé dans les réseaux sociaux. D’autres réclament carrément sa démission…

« Tu ne vivras qu’à la pointe de ton épée »

On reconnaîtra pourtant que le pape a bien fait de rappeler qu’il y a aussi une « violence catholique ». Et ce qu’on aurait aimé justement, c’est qu’il en parle ! Mais le pape s’est tu.

Il n’a rien dit de ces violences ni de ce qui les distingue des attentats commis pour le djihad. Il n’a pas évoqué le fondement idéologique commun à toutes les formes de « croisades », européennes ou orientales. Le pape n’a pas pu exprimer une pensée politique qui s’entend pourtant sur les mêmes principes : « Tu ne vivras qu’à la pointe de ton épée » (Beréchith/Genèse 27,40) d’un côté, et de l’autre : « Sa main sera contre tous » (id. 16,12), définissant Yichma’ël.

…C’est Moi qui les ai faites ! » 

Et pour cause : la guerre hante l’esprit d’un pape qui ne voudrait parler que d’amour. Si tant est qu’il ait cherché à apaiser les esprits, le mot a été lâché. Le pape en aura quand même trop dit ! Les réactions de l’extrême-droite ne sont donc peut-être pas tant synonymes de prises de position radicales contre un pape jugé trop faible. Elles peuvent tout aussi bien être entendues comme l’expression d’une certaine forme d’exaspération face à l’étalage impudique du fin mot de toute l’histoire du « saint » empire romain.

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En ce qui nous concerne, on rappellera pour conclure la réponse que donne Hachem aux nations au moment où l’histoire touche à sa fin : « Mil’hamoth Ani ‘assiti – les guerres c’est Moi Qui les ai faites ! », comme il est dit [lors de l’ouverture de la Mer rouge, c’est-à-dire le jour où est apparu le principe même de toute gueoula] : « Hachem Ich mil’hama – Hachem est un homme guerre » (Chemoth/Exode 15, 3) » (‘Avoda Zara 2b).

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