D’un village reculé à la « ville sainte »: la résurrection de Loubavitch

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A cinq heures de route (au moins) de Moscou, se trouve la ville de Loubavitch, berceau de la ‘Hassidouth ‘Habad – où ont vécu quatre Rebbe’s jusqu’au déclenchement de la Première Guerre mondiale. Après la destruction de la Shoa et les ravages dus au communisme, les ‘Hassidim de ‘Habad travaillent à la restauration de ces lieux saints – et découvrent que leur ville n’est pas seulement intéressante pour les adeptes de cette ‘Hassidouth.

Ynet – Ricky Carmi

Quand vous dites Rabbi de Loubavitch, vous pensez immédiatement à la maison en briques rouges d’Eastern Parkway, 770. Mais avec tout le respect du à Brooklyn, New York – Loubavitch est en fait une petite ville de Russie, qui abritait ce centre ‘hassidique entre le 19e et le 20e siècle. Quatre Rabbi de ‘Habad ont vécu dans la petite ville, à partir du deuxième Rabbi de la dynastie, poursuivant le chemin de rav Shneur Zalman – fondateur de la ‘Hassidouth ‘Habad – jusqu’au rav Shalom Dover Schneerson, qui a quitté la ville en 1916 après la Première Guerre mondiale.

Le Rabbi de Loubavitch, rav Mena’hem Mendel Schneerson, le dernier Rabbi, n’a pas vécu à Loubavitch, mais cela n’empêche pas les gens de ‘Habad de conserver envers ce site un sentiment ému, parce qu’il était en son temps le point de départ de cette filiation, et tentent de restaurer ce qui peut l’être.

Il n’est pas facile de s’y rendre: depuis Moscou, la capitale de la Russie, le trajet prend environ cinq heures. Au départ de Saint-Pétersbourg c’est un trajet d’environ 12 heures, ce qui n’empêche pas les milliers de randonneurs de faire un effort et d’arriver, de prier sur les tombes des Rebbe’s, de dormir dans l’agglomération et de parcourir ses rues – où le temps semble s’être arrêté.

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La description du rav Gabriel Gordon, un émissaire de ‘Habad et responsable des lieux saints de Loubavitch, dit tout: « C’est un village russe au bout du monde à gauche, que la civilisation n’a pas atteint. » Y reposent deux des rebbe’s : le troisième de la dynastie – et son fils, le rav Shmuel connu sous le nom de Maharash. Quatre épouses de Rebbe’s de ‘Habad ont également été enterrées dans l’ancien cimetière juif, qui attire des masses de fidèles.

« Ces dernières années, nous avons commencé la rénovation du cimetière, et la plus ancienne pierre tombale que nous ayons découverte à ce jour date de 1794 et appartient à l’un des disciples du fondateur du mouvement ‘hassidique, le Ba’al Shem Tov », explique le rav Gordon. « Bien qu’il n’ait pas vécu là de façon permanente, le premier Rabbi de ‘Habad, le rav Shneur Zalman de Ladi, connu sous le nom de ‘vieux Rabbi’, a également écrit ici le Tanya – le livre de base de la ‘Hassidouth ‘Habad. Dans la ville vivaient des tsadikim discrets, des étudiants du Ba’al Shem Tov. La célèbre Yechiva ‘Habad, Tom’hé Temimim, qui compte aujourd’hui une centaine de branches à travers le monde, a commencé ici.
Pendant ‘l’âge d’or’ de la ville, jusqu’au déclenchement de la Première Guerre mondiale, environ 3 000 habitants y vivaient – la grande majorité d’entre eux étant juifs. Loubavitch était un village bien connu où une foire se tenait, du fait de son emplacement à la frontière », explique le rabbin Gordon. Avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale, les cinquième et sixième Rabbi sont partis et ont déménagé à Rostov, l’une des plus anciennes villes de Russie et un important centre touristique ».

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En fait, dit Gordon, les Juifs ne sont pas retournés dans une ville qui est devenue une ville fantôme depuis. Les nazis ont donné le dernier coup: les quelques familles juives restantes ont été exécutées pendant la Seconde Guerre mondiale. « Il y a eu un massacre là-bas. Ils ont rassemblé près de 500 Juifs dans le centre-ville, les ont emmenés dans une fosse et les ont tous tués. » Au même moment, la cour avec la Yechiva Tom’hé Temimim et la maison du Rabbi ont pris feu.

La restauration des maisons de la ville et des sites importants pour le ‘hassidisme, ainsi que la restauration des monuments et des bâtiments principaux ont été effectuées avec l’aide du Grand rabbin de Russie, Berel Lazar, et en collaboration avec de nombreux facteurs: le rav Alexander Barda de Moscou, président des communautés juives de Russie ; le gouvernement russe et en particulier le gouverneur du district Alexei Ostrovsky – et avec l’aide de l’Association de la ‘Hassidouth ‘Habad de Russie, dirigée par le rav Yitzchak Kogan.


« Nous ne visons pas à ramener des Juifs ici », explique le rabbin Gordon. « C’est une ville où aucun résident juif ne vit, et ce n’est pas non plus notre objectif. Nous voulons rendre hommage aux lieux saints qui ont été presque abandonnés pendant de très nombreuses années en particulier à l’époque communiste. Nous voulons en faire un endroit respectable où les gens viennent prier. Nous travaillons à la rénovation du cimetière depuis quatre ans, et à chaque fois de plus en plus de tombes sont découvertes. La terre de cette ville a absorbé tellement de sainteté. C’est un endroit spécial. »

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A côté de l’endroit où reposent ces Rebbe’s, on a découvert il y a cinq ans les fondations d’un bâtiment dont il restait un sol, qui avait connu un incendie. Quand ils ont commencé à chercher ce qu’il y avait là, il s’est avéré que cela faisait partie d’une synagogue construite par le Maharash près de la tombe du Tzema’h Tzedek ! Le rav Gordon se promet, dès que le corona sera derrière nous, d’installer un site de prières et d’y d’insérer un rouleau de la Tora.

Ces jours-ci, la restauration de la structure de la première Yechiva de Tom’hé Temimim tire à sa fin. Trois maisons pour l’accueil de visiteurs sont également préparées compte tenu de la forte demande. « Les gens veulent y venir pour quelques jours, car la route vers l’endroit est très difficile. Ils veulent rester les Chabbatoth et les jours fériés, et nous avons vu que certaines chambres d’hôtes doivent être organisées. On vient du monde entier, et pas seulement des Juifs pratiquants. Nous rencontrons également des non-juifs qui viennent ici.

En raison de la fermeture du ciel, les membres locaux de ‘Habad ne voient venir que des visiteurs en provenance de Russie. « Les gens cherchent des lieux saints en Russie… »

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