Fakes-news pour déclencher une guerre dans l’Est syrien

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(FILES) In this file photo taken on November 4, 2018 US forces patrol the Kurdish-held town of Al-Darbasiyah in northeastern Syria bordering Turkey. The United States is preparing to withdraw its troops from Syria, US media reported December 19, 2018, a major move that throws into question America's role in the region.A US defense official told CNN the US was planning a "full" and "rapid" withdrawal of troops. The Wall Street Journal said the withdrawal would be from northeastern Syria. The Pentagon refused to comment. Currently about 2,000 US forces are in Syria. / AFP / Delil SOULEIMAN

Marc – JForum

(FILES) In this file photo taken on November 4, 2018 US forces patrol the Kurdish-held town of Al-Darbasiyah in northeastern Syria bordering Turkey. The United States is preparing to withdraw its troops from Syria, US media reported December 19, 2018, a major move that throws into question America’s role in the region.A US defense official told CNN the US was planning a « full » and « rapid » withdrawal of troops. The Wall Street Journal said the withdrawal would be from northeastern Syria. The Pentagon refused to comment. Currently about 2,000 US forces are in Syria. / AFP / Delil SOULEIMAN

DES RUMEURS CHERCHENT À AMENER LES ETATS-UNIS ET L’IRAN AU CONFLIT DANS L’EST DE LA SYRIE

Ces fausses informations sur les frappes aériennes s’inscrivent dans le contexte à la fois des tensions US-IRGC et des tensions entre le SDF et le régime syrien.

A-T-IL gagné en Syrie?

Le président syrien Bachar al-Assad. (crédit photo: REUTERS)

Au cours des deux dernières nuits consécutives, les rumeurs de frappes aériennes des États-Unis contre les forces du régime pro-syrien dans l’est de la Syrie ont donné lieu à de faux reportages et à des dénégations. La fréquence des reportages indique que différents acteurs du conflit ont tenté de créer des tensions, non seulement, entre l’Iran et les États-Unis, mais également entre le régime syrien et les Forces démocratiques syriennes, soutenues respectivement par l’Iran et les États-Unis.

Ces rumeurs infondées sont blanchies via diverses publications et diffusées sur les réseaux sociaux. Par exemple, Al-Masdar News, qui soutient généralement le régime syrien, a affirmé mardi soir que les États-Unis «planifiaient d’expulser [l’armée] syrienne et le Corps des Gardiens de la Révolution, de la ville frontalière clé d’Al Watan».

Ce faux reportage est basé sur un autre rapport publié à Al-Watan selon lequel «ces forces tenteront d’expulser l’armée syrienne et le corps des gardes de la révolution islamique de la ville frontalière clé d’Albukamal et de la grande ville d’Al-Maydeen, dans la région rurale de Deir ez- Zor.
US plotting to expel Syrian Army, IRGC from key border town: Al-Watan
BEIRUT, LEBANON (5:00 P.M.) – The Arabic-language Al-Watan newspaper claimed on Monday that the U.S.-backed Jaysh Mughawar Al-Thura is forcing tens of

Depuis que les États-Unis ont quitté l’accord avec l’Iran et ont commencé à exercer des pressions sur Téhéran par le biais de sanctions, des tensions existent entre les États-Unis et des groupes pro-iraniens en Syrie et en Irak. Cela inclut le Hashd al-Shaabi (PMU), un groupe de paramilitaires en majorité chiites en Irak, qui font maintenant partie des forces de sécurité irakiennes.

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En outre, certaines milices du Hashd ont ouvertement menacé les États-Unis. Cela inclut Asaib Ahl al-Haq et Harakat Hezbollah al-Nujaba. Harakat Hezbollah al-Nujaba a été répertorié comme organisation terroriste en mars par les États-Unis. Les États-Unis ont averti que toute attaque des groupes pro-iraniens en Irak amènerait les États-Unis à tenir Téhéran pour responsable.

Ces discussions ont été froides le mois dernier et les tensions entre le SDF et le régime pourraient s’intensifier. Au beau milieu de tout cela, les Iraniens ont envoyé des délégations de haut niveau en Syrie, y compris au ministre des Affaires étrangères. L’Iran a déclaré qu’il soutenait la reprise par la Syrie de tout le pays, y compris à l’encontre des Forces Démocratiques Syriennes à l’Est et de la Turquie dans le nord. L’Iran, la Turquie et la Russie font tous partie du processus de paix d’Astana en Syrie et s’opposent tous à la présence américaine dans l’est de la Syrie.

C’est dans ce contexte que de récentes rumeurs ont été lancées pour savoir si les Forces Démocratiques Syriennes et le régime s’affronteraient et si l’Iran et les États-Unis pourraient être entraînés dans ce conflit. Les États-Unis ont récemment désigné la Corps des Gardiens de la Révolution comme un groupe terroriste, ce qui laisse supposer, de plus, que tout le conflit pourrait déboucher sur des tensions entre les États-Unis et les CGRI en Syrie. L’Iran a des dizaines de bases en Syrie, résultat de son soutien au régime dans la guerre civile.

Des membres des Forces de Mobilisation Populaires (PMU) auraient également affirmé que les États-Unis conspiraient avec les FDS pour attaquer Albukamal et Al-Qaim en Irak. Par exemple, dans la nuit du 23 avril, des réseaux sociaux affirmaient que 100 camions étaient arrivés à Al-Qaim avec de l’essence pour la Syrie et qu’ils avaient été frappés par des bombardements aériens américains. Très vite, il s’est avéré que cette légende avait entièrement été inventée.

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Les fausses informations du 23 avril étaient aussi étrangement spécifiques, des cartes et des flèches indiquant la direction des supposés mouvements de troupes ayant même été postées par les utilisateurs.

“Des sources locales confirment que les avions de combat américains ont pris pour cible un certain nombre de sites appartenant à l’IRGC et des milices qui leur sont affiliées dans les environs d’Albukamal et à l’intérieur de l’aéroport militaire de Deir ez-Zor”, a déclaré Eva Koulouriotis, “analyste”. Il y avait même des images de fusées éclairantes. «100% faux», a écrit un autre utilisateur qui suit les développements en Irak et en Syrie. Pourtant, les rumeurs ont persisté pendant 24 heures, chaque nuit apportant davantage de «comptes rendus» de batailles qui n’ont jamais eu lieu.

Les informations faisant état de la frappe des pétroliers ont été publiées après une journée complète d’informations selon lesquelles les forces démocratiques syriennes négociaient du pétrole avec le régime syrien et que les États-Unis faisaient pression sur eux pour qu’ils ne le fassent pas.

Ce qui peut être entièrement fabriqué ou de la pseudo-information taillée sur mesure peut alors devenir une «information sur les frappes aériennes». Une fois que le cycle de blanchiment de l’information a commencé, il se répand rapidement. Finalement, les gouvernements pourraient même être obligés de réagir aux rumeurs. Même quelques heures après les «frappes aériennes» sur les 32 navires pétroliers, de plus en plus de médias ont repris le reportage. Au même moment, d’autres utilisateurs de réseaux sociaux essayaient encore de comprendre ce qui s’était passé dans la nuit du 22 avril, concluant qu’il n’y avait pas eu de frappes aériennes. Idrees Ali, de l’agence Reuters, a également indiqué mercredi matin que “les responsables américains disent n’avoir aucune preuve pour soutenir l’idée qu’une telle frappe ait pu avoir lieu”.

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Les tensions accrues semblent conduire à de fausses informations sur des frappes aériennes. Même une erreur commise avec ou malgré un souci d’honnêteté peut venir alimenter les rumeurs. Il semble également que le travail préparatoire ait été fait par le biais de rapports faisant état de «complots» visant à accuser les États-Unis d’avoir agi contre le Corps des Gardiens de la Révolution, dans la zone frontalière de l’Irak et de la Syrie. Cela pourrait potentiellement conduire à un conflit plus vaste si les rumeurs finissaient par devenir une réalité.

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