Financement des ONG pro-palestiniennes : le jeu trouble de l’UE

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Tribune d’Oudy Bloch, parue dans Valeurs Actuelles

Derrière le vocable ONG, on pense souvent à des organisations charitables. Pourtant, certaines d’entre elles entretiennent des liens plus que douteux avec les organisations terroristes et servent de réceptacle à leur financement par Bruxelles, dénonce Oudy Bloch, avocat aux barreaux de Paris et New York.

Cela partait pourtant d’une bonne intention. En 2019, touchée par la lucidité ou par un inavouable cynisme, l’UE insérait dans l’ensemble de ses contrats avec les ONG une clause dite « anti-terreur » aux termes de laquelle les bénéficiaires de subventions et les co-contractants devaient s’assurer que ceux qui en bénéficient directement ou indirectement, ne soient pas mentionnés dans les listes des mesures restrictives de l’UE. Dans le contexte palestinien, cette liste mentionnait sept organisations terroristes et aucune personne physique.

Sans surprise, le réseau Palestinian NGOs network (« PNGO ») -, une organisation représentant 135 ONG palestiniennes, s’insurgeait contre ce texte scélérat et rejetait cette clause au motif que tous les moyens sont légitimes pour combattre Israël et qualifiait les groupes concernés de « résistants » ou de « partis politiques ». On accordera au PNGO le mérite de la constance. En juin 2017, le réseau condamnait la Norvège pour le retrait de son financement d’un centre pour femmes nommé « Centre de la martyr Dalal Mughrabi », en hommage à une terroriste qui, en 1978, avait assassiné 37 civils israéliens dont 13 enfants. Le PNGO la qualifiait, quant à lui, de « combattante de la liberté ». Rien de moins.

Sous la pression du lobby pro-palestinien, Sven Kühn von Burgsdorff – représentant de l’UE pour la Judée-Samarie, Gaza et l’UNRWA – finissait par se soumettre. Il précisait, dans une lettre du 30 mars 2020, que nonobstant leur affiliation à des groupes terroristes dûment listés ou l’emploi de personnes appartenant à ces groupes, les ONG palestiniennes qui sollicitent des subventions de l’UE continueront à bénéficier des fonds publics tant que ces groupes ou personnes ne seront pas inscrits sur les listes en question. Et quand on sait à quel point l’UE répugne à qualifier le Hezbollah d’organisation terroriste, les intéressés ont peu de souci à se faire.

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Et pourtant. Pourtant ce ne sont pas les liens entre le PNGO, ses membres et des organisations terroristes qui manquent.

Le 23 août 2019, un attentat à la bombe en Judée Samarie tuait Rina Schnerb, une adolescente de 17 ans, et blessait grièvement son père et son frère. L’enquête israélienne démontrera que la cellule terroriste palestinienne était notamment composée de Walid Hanatsheh, membre du HWC (Health Work Committees), ainsi que de Samer Arbid et Abdel Razzaq Farraj, tous deux membres de l’UAWC (Union of Agricultural Works Committees). Or tant le HWC que l’UAWC sont membres du PNGO et considérées par différentes sources, notamment le Fatah, comme affiliées au FPLP. Selon le média The New Arab, Samir Arbid est décrit comme étant lui-même membre du FPLP. Ces liens structurels entre ces organisations et le groupe terroriste FPLP sont connus depuis de nombreuses années. Comment comprendre dès lors que PNGO ait reçu des centaines de milliers d’euros de subventions européennes entre 2016 et 2020 ? Comment expliquer que le HWC ait été récipiendaire de plus d’un million d’euros de l’UE entre 2014 et 2017 ? Comment justifier que l’Agence Française de Développement (AFD), établissement public qui « œuvre pour un monde plus juste et plus durable », finance un projet coréalisé par l’UAWC (232.000€ en 2019) ?

Et ce ne sont que des exemples parmi d’autres. L’association Defense for Children International – Palestine (DCI-P) est une ONG palestinienne qui prétend promouvoir les droits des enfants palestiniens et mène des campagnes de propagande cherchant à convaincre qu’Israël abuse systématiquement des enfants palestiniens. Pour cela, DCI-P s’est entouré – entre autres – de Hashem Abu Maria, membre du FPLP, honoré à sa mort comme un leader du mouvement, Mahmood Jiddah, qui a passé 17 ans en prison pour un attentat à la bombe et est décrit par la presse arabophone comme membre du FPLP, Sahar Francis, également membre de l’UAWC et de Addameer, deux organisations affiliées au FPLP, Shawan Jabarin emprisonné en Israël pour avoir recruté et entraîné des membres du FPLP… Pour mémoire, le FPLP n’a jamais hésité à assassiner des civils israéliens et notamment des enfants (1970 – attaque d’un bus scolaire au lance-roquettes, 12 morts dont 9 écoliers ; 1974 – prise d’otages dans une école, 22 écoliers tués ; 1978 – prise d’otages dans un bus scolaire, 13 écoliers tués ; 1979 – Samir Kuntar, membre du FPLP, assassine une fillette de 4 ans à coups de pierres…). La défense des enfants, disent-ils… financée par l’UE pour près d’1.700.000€ en 2017.

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D’autres ONG palestiniennes (Addameer, le Centre Palestinien pour les Droits de l’Homme, Al-Dameer, l’UPWC…) liées à au FPLP viennent se greffer à cette liste, révélée par une étude détaillée de l’organisation non gouvernementale israélienne NGO Monitor. Entre 2017 et 2020, près de 6 millions d’euros de fonds publics européens ont été versés à des organisations liées au FPLP sans que cela n’émeuve le progressisme européen.

Tout récemment toutefois, deux prises de position européennes anormalement objectives ont éclairé le mois de mai. Le 19 mai dernier, Oliver Varhelyi – Commissaire européen à l’élargissement et à la politique européenne de voisinage – s’est emparé de ce dossier, s’est engagé à faire la lumière sur ces financements et à y mettre un terme s’ils étaient avérés. Quelques jours plus tôt, le 14 mai, le Parlement Européen votait une résolution condamnant le discours de haine et les contenus violents dans les manuels scolaires palestiniens – mis en exergue par l’organisation IMPACT-se. Bien qu’il s’agisse, dans les deux cas, de la première initiative aussi clairement exprimée par des représentants de l’UE sur des sujets si sensibles, il conviendra de rester prudent, tant les déclarations d’intention sont une chose et leur mise à exécution en est une autre. C’est ainsi que l’Autorité Palestinienne continue, elle aussi, à bénéficier chaque année de centaines de millions d’euros provenant de fonds publics et à verser des salaires aux terroristes emprisonnés en Israël (avec une prime au nombre de morts), ce qui ne semble pas gêner grand monde à part, peut-être, le contribuable européen qui saura ainsi ce qui est fait de ses impôts.

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