Gaza : pourquoi le Hamas est resté figé

Gaza : pourquoi le Hamas est resté figé

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Pourquoi le Hamas est-il resté en retrait de la dernière flambée de violence ?

Bien que se posant comme fer de lance de la résistance à l’État hébreu, le puissant mouvement palestinien qui contrôle la bande de Gaza s’est comme mis à l’écart des trois jours de violences ayant opposé le Djihad islamique à Israël, choisissant pour le moment de ne pas élargir la confrontation.

Au terme de trois jours d’hostilités entre Israël et le mouvement armé palestinien du Djihad islamique qui ont coûté la vie à 44 Palestiniens à la suite de frappes de l’État hébreu sur Gaza, une trêve fragile est entrée en vigueur dans la soirée du dimanche 7 août.

Cette confrontation meurtrière a été marquée par l’absence d’un acteur de marque, constate le journal israélien Ha’Aretz“Pendant les trois jours de combats, le Hamas est resté à l’écart. Comme lors de l’opération Ceinture noire en novembre 2019, Israël a concentré ses tirs sur le Djihad islamique, et le Hamas ne s’est pas impliqué dans les combats.”

De par leur filiation originelle avec la mouvance des Frères musulmans et le soutien de l’Iran dont ils bénéficient, les deux groupes sont considérés comme très proches, même si le Djihad islamique, contrairement au Hamas, ne semble pas avoir d’ambition politique au premier sens du terme.

Le Hamas entre deux feux

Mais, cette fois-ci, contrairement à la dernière flambée de violence, en mai 2021, qui avait fait 260 morts en onze jours côté palestinien et 14 morts sur le territoire israélien, le Hamas, qui contrôle pourtant la bande de Gaza, n’est – pour le moment – pas entré en action.

Et ce, principalement en raison du contexte existant dans l’enclave palestinienne après la flambée de l’année dernière. “Les conditions humanitaires sont désastreuses à Gaza. La population ne s’est pas remise de la dévastation causée par la guerre l’année dernière”, explique l’analyste politique Noor Odeh, interrogée par L’Orient-Le Jour.

À la faveur de cette trêve, la frontière entre la bande de Gaza et Israël a rouvert ce lundi 8 août, permettant la livraison de carburant à l’unique centrale électrique de l’enclave palestinienne, qui a pu redémarrer après deux jours d’arrêt forcé.

Et puis, poursuit le journal libanais, “une implication directe du Hamas dans la confrontation qu’Israël impose au Jihad islamique équivaudrait à des destructions d’une ampleur tout autre”.

Dans ce contexte, l’ensemble de la presse israélienne s’accorde à dire qu’il était dans l’intérêt tant d’Israël que du Hamas que l’opération Aube, ainsi que l’ont nommée les autorités israéliennes, se termine le plus rapidement possible. Israël avait un “intérêt commun” sur ce plan, écrit ainsi le spécialiste géopolitique de Ha’Aretz, Zvi Barel.

L’axe de la résistance

Dans le quotidien palestinien Al-Ayyam, le chroniqueur Abdel Ghani Salameh commente ainsi le positionnement du Hamas :

“Ce nouveau positionnement du Hamas est en contradiction avec ses slogans sur la résistance. Il semble qu’il ait appris des expériences précédentes, et voulu éviter une guerre dévastatrice et encore plus de sang et de destruction dans la bande de Gaza… ou préserver son pouvoir. Cela ne fait aucune différence, c’est le résultat qui compte.”

Est-ce à dire que l’Iran, qui se veut le fer de lance de la résistance face à Israël, a changé de coche ? Comme l’a noté The Jerusalem Post, le secrétaire général de l’organisation, Ziad Nakhale, s’était rendu à Téhéran, où il a rencontré le président iranien, Ebrahim Raïssi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amirabollahian, et le chef des Gardiens de la révolution islamique, Hossein Salami. “L’Iran soutient le Hamas mais contrôle le Djihad islamique”, écrit le journal israélien.

En tout cas, ce tropisme pro-iranien de la résistance palestinienne à Israël, le directeur de la rédaction du quotidien palestinien Al-Hayat Al-Jadida le déplore :

“Parce que la décision de guerre et de paix à Gaza est encore soumise à des calculs et des intérêts régionaux, sous les auspices du Hamas, l’enclave brisée restera sous les feux de l’occupation.”

Le Qatar

Le Qatar, principal bailleur de fonds pour la bande de Gaza, ne veut plus payer les résultats désastreux des aventures militaires qui ne mènent à rien sauf à augmenter la facture des dégâts. La générosité à ses limites, surtout quand les résultats sont catastrophiques, et que ni le Hamas ni le Djihad islamique par leur position n’offrent d’issue à cette situation et qui plus est obligent le Fatah à avoir des exigences que tout le monde sait pas satisfaisables. Face au blocage politique, à la mise en arrière-plan de la cause palestinienne et aux priorités de la normalisation avec Israël pour des raisons géo-sécuritaires, les arabes de la bande de Gaza sont priés de se tenir tranquilles.

On notera l’absence de condamnation de l’opération militaire israélienne par les pays arabes, ce qui en dit long du soutien à une cause qui ne mobilise que des jeunes terroristes en mal d’espérance, et la gauche française qui se distingue par un antisémitisme viscéral.

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