‘Hanoucca ou quand tout provient de l’intérieur…

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Autour de la table du Chabbath n° 309, Mikets, ‘Hanoucca !

 « Vayéhi mikets chenataim ou-Pharo ‘holem », Et ce fut à la fin de deux années, Pharaon eut un rêve… »

Notre paracha commence par le songe de Pharaon, le monarque incontesté d’Egypte. Il voit dans son rêve sept grosses vaches qui sortent du Nil qui sont englouties par sept autres vaches maigrichonnes. Puis dans un deuxième rêve, il voit sept beaux épis de blé qui sont avalés par sept autres épis tout frêles. Pharaon cherchera une interprétation à son rêve, mais personne ne lui donnera un éclaircissement valable. C’est alors que le maître échanson se rappela du jeune hébreu Yossef qui était son compagnon d’infortune dans les geôles égyptiennes. Ce dernier lui avait magnifiquement interprété son rêve prémonitoire ce qui lui avait permis de retrouver sa place auprès du roi. De suite Pharaon fera venir Yossef à la cour. Le même jour, c’était à Roch Hachana, Yossef est extirpé de sa geôle, puis lavé, coiffé et habillé pour être présentable devant son excellence… Après avoir entendu les rêves, et avant tout, Yossef dit : » L’interprétation ne vient pas de moi, mais de Hachem… » C’est à dire que le jeune hébreu donne une leçon d’humilité et de foi à toute la monarchie égyptienne. La clef de la réussite provient uniquement de D’. Malgré toutes les années de prison, l’éloignement de sa famille, Yossef reste fidèle à la foi en D’ du ciel et de la terre. Au final son interprétation sera retenue. Il dira que les sept vaches (et aussi les épis) marquent que le royaume d’Egypte vivra tout prochainement sept années de grande prospérité, mais elles seront suivies d’une très lourde disette durant sept années. Yossef donnera aussi la solution. L’Égypte doit, dès à présent, effectuer des prélèvements, durant les années de prospérité, et emmagasiner le blé dans des silos afin que durant les sept années de famine le pays puisse subvenir aux besoins de sa population. La profondeur et la justesse de l’analyse de Yossef éblouira Pharaon et il le nommera immédiatement vice-roi sur toute l’Égypte. Comme quoi, la félicité, matérielle, d’un homme peut lui être octroyée du jour au lendemain.

Le verset de la paracha commence par « Et ce fut au bout de deux années« . Le Midrach enseigne : « Hachem a mis fin à l’obscurité : deux années supplémentaires, Yossef resta dans les geôles égyptiennes. Le moment arriva de sa libération, c’est alors que Pharaon eu un rêve… »

Le Beth Halévy (de rav Yossef Dov Soloveitchik) explique que ce monde fonctionne différemment de notre jugeote. En effet, pour la plupart des chroniqueurs de la cour royale (le Caire-Times ou l’ancien-Obs. version Alexandrie d’Egypte…) c’est du fait que Pharaon eu un rêve prémonitoire, qu’il a fait appel au jeune Yossef et qu’au final il a été nommé vice-roi d’Egypte. Or, le Midrach enseigne que l’inverse est vrai. D’abord Yossef devait purger (axiome n° 1) une peine de prison, pour réparer une faute antérieure puis, après que le temps imparti fut épuisé, Pharaon eu ce rêve, conséquence de l’étape précédente, et convoquera Yossef, l’étape finale. Pareillement dans la vie, explique le rav Soloveitchik, les résultats des événements, sont souvent la cause première. Par exemple, si un commerçant averti réalise une superbe plus-value, c’est parce que la Providence divine avait planifié d’avance qu’il devait recevoir telle somme d’argent. Peut-être parce qu’il avait telle ou telle Mitsva à son actif ou encore que cet argent sera une aide précieuse pour sa famille, ses enfants et pourquoi pas sa femme, qui ont un mérite particulier (justement par le fait qu’ils subissent des aléas du comportement de notre commerçant lorsqu’il rentre à la maison de mauvaise humeur…). Or, pour l’œil non aiguisé de la majorité de la population terrestre la chose prend une toute autre allure. Du genre : « C’est grâce à la sagacité de cette homme d’affaires hors-pair (1), qu’il a pu entreprendre ce coup de génie (2) et monter telle opération financière qui au final dégagera une magnifique plus-value (3) … (Et je vous passe les courbettes à droite et à gauche…). Donc si vous m’avez bien suivi dans l’histoire de cet homme d’affaires, l’axiome n° 1 est passé en fin de course tandis que la conséquence est présentée comme le moteur de sa réussite : ce qui est faux !

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Ce Midrach est une belle introduction au miracle de ‘Hanoucca. On le sait, ‘Hanoucca marque la fête de l’esprit de sacrifice d’un tout petit groupe de Tsadikim (les fils de Mattitiahou Cohen Gadol) qui se sont réunis pour combattre l’Empire grec en Terre sainte. La situation était tragique, le monde helléniste tenait le haut du pavé, tout le judaïsme risquait de partir à la dérive, que D’ nous en préserve. Toute la communauté était devenue juive version « Copernic ». De plus, tous les hellénistes invétérés envoyaient leurs enfants dans les universités d’Athènes pour apprendre les beaux-arts, l’architecture et la pratique du sport de haut niveau à Sparte. Donc il n’y avait plus de Chabbath, ni les fêtes ni la Tora et fin de la Brith Mila… Une VRAIE catastrophe… Seulement c’était sans compter sur le groupe des Cohanim qui ont pris les armes pour combattre les troupes d’assauts grecs avec leurs éléphants de combats… Hachem prend en pitié cette poignée de téméraires ainsi que le reste de la communauté et le miracle se déroule. Les grecs sont en déroute et la communauté retrouve son souffle et sa vitalité par la pratique de la Tora et des Mistvoth.

La Guemara dans Chabbath 21 enseigne : « Les grecs sont entrés dans le Temple et ils ont rendu impures les huiles saintes. Lorsque la royauté des Hasmonéens (les Cohanim qui ont pris les armes) prirent le dessus, ils trouvèrent une petite fiole d’huile pure qui devait durer une nuit et finalement dura huit jours. L’année suivante les Sages fixèrent les huit jours de ‘Hanoucca, jours de joie de Hallel (les louanges) et de reconnaissance. » Fin de la Gumara. On apprend de ce passage que les huit jours de ‘Hanoucca sont des jours propices pour la gratitude. C’est-à-dire qu’à pareille époque le peuple a reconnu la grandeur de D’, qui les a aidés lors des combats, et aussi la grandeur du service divin, la Tora.

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Au sujet du « remerciement », le livre « Bené Yissahar » (‘Hodech Kislev 4-139) écrit à partir du verset : « Je te suis reconnaissant, Hachem, bien que Tu m’as puni, j’ai accédé à ma délivrance… » (Tehilim/Psaumes 118,21). Il explique : l’homme sage ne demande pas uniquement à Hachem au travers de sa prière telle ou telle requête, mais seulement après avoir fait des louanges de D’. Par exemple si on a besoin d’une guérison on dira : « Je Te suis reconnaissant à Toi, D’, Qui est le guérisseur de toute chair, et aussi je Te demande telle faveur pour guérir untel », à ce moment sa demande sera agréée ! Il y a une autre allusion, dans un autre verset : « J’énonce mes louanges vers Toi… et mes ennemis me laisseront tranquille » (id. 18,4). Car la louange à D’ est le meilleur moyen de faire taire tous les anges accusateurs afin que notre demande soit exhaussée, si on n’a pas d’autres fautes à son passif.

Donc ces jours de ‘Hanoucca sont propices pour qu’en famille on loue et glorifie le Nom de D’ Qui nous a fait de si grands prodiges en nous sauvant des hellénistes et de l’armée grecque. Par ailleurs, on profitera de ces jours de reconnaissance, pour remercier ses proches, et en particulier son épouse, parce qu’elle est à nos côtés et qu’elle nous permet de pratiquer la Tora et les Mitsvoth de la meilleure des manières (par exemple c’est grâce à elle qu’on peut faire un beau Chabbath, de belles fêtes, etc…).

Et grâce à cette vision juste des choses de la vie (remerciements), ‘Hanoucca sera le moment aussi de comprendre, pour celui qui est sans cesse tourné vers la société ouverte et ses réseaux sociaux, que la vraie lumière de l’homme commence par sa maison. C’est notre allumage qui éclaire l’extérieur, rempli d’obscurité, et PAS LE CONTRAIRE

Petite leçon de patience d’un grand de la Tora

Cette semaine, on aura droit à une courte histoire liée à la fête de ‘Hanoucca, rapportée par le rav Eliméle’h Biderman. Seulement, son enseignement sera pour tous, tous les jours de l’année ! Il s’agit du Beth Avraham, Admour de la ‘Hassidouth de Slonim. Ce saint homme a vécu il y a près d’un siècle en Lituanie. Pour ‘Hanoucca, il avait l’habitude de préparer ses mèches d’huile lui-même, et pour l’occasion de l’allumage il était habillé tout en blanc (propre aux Admorim). Tout cela, afin de profiter au mieux de la sainteté de la fête. Une fois, c’était une veille de Chabbath, la maison était superbement bien rangée, l’allumage était prêt et le rabbi s’approchait de sa magnifique ‘Hanoukia en lisant des Psaumes. Le rav ressemblait à un ange descendu directement du ciel !

Il prit alors une bougie: le chaméch, et commença à l’allumer. Puis sans prévenir, son très jeune fils, rabbi Chelomo (David Yehouchoua) a commencé à bondir dans le salon devant son père, courir et patatras toute la magnifique ‘Hanoukkia tomba à terre ! L’huile éclaboussa le sol et les meubles à côté, alors que l’on était à quelques minutes de l’entrée de Chabbath ! Le salon qui était auparavant astiqué se retrouva être un champ de bataille ! Les habits de l’Admour avaient été aussi éclaboussés d’huile ! Dans ces conditions, il n’était pas possible de recevoir le Chabbath ! Toute la maisonnée observa alors le Beth Avraham pour connaître sa réaction. Le Tsadik sourit et dit : « Sachez, que c’est le même Créateur qui m’a ordonné (d’écouter les Sages) et d’allumer les bougies de ‘Hanoucca, c’est lui aussi qui m’ordonne de ne pas m’emporter ! TOUT provient de Lui ! Je dois LUI montrer que je ne le sers pas comme je veux et même s’Il a décidé que ma ‘Hanoukia s’éclate par terre. Je dois accepter sa décision avec AMOUR, DE TOUT MON CŒUR ! » Finalement, c’est sereinement que le Beth Avraham nettoiera sa maison avec des chants de Chabbath à sa bouche! Qui veut faire comme rabbi Avraham ?

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Coin Halakha: A la tombée de la nuit on veillera à allumer notre ‘Hanoukia à la maison. Dans le cas où on est invité (en soirée), on devra d’abord allumer nos néroth avant de partir. Il faudra laisser les flammes allumées au moins une demi-heure, après ce temps on pourra les éteindre (par sécurité, par exemple).

Dans le cas où l’on se trouve chez un ami, à la tombée de la nuit, et qu’on n’y dorme pas, on n’allumera pas nos bougies chez lui (il faudra allumer chez soi). Lorsque l’on dort chez un ami, on devra s’associer à son allumage en lui donnant une pièce de monnaie (c’est considéré comme si on avait une part dans son huile d’allumage) et on écoutera les bénédictions de son hôte. Cependant, le Michna Beroura (coutume ashkenaze) rajoute que si on a la possibilité, on allumera son propre chandelier.

Dans le cas où l’invité, en déplacement, est marié et qu’il sait que sa femme allume à la maison, notre homme sera quitte par l’allumage de sa femme.

Le vendredi soir, on fera attention d’allumer les bougies de ‘Hanoucca avant celles du Chabbath (avant l’heure de l’entrée du Chabbath) et on veillera à ce qu’il y ait un niveau d’huile, ou des plus grosses bougies, afin que l’allumage dure une demi-heure après la tombée de la nuit.

Chabbath Chalom et ‘Hanoucca saméa’h  

A la semaine prochaine si D’ le veut     

David Gold sofer

Je vous propose de belles Mezouzoth (15 cm) écriture Beth Yossef, Birkat habait, tephillin, Megila d’Esther.

Prendre contact au 00 972 55 677 87 47 ou à l’adresse mail 9094412g@gmail.com

Une bénédiction à mon Roch Collel le rav Acher Braha Chlita et à son épouse pour tout ce qu’il entreprend, en particulier dans la propagation de la Tora à Raanana (à Palmah 15) et dans toute la Terre sainte : pour le plus grand bien de la communauté juive en Israël et dans le monde entier.

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