Hommage au rav Yossef Simony zal

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Par le rav Reouven Cohen

Le 8 Mar ‘Héchvan, nous avons été frappés de la disparition prématurée, à l’âge de 54 ans, de notre très cher rav Yossef Simony zatsal. Jérusalem a perdu l’une de ses figures marquantes. Rav Yossef était bien connu des Juifs français. Sa profondeur et son ‘avodat Hachem (service de D.) étaient très appréciées aussi par de grands Talmidé ‘Hakhamim d’Israël. Tout en étant parfaitement à l’aise dans la civilisation française, son attachement à l’étude de la Tora et sa piété étaient exemplaires. Lui et sa vertueuse épouse ont laissé derrière eux la belle vie de Paris pour s’installer à Jérusalem en se suffisant du strict minimum et consacrer toute leur vie aux nobles valeurs de la Tora. Relativement jeune, il devient Roch Collel, rav de communauté et plus tard Dayan. Il fait partie des fondateurs du Beth Din francophone Michpat Chalom. Mais il ne se suffit pas d’exceller dans le Talmud et la Halakha : son côté artiste le fait se plonger dans l’étude du Midrach et, plus tard, dans les écrits des grands maitres de la ‘Hassidouth. Il abreuve ainsi au pardess (les quatre aspects de la Torah : pchat réméz drach et sod) son âme élevée.

Il nous a quitté à la parachat Lékh Lékha où est racontée l’épreuve d’Avraham Avinou qui quitte son lieu natal pour améliorer l’humanité en lui enseignant l’existence du Créateur.

Bien que largement occupé par sa communauté, rav Yossef se soucie de ses coreligionnaires français et œuvre sans cesse pour leur bien. Sa culture générale et son langage soutenu lui permettent de faire apprécier à tous une Tora vivante et authentique. Il inspire à son entourage le respect et la confiance. Il réalise un véritable Kidouch Hachem ! Grâce à son regard perspicace, sa finesse d’esprit et sa discrétion, il devient rapidement le rav, le conseiller de son entourage. Il a habituellement une idée claire sur chaque question. Son esprit critique ne l’a pas éloigné des structures classiques israéliennes, bien au contraire : il s’y fait apprécier en ajoutant sa note française et séfarade. Son émounat hakhamim et son amour pour les tsadikim sont remarquables. C’est dans cet esprit qu’il éduque ses enfants, tous ayant étudié dans les meilleurs Yechivoth et séminaires et formant une magnifique famille d’érudits. C’est dans ce même esprit qu’il dirige sa communauté Or Hanania à Har Nof. Ses cours et ses enseignements comportent toujours une note personnelle mais sont basés sur les enseignements de nos Sages. Il nous a quittés la veille de Chabath, pour retrouver au Gan Eden ces Sages dont il a étudié les paroles avec ferveur. Cette ferveur a été mise à dure épreuve durant sa douloureuse maladie, mais son assiduité n’a pas été affectée. Bien au contraire, son amour pour la Tora s’est décuplé. Il est allé jusqu’à remercier Hakadoch Baroukh Hou pour ses souffrances qui l’ont rattaché à la Tora davantage. C’est ce patrimoine qu’il laisse à sa famille, ses élèves et ses amis, patrimoine qui constitue son monde personnel qui l’accompagnera éternellement. Heureux l’homme qui a rempli son monde des valeurs reconnues au monde futur ! Il méritera ainsi de se délecter de l’éclat de la Chekhina, le plaisir le plus délicieux offert à l’humanité. Que sa mémoire soit bénie !

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