Israël : l’immobilier bientôt moins cher ?

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Vue aérienne des tours d'Azriel à Tel Aviv,Caption *** ?? ????

Aux dernières élections, Koulanou, un nouveau parti israélien, a choisi ce sujet capital comme cheval de bataille. Les résultats encourageants de son directeur, M. Moché Ka’halon, prouvent bien l’importance de ce problème aux yeux du public.

Et pour cause : il faut, de nos jours, plus de 150 mois d’emploi moyen pour arriver à se payer un appartement !

Comment des familles nombreuses, avec quelque dix enfants, peuvent-elles y parvenir ? Une grande question.

Ka’halon s’était déjà distingué dans le domaine des téléphones portables, en faisant chuter les prix des abonnements de manière spectaculaire. Auparavant, en une première séquence à la Knesseth, il avait provoqué d’autres améliorations d’intérêt général, en particulier au niveau des frais que les banques se font payer.

Cette fois-ci, Ka’halon s’est présenté, donc, avec un programme prometteur : faire dégringoler les prix des appartements.

 

Va-t-il y parvenir ? C’est là la grande question… qui concerne énormément de personnes. Eh bien voilà : voici quelques jours, Ka’halon, le Ministre des Finances, a fait savoir que « les prix ne reviendraient pas à ce qu’ils étaient voici dix ans ». Ainsi, ceux qui espéraient une chute de 30 à 50 % du prix se trompent totalement. L’économie du pays ne peut pas se le permettre. De tels bouleversements engendreraient une crise économique sans précédent, quand les banques seraient les premiers à en souffrir. De fait, une personne qui aura emprunté de l’argent chez elles, et qui se retrouverait avec une telle perte de la valeur de son bien, risque d’en arriver à cesser de pouvoir assurer ses remboursements, et de mettre l’ensemble du système en danger.

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Ajoutons à cela qu’une partie importante des entrées des impôts dans le pays provient des ventes d’appartements, et de tout ce qui a trait à l’immobilier. Donc, une chute des prix engendrerait un très grave manque à gagner pour le gouvernement.

Présentement, le Ministre a avoué, incidemment, que les espoirs de changement réel équivalent pratiquement à zéro ! Du reste, ces prix ont augmenté de 10 % depuis la mise en place du présent gouvernement…

La question reste toujours de savoir ce qui est le plus important : la situation des individus, qui souffrent énormément de l’augmentation sans fin du prix du logement, ou l’équilibre de l’ensemble du système, et des banques en tout premier lieu. Certes, si ces dernières s’effondraient, le simple citoyen en souffrirait immédiatement.

Il semblerait donc bien que les conclusions de Ka’halon soient sans appel : il n’y a rien à faire dans ce domaine, si ce n’est d’ajouter par-ci  par-là plus d’appartements, afin d’arriver au moins à un certain équilibre. Ce ne serait déjà pas mal. Et, en effet, il tente de lancer dans ce but le plus de projets possible (aboutissement complexe, pour des raisons qui relèvent plus de la bureaucratie qu’autre chose).

Or, qu’avait-il pensé au départ ? Naïvement, que la situation pourrait changer ? Et que, lui, parviendrait à provoquer un tel bouleversement ? Auquel cas, il ne comprend réellement pas grand-chose en matière d’économie local – pas plus que le public qui l’a soutenu, d’ailleurs… Mais bon, c’est le risque quand on se laisse balancer par des doux slogans.

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