Israël s’inquiète du lâchage de John Bolton

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Par Jacques BENILLOUCHE – Copyright © Temps et Contretemps

Proche des néo-conservateurs, John Bolton avait été nommé conseiller à la sécurité nationale par Donald Trump en 2018. A la surprise générale, il vient d’être limogé, le 10 septembre 2019, par le président.  Farouche partisan de la guerre en Irak et du concept de guerre préventive, il est considéré comme un faucon auprès de la Maison Blanche. Défenseur exclusif des intérêts américains, hostile aux interventions américaines via l’OTAN dans les Balkans, il désapprouve les interventions humanitaires. Pour lui, le droit international ne serait qu’une vue de l’esprit, puisqu’il n’y a pas de sanctions contre les contrevenants. Il accusait le Venezuela, Cuba et le Nicaragua de constituer une «troïka de la tyrannie» en Amérique latine.

C’est un coup dur pour Netanyahou car les deux dirigeants se trouvaient sur la même longueur d’onde en ce qui concerne l’Iran et l’accord nucléaire de 2005. Trump et Bolton avaient en revanche des vues divergentes sur la question iranienne et sur le dossier des négociations avec les talibans d’Afghanistan. Selon un tweet, le président américain a exigé la démission de John Bolton : «J’étais largement en désaccord avec plusieurs de ses suggestions, tout comme c’était le cas pour d’autres membres de l’administration». Il semble que le président ait été choqué par les sources d’un article du Washington Post rapportant que «la confusion régnait» à la Maison-Blanche au sujet des négociations de paix avortées avec les représentants des talibans.

Le Washington Post révèle que John Bolton et le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, étaient tous deux opposés à la venue de chefs talibans à Camp David pour conclure un accord de paix. Par ailleurs, Bolton n’appréciait pas le rapprochement des États-Unis avec l’Iran et la Corée du Nord, qui selon lui, n’étaient pas dignes de confiance.

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Bolton et Trump divergeaient sur la question iranienne, en particulier sur la décision du président d’annuler à la dernière minute des frappes prévues contre l’Iran à la suite de la destruction d’un drone américain, et surtout sur la rencontre de Trump avec le dictateur nord-coréen Kim Jong-un dans la zone démilitarisée entre les deux Corées.

Netanyahou va devoir craindre la nouvelle stratégie américaine à l’égard de l’Iran. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Jawad Zarif avait été l’invité surprise du G7, certes à la demande d’Emmanuel Macron mais avec l’accord formel de Donald Trump. C’était une première alerte qui arrivait dans le droit fil des contacts entre Américains et Coréens du Nord. Trump avait abandonné la Syrie au chaos et les Israéliens craignent de faire les frais dans le cadre d’une paix séparée. D’ailleurs, un signe ne trompe pas, les Iraniens sont certains que le mérite du départ de Bolton découlait selon eux de la résistance de Téhéran face aux pressions de la Maison-Blanche.

Le secrétaire d’État Mike Pompeo a lui-aussi reconnu qu’il avait des divergences avec son ancien collègue dans divers dossiers liés aux affaires étrangères, mais n’a pas donné plus de détails. Des rumeurs font état du remplacement de Bolton par l’émissaire de Trump pour la Corée du Nord, Stephen Biegun ce qui démontre que la voie choisie avec l’Iran pourrait s’inspirer de celle de la Corée du Nord.

Les seuls à applaudir ce départ sont ceux qui pensent que son départ facilitera la paix dans le monde. Pour eux la guerre contre l’Iran n’est plus d’actualité tandis que les néoconservateurs ont perdu définitivement de leur influence. Netanyahou perd un allié de poids à la Maison Blanche car faucon de l’administration Bush fils, John Bolton avait adopté un ton agressif envers les «adversaires» iraniens et syriens des États-Unis. Sur le dossier iranien, et à la suite des incidents dans le détroit d’Ormuz, Bolton avait exigé que Téhéran abandonne l’ensemble de ses activités nucléaires, mais aussi son programme balistique, «son soutien au terrorisme mondial et d’autres comportements malveillants partout dans le monde», pour que Washington accepte de s’asseoir à la table de négociations.

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D’ailleurs aussitôt après le départ de Bolton, le secrétaire d’État américain Pompeo a annoncé que Trump pourrait rencontrer sans condition préalable le président iranien Rouhani à l’ONU. Le président français Emmanuel Macron est l’instigateur d’une telle réunion, probablement en marge de la prochaine Assemblée générale des Nations unies, dans l’espoir de sauver l’accord nucléaire entre l’Iran qui avait été dénoncé par Trump. C’est une information qui inquiète les Israéliens qui se demandent à présent s’ils avaient raison de tout miser sur les États-Unis en s’éloignant de l’Union européenne. Certains expliquent pourquoi Netanyahou a voulu anticiper les éventuelles pressions en mettant les Américains devant le fait accompli de l’annexion sans préavis de la vallée du Jourdain. Garde-moi de mes amis….

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