Ki Tétsé : « Je suis pour mon Aimé comme Il est pour moi… »

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Autour de la table du Chabbath, par le rav David Gold

Le mérite de ces paroles de Tora est consacré à la guérison complète d’Esther-Sara bath Rayia parmi tous les malades du clall Israël – (famille Wajzer de Montmorency)

Cette semaine avec l’aide d’Hachem, je vous parlerais de la paracha Ki-Tétsé et aussi de notre période. En effet, cela fait déjà quelques jours que nous avons entamé le mois de d’Elloul. Pour une partie du grand public cela n’indique pas grand-chose, mais pour le public religieux cela signifie beaucoup ; ce sont les jours d’avant Roch Hachana et de Kippour. De plus, la coutume sefarade veut que le public se lève beaucoup plus tôt pour commencer à dire les « Selihoth » à la synagogue. En fait, cette prière est basée sur un fait historique qui remonte à près de 3600 ans en arrière. A l’époque, un peuple –que vous connaissez bien d’ailleurs– venait de recevoir au mont Sinaï les Tables de la loi et toutes les Mitsvoth de la bouche du Créateur. Seulement, rapidement, le peuple trébuchera avec la faute du veau d’or. Il faudra attendre 40 jours de prières (plus précisément 2 fois 40 jours) de Moché Rabénou pour qu’en final le peuple reçoive le pardon le jour du Kippour. Or, la dernière montée au Sinaï s’est effectué le 1° Elloul. Durant 40 jours Moché Rabénou ne boira pas ni ne mangera afin d’obtenir la grâce divine le jour du Kippour (qui, parmi tous les dirigeants du monde est prêt à ne pas boire et manger pour le sauvetage de son peuple –alors que Moché avait la certitude de rester en vie malgré tout ?). Or l’événement de cette montée du Sinaï n’est pas seulement resté dans le domaine des cahiers historiques: il est inscrit dans l’air du temps! Le mois d’Elloul est propice à la Techouva/repentir et aux prières ! D’autre part, les Sages font remarquer que le verset du Chir Hachirim –Cantique des Cantiques : »Je suis pour mon bien aimé (Hachem), comme Il est pour moi (le peuple juif). » Les acronymes des mots de ce verset forment le mot « Elloul ». Donc on aura compris, c’est un temps propice à plus de spiritualité.

Une nouveauté cette année sera un Midrach Tan’houma (Haazinou 4) : »Des fois Hachem est visible, des fois non. Des fois D’ écoute (nos prières), des fois Il S’en détourne. Parfois D’ est présent, et parfois Il se fait absent… Par exemple lors de l’esclavage d’Egypte, Hachem a écouté les suppliques du peuple, tandis que lorsqu’il a fauté dans le désert Hachem S’est détourné. Lorsque le peuple a fait Techouva, Hachem S’est fait présent, lorsqu’il a fauté Hachem S’est fait absent… C’est pourquoi le prophète énonce : « Dirchou Et Hachem Behimatso… » Cherchez D’ lorsqu’Il Se trouve près de nous… Et les Sages font savoir qu’il s’agit des 10 jours de pénitence entre Roch Hachana et Yom Kippour où la présence d’Hachem est plus palpable et aussi pendant le mois d’ Elloul où « Hachem est dans les champs »qui est une préparation à ces jours de jugement. Donc cette semaine on aura compris un enseignement profond: l’agrément par D’ de notre Techouva n’est pas forcément chose acquise… S’il est vrai qu’on a fait des efforts dans notre vie pour se rapprocher de Sa Tora –par exemple en allant au cours du mardi soir- il reste que notre démarche doit être agréée par Hachem. Cela ressemble  -un tant soit peu- au jour de l’examen où un des élèves réussit un très beau compte-rendu. Seulement le correcteur est particulièrement irrité ce même jour et pour chaque petite faute il retirera largement deux points sur la note finale… Pareillement, le fait de mieux faire dans notre vie, c’est formidable; mais il faut encore que ce soit accepté par D’. C’est pourquoi les Sages dévoilent que la période du mois d’Elloul est propice et notre démarche sera validée par D’ ! Donc on essayera de faire un peu plus d’efforts dans la prière (avec plus de concentration, même si le masque nous dérange…), on fera mieux notre Chabbath (par exemple on fera attention de bien pré-découper avant le Chabbath tous les « sopalins »  pour ne pas venir à les déchirer durant le Chabbath…).

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Comme je vous l’ai dit, je dirais un mot –avec l’aide du Tout Puissant sur « Ki Tétésé« . Au cours de la Paracha (c’est aussi une fine allusion au nouveau best-seller qui vient de sortir et qui est déjà arraché dans les boutiques et les points de vente en Erets et dans le monde entier en particulier en France vous pouvez vous le procurer en téléphonant –en dehors du Chabbath  0660139095) est écrit des versets sur une Mitsva très particulière, celui du prêt à intérêt. Comme vous le savez, la sainte Tora interdit le prêt à intérêt (précision importante, l’intérêt est prohibé vis-à-vis de notre prochain de la communauté mais pas en ce qui concerne les gentils). Par exemple, mon ami de la synagogue que je connais de longue date, me demande si je peux lui prêter 2000 euros pour sa rentrée ; d’une manière toute noble  je lui donne immédiatement mon accord. Seulement je lui rajoute que j’aurais un manque à gagner –car je perçois des intérêts de la banque- donc je lui demande de me rembourser dans 3 mois les 2000 et en plus un billet de 100 euros… C’est interdit par la Tora (les 100 euros). Mieux encore : j’ai déjà prêté la modique somme de 10 000 euros à une connaissance (toujours de la même synagogue) et comme je sais qu’il possède une magnifique villa qui surplombe Cannes, je lui demande gentiment s’il est d’accord que je passe quelques jours avant les fêtes dans sa propriété… Là aussi, c’est interdit d’occuper sur les frais de la princesse la villa; car en final l’emprunteur recevra ses 10 000 euros PLUS la semaine dans le domaine de Cannes… (Le cas serait différent si c’est un ami de très longue date qui de toutes les façons me prête d’année en année sa maison et donc que l’occupation de sa maison n’est pas liée avec le prêt). Ces lois sont plus ou moins connues du public. Seulement ce qui l’est moins c’est que le prophète Yé’heskel fustige les personnes qui prêtent l’argent et se font rembourser avec des intérêts en leur promettant qu’ils n’auront pas droit au monde après la résurrection des morts… Comme vous le savez, notre tradition plusieurs fois millénaires l’énonce (dans différentes prophéties) qu’après notre montée au ciel (notre âme), il y aura un grand jugement de toute l’humanité puis en finale ce sera la résurrection des morts (pour les Tsadikim). C’est-à-dire que lorsque le Créateur le voudra, Hachem fera revenir à la vie tous les hommes droits des générations passées. Il y a aura bien sûr Moché Rabbénou, nos saint pères mais aussi tous les Tsadikims et Tsadkanioth (les femmes justes et pieuses) de chaque génération qui se relèveront de leur tombes. Seulement les mécréants ne se relèveront pas de leur tombe, ni ceux qui ont prêté avec intérêt. La question que je vous propose : pourquoi le prophète fustige précisément les prêteurs à intérêts plus encore que tous les autres fauteurs ? Avec l’aide d’Hachem je vous propose une intéressante explication (ceux de mes lecteurs qui ont une idée sur le sujet sont invités à m’envoyer leurs réponses et en particulier les valeureux Yechiva Boh’er (Bahour Yechiva) qui sont restés en France à cause du Corona et ne sont pas encore retournés en Erets...). Pour comprendre mon développement il faut comprendre un grand mystère, pourquoi la location d’un quelconque objet est permis tandis que la location d’argent est prohibée ? Je m’explique, lorsque je vais chez « Avis » et que je demande une voiture pour trois jours, je paye la location à la journée ; or si je vais à un point de change et je demande un prêt d’argent sur trois jours, je n’aurais pas le droit de payer le prix des jours qui passent… Quelle différence ? La réponse donnée dans la Guemara (Baba Métsia) sera qu’avec la location d’objet, c’est le même objet que je rends et le prix de la location est dû à l’usure de l’objet. Tandis que le prêt d’argent ce ne sont pas les même billets que je rends (Halvaa nitna lehotsaa) et il n’y a pas d’usure de l’argent (la somme d’argent -2000 euros au début du prêt sera du même montant au  moment du remboursement).

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Après ces données on verra que la vie ressemble étrangement à un prêt à très long terme. En effet, tout croyant le sait: la vie est un grand cadeau  –avec ou sans le Corona. Donc après 120 ans l’homme rendra à son Créateur l’âme (plus ou moins en bon état). Or comme je vous l’ai précédemment expliqué, Hachem réinsufflera alors le souffle de vie à tous les Tsadikim enterrés (dans les carrés juifs des cimetières entretenus par la cotisation de  la communauté…) pour l’éternité lors de la résurrection des morts.

Or il existe un principe, qu’Hachem Se comporte avec nous comme on se comporte avec notre prochain. Et puisque notre défunt a fait des prêts à intérêts durant son bref passage sur terre (court par rapport à l’éternité qui l’attend) en demandant le prix du temps à l’emprunteur (alors qu’il n’y avait pas usure de l’argent), il a fauté. Mesure pour mesure, Hachem fera porter l’usure sur le corps de notre mauvais préteur et donc lors de son séjour sous terre son corps se détériorera (pas comme il a fait avec son argent)… Intéressant, non?!

Quand il ne fait pas bon d’être seul dans le trou…

Notre histoire illustrera l’interdit du prêt à intérêt. Avertissement, notre histoire véridique est un peu difficile pour les âmes sensibles, mais nous avons suivi le conseil d’un grand rav du Clall Israël qui a approuvé sa diffusion. Il s’agit d’une matinée dans la grande métropole américaine de New York. Là-bas, un Juif de la communauté venait de rendre âme. Comme toujours dans ces moments terribles, l’émoi est grand parmi la famille, les amis et tous les proches. Le convoi funéraire est rapidement organisé (car il est une Mitsva d’enterrer le mort au plus vite). Les enfants du défunt sont tous là pour dire le Kaddish en l’honneur de l’âme du père et de lui rendre les derniers honneurs. La foule est présente au moment de la mise en terre dans un des cimetières juifs de la ville. Puis après avoir fait la Mitsva, le public se disperse, et chacun reprend ses occupations. Seulement, en fin de  journée, un des employés de la ‘Hévra Kadicha se rend compte qu’il n’a plus son portefeuille. Le problème est qu’il renferme plusieurs milliers de dollars ! Il est obligé de le retrouver coûte que coûte ! Après avoir longtemps réfléchi sa conclusion fut qu’il était tombé dans la fosse lorsqu’il a mis en terre  le corps de ce matin : il n’y avait aucun doute! Son émoi était grand car il ne savait pas s’il lui était permis de déblayer la sépulture pour récupérer son bien ! Heureusement que se trouvait à New York un grand juge rabbinique d’Erets Israël: le rav Wozner zatsal. Notre homme se rendit chez le Possek en lui présentant sa question. Le rav Wozner lui dit que puisqu’il y a une grande perte d’argent, il pourra déblayer la terre mais il faudra demander pardon au défunt du manque d’honneurs occasionnés (sans cette grosse perte, il n’y a pas de permission de découvrir le mort une fois  enterré !). Le Juif fit exactement ce que lui permis le rav, il retira la terre du cadavre, et effectivement il trouva de suite son portefeuille. Seulement, l’employé est horrifié de ce qu’il voit ! Voilà que le corps de cet homme enterré ce matin même est attaqué par TROIS serpents qui mordent son corps de tous les côtés ! Notre homme de la Hévra Kadicha n’a jamais vu pareil spectacle de sa vie ! Il recouvrit très rapidement le corps, et encore tout tremblant, part en trombe voir le rav Wozner pour lui rendre compte de ce qu’il a vu ! Le rav écouta attentivement toute l’histoire et dira : » Je connais personnellement le défunt. Durant sa vie, cet homme prêtait à intérêt à des gens de la communauté ! Plusieurs fois, je l’ai prévenu qu’il était défendu de pratiquer une telle activité, mais il ne m’a jamais écouté !  Aujourd’hui, il reçoit sa punition car le verset dit : « Lo tihié noshekh… »/ne prête pas à intérêt. Or le mot qui désigne le prêt (nochekh) est le même que celui qui désigne le serpent : Na’hach. De là les sages disent que l’intérêt ressemble au venin du serpent. Au début il s’agit d’une petite morsure mais à la fin le poison se répand dans tout le corps. De la même manière, au départ l’intérêt n’est presque pas palpable, mais avec le temps il grandit de manière considérable!

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Le rav Wozner dira à notre homme de la Hévra Kadicha de dévoiler à tous cette histoire véridique pour se garder de cet interdit !

Chabat Chalom et à la semaine prochaine si D’ le veut

     David Gold

On souhaitera une grande réussite à notre talentueux dessinateur Dan Bar Lev et son épouse qui nous a formidablement agrémenté notre feuillet par ses dessins et lui souhaitons un Yichouv Kal /une bonne installation dans la petite agglomération de Yavniel dans le nord du pays.

Je tiens à la disposition du public de nombreux livres d’un excellent ouvrage : « Au cours de la Paracha »qui vient de paraitre. C’est la première année de votre feuillet préféré…. Tout celui qui aimerait s’en procurer peut prendre contact sur mon portable

 (en Israel) : 055 677 8747.

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