La démocratie israélienne est-elle en danger de mort ?

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Par Guy Millière

J’attendais pour commenter les élections israéliennes que les résultats soient définitifs et que les positions des uns et des autres soient pleinement énoncées. C’est le cas maintenant.

 Le Likoud a clairement et nettement gagné. C’est une victoire pour Binyamin Netanyahou. Malheureusement, c’est une victoire trop courte pour qu’il puisse constituer une majorité. Il lui manque trois sièges pour cela. Il dispose, avec ses alliés, de 58 sièges.

C’est une défaite pour ses adversaires. Les listes israéliennes de gauche et de centre gauche obtiennent 47 sièges, et elles sont composées de plusieurs mouvements politiques que quasiment rien n’unit, puisqu’on y trouve Israel Beitenu qui, il y a quinze ou seize mois, était encore censé être un parti de droite, Kahol Lavan, un parti qui, contrairement au nom qu’il s’est choisi, n’est pas blanc bleu, et qui ressemble à une batterie de cuisine dépareillée, et ce qui reste de la gauche proprement dite : pas grand-chose.

Il y a, en supplément, une liste qui ne devrait pas exister et qui dispose de quinze sièges, et cette liste devrait inquiéter : elle comprend une minorité de communistes qui veulent la disparition d’Israël et des mouvements arabes qui veulent, eux, la destruction d’Israël. Que des partis qui sont hostiles à l’existence d’un pays et veulent sa disparition ou sa destruction puissent se présenter à des élections est à mes yeux une aberration (certains en Israël parlent d’«ultradémocratie»). Si, en France, un parti avait pour programme explicite la disparition ou la destruction de la France, il serait, je pense, dissous. Si un parti de ce type existait aux Etats-Unis, son espérance de vie se compterait en secondes davantage qu’en minutes. Les électeurs de cette liste sont essentiellement des Arabes israéliens, des gens qui veulent le beurre et l’argent du beurre : ils souhaitent la disparition ou la destruction d’Israël, mais veulent en même temps tous les avantages d’Israël. Ils ne participeront à aucune coalition gouvernementale, et leurs idées et leurs buts sont proches de ceux du Hamas.

La logique et l’éthique voudraient que Binyamin Netanyahou puisse, malgré tout, former un gouvernement puisqu’il a une nette majorité parmi les électeurs israéliens qui ne veulent pas la disparition ou la destruction de leur pays. Mais ce serait compter sans la bassesse, l’aigreur et le ressentiment haineux de gens répugnants et sans scrupules, qui font passer leur détestation de Binyamin Netanyahou avant les intérêts de leur pays. Leur comportement devrait disqualifier ces gens, et pousser les électeurs à les éjecter de la vie politique : ce n’est pas ce qui se passe, hélas. Ces gens répugnants et sans scrupules sont Avigdor Lieberman, chef d’Israel Beiteinu, Benny Gantz, chef de Kahol Lavan, et derrière lui quelques autres médiocres.

Ces gens répugnants et sans scrupules ont envisagé de former un gouvernement, un temps, avec le soutien sans participation des gens qui veulent la disparition ou la destruction d’Israël : c’est dire s’ils aiment Israël ! C’est dire s’ils ont le sens de l’honneur !

Ils ont eu, ces derniers jours une «meilleure» idée : vouloir faire voter une loi, avec l’appui et le vote des gens qui veulent la disparition ou la destruction d’Israël, aux fins d’empêcher Netanyahou d’être Premier Ministre. Cela ressemble à un coup d’Etat contre la démocratie israélienne, et cela a été décrit en ces termes par l’essayiste et commentateur Mark Levin, ainsi que par la grande journaliste israélienne Caroline Glick, qui a dit que la démocratie israélienne est en danger de mort.

Binyamin Netanyahou est sans doute désormais le plus grand Premier ministre de l’histoire d’Israël, et c’est un homme dont les décisions ont fait qu’Israël est devenu l’un des deux pays les plus importants du monde dans le secteur des nouvelles technologies, un pays dont le produit intérieur brut par tête est égal ou supérieur, selon les calculs, à celui de la France, un pays dont l’armée est la plus avancée du Proche-Orient, un pays dont le rayonnement diplomatique est planétaire, mais la gauche israélienne n’a rien à faire de tout cela.

Les gens répugnants et sans scrupules n’ont rien à faire de tout cela non plus.

Et Binyamin Netanyahou a contre lui les grands médias israéliens (de gauche, comme tous les grands médias du monde occidental), la Cour Suprême israélienne (de gauche, et qui n’a cessé de s’efforcer de contrer ses décisions), l’appareil judiciaire israélien (de gauche, et inféodé à la Cour Suprême), et une cohorte de politiciens minables.

Caroline Glick demandait récemment si la démocratie israélienne allait survivre à cette épreuve et ajoutait qu’on aurait bientôt la réponse.

J’ose espérer, par amour d’Israël et au nom de ce qu’Israël a accompli en sept décennies, que la démocratie israélienne survivra,

Des opportunités immenses s’ouvrent à Israël en ce moment, grâce au plan de paix Trump, il serait bien davantage que consternant que ces opportunités se perdent à cause des politiciens minables susdits. Les dirigeants des mouvements terroristes «palestiniens» ne peuvent que regarder ce qui se passe en riant. C’est consternant.

Les actions juridiques contre Binyamin Netanyahou, qui servent de paravent aux politiciens minables, doivent à peine être mentionnées tant elles sont frelatées et relevant de l’imposture. C’est pourquoi je les mentionne à peine. Des juristes éminents, tels Alan Dershowitz aux Etats-Unis, un homme pour qui j’ai une profonde estime, ont montré qu’elles étaient bonnes pour la poubelle.

Israël aurait un besoin impératif et urgent de changer de mode de scrutin et de réformer son système juridique et judiciaire, pour redevenir pleinement un état de droit, et une démocratie selon le droit. Et je le dis, par amour d’Israël et au nom de ce qu’Israël a accompli en sept décennies, Israël mérite infiniment mieux que tout cela.

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