La joie constante du Juif – par le rabbi de Kalov

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La joie constante du Juif

Nous sommes au mois d’Adar où il nous incombe de redoubler de joie, mais dans le même temps, nous vivons une période où de nombreuses personnes sont affectées, soit au niveau de leur santé soit de leur source de revenus, et il faut particulièrement se renforcer pour éprouver de la joie.

Il y a environ soixante-dix ans, une période de Tséna (période de restrictions) avait été instaurée en Terre sainte : une grande pauvreté régnait, et les gens souffraient d’une grave pénurie alimentaire. À cette époque-là, je me rendis en terre sainte pour étudier à la Yechiva de Belzh. Sur le navire, je rencontrai l’Admour rabbi Chemouël Eliyahou de Modjitz zatsal, qui me fit un Dvar Tora dont le message est source de renforcement dans des situations difficiles.

L’Admour s’exprima en ces termes : « Les maladies et les virus proviennent du Ciel pour deux raisons. Pour les non-Juifs, il s’agit d’une vengeance intervenant dans le sillage de leur conduite, tandis que chez les Juifs, cela provient d’un amour afin qu’un bienfait en émane. C’est le sens du verset (Chemoth 15,26) : « Aucune des maladies dont J’ai frappé l’Égypte » : il s’agit des plaies, qui s’abattaient par vengeance ; ce type de maladies « ne t’atteindra pas, car moi, l’Éternel, Je te guéris » : Je ne fais que guérir et prodiguer du bien au peuple d’Israël. De ce fait, si tu constates que sévit une maladie au sein du peuple d’Israël, sache que cette maladie est en soi une cure, afin de purifier l’âme de ses fautes.»

Nos Sages (Yoma 23a) s’expriment également sur les individus qui agissent avec amour et se réjouissent de leurs souffrances, à propos desquels les Écritures attestent : « Tes amis rayonneront comme le soleil dans sa gloire. » Ces deux éléments, l’amour et la joie, sont liés ; en effet, les proches de D’ parviennent au niveau de se réjouir de leurs souffrances, convaincus du fait que D’ les aime, et que tout ce qu’Il fait est pour le bien.

Lorsque le Divré ‘Haïm, le rabbi de Sanz zatsal, revint de l’enterrement de son fils Arié Leibish décédé à l’âge de sept ans, il déclara : « Un homme marche naïvement, lorsqu’il sent soudain un coup violent dans le dos. Lorsqu’il se retourne pour voir qui l’a frappé, il constate qu’il s’agit de son ami qui lui a donné ce coup en signe d’amour et d’affection. Nul doute que si au départ, il voulait se mettre en colère contre le coup, désormais il l’acceptera avec amour. » Puis le rabbi de poursuivre : « J’ai reçu aujourd’hui un coup terrible, et lorsque j’ai réfléchi de qui il provenait, je me suis dit : le Créateur, Que j’aime tant, m’a frappé, et s’il en est ainsi, il va de soi que je vais accepter la situation avec amour et joie. »

Après la terrible Shoah, des rescapés de la Shoah consultèrent le ‘Hazon Ich et lui posèrent la question suivante : « Rav, pourquoi D’ nous a-t-Il fait cela ? » Le ‘Hazon Ich répondit par une parabole : « Un homme entra chez un couturier ; il le vit prendre un magnifique tissu, qu’il coupa en petits morceaux. L’homme s’approcha de lui et se mit à crier : « Tu as perdu la tête, pourquoi coupes-tu un tissu si beau en petits morceaux ?! » Le couturier ne répondit pas à la question, et se contenta de dire : « Patiente, tu verras. » L’homme attendit, et observa comment, à partir des morceaux, il confectionna un très bel habit. Le ‘Hazon Ich poursuivit : nous avons vu pendant la Shoah comment D’ a coupé ce beau tissu, et dans le monde futur, nous verrons le merveilleux habit qui sera cousu à partir de ces morceaux déchirés. »

Dans de tels cas, le mauvais penchant tente d’instiller dans le cœur des Juifs des pensées hérétiques, reniant la Providence divine, que D’ préserve : le but est de les amener à penser que le monde tourne au hasard. En effet, insinuent-ils, si tout se déroulait sous la Providence du Créateur, une telle chose n’aurait pu arriver à un homme aux nombreux mérites.

Ce n’est pas un phénomène nouveau ; dans toutes les générations, nous voyons que même si le respect des Mitsvot assure une belle vie dans ce monde-ci, le cas du Tsadik en proie aux souffrances existe. De nombreux Tsadikim, possédant d’immenses mérites, ont souffert de maladies et de divers maux. Mon ancêtre, rabbi Yits’hak Eizik de Kalov, qui avait fait revenir à la Tora des milliers de Juifs, avait été atteint d’une maladie très grave. De même, de nombreux Tsadikim ont été torturés ou exécutés dans des conditions cruelles, comme lors de la destruction du Premier Temple, puis du Second Temple, ainsi que pendant les croisades, et plus récemment au cours de la terrible Shoah. Or, nos ancêtres n’ont pas été ébranlés dans leur croyance en la Providence divine, héritée d’Avraham Avinou.

Les ouvrages sacrés expliquent que ces malheurs proviennent de notre Père compatissant, qui envoie parfois des épreuves aux Tsadikim afin qu’il en émane du bien. Parfois, un Tsadik subit des épreuves ou même la mort, pour expier les fautes de sa génération, et par ce biais, son âme s’élève grandement. Parfois, le Tsadik lui-même aspire aux épreuves pour se purifier et s’élever, ou pour rectifier un tort causé par son âme lorsqu’elle se trouvait dans un autre homme dans une réincarnation précédente, comme l’explique le Zohar. Il peut y avoir encore d’autres bienfaits à cela.

Nous avons observé ce phénomène au cours du miracle de Pourim. Mordekhaï Hatsadik accomplit les Mitsvot du Créateur et refusa de se prosterner devant Haman qui avait instauré ce culte. Ainsi, il enflamma la colère de Haman qui œuvra pour prendre des décrets visant à tuer Mordekhaï et l’ensemble des Juifs. Il semblait alors que le Tsadik avait engendré du mal. Mais au final, il s’avéra que c’était pour le bien. Par le biais de ce décret, ils découvrirent de nombreux ennemis des Bené Israël, qui désiraient par le passé tuer des Juifs en secret, et par la suite, lorsque le décret s’inversa, ils furent en mesure de les tuer.

Et alors : « Pour le Juifs ce n’étaient que joie rayonnante et contentement » : la lumière de la Émouna leur apporta une joie constante, et ils s’engagèrent dès lors à accomplir la Tora dans l’amour et la joie, dans toutes les circonstances.

Pourim Saméa’h !

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